Hélène Charbonneau

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Hèlène Charbonneau
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Hélène Charbonneau, née le [1] à Montréal et morte le 7 novembre 2021[2] à Montréal[3], est une bibliothécaire québécoise (Montréal), spécialiste en littérature pour la jeunesse. Elle occupe de nombreuses fonctions à la Bibliothèque de Montréal. Elle est récipendiaire de plusieurs prix, dont celui du Mérite annuel de la Corporation des bibliothécaires professionnels du Québec et celui du prix Fleury-Mesplet du Salon du livre de Montréal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle découvre le monde des bibliothèques par le biais de son père qui met en place une bibliothèque paroissiale située dans l'arrondissement Ahuntsic-Bordeaux-Cartierville (Montréal) tel que désigné aujourd'hui. À l'âge de 10 ans, elle travaille deux soirs par semaine dans cet établissement[4].

Carrière[modifier | modifier le code]

Elle commence sa carrière dans les bibliothèques de la Ville de Montréal comme aide-bibliothécaire à la bibliothèque Shamrock[1] près du marché Jean-Talon, aujourd’hui devenue la Bibliothèque Le Prévost. Elle étudie à l'École de bibliothéconomie de l'Université de Montréal en 1952. Après ces études, elle est engagée à la bibliothèque d'Ahuntsic où elle travaille pendant 20 ans. Elle est ensuite nommée responsable du secteur jeunesse des bibliothèques.

De 1962 à 1963, elle rédige une chronique de littérature jeunesse pour le journal Le Devoir[5]. Elle enseigne ensuite la littérature jeunesse à l’Université de Montréal de 1967 à 1976 et est nommée cheffe des bibliothèques pour enfants de 1972 à 1979.

Elle poursuit sa carrière en tant que coordonnatrice des services aux jeunes pour les services administratifs des bibliothèques de la Ville de Montréal jusqu'à sa retraite en 1992.

Pour Hélène Charbonneau, l’une des grandes préoccupations de la bibliothèque est de rejoindre un public qui est peu attiré par la lecture[6]. Affirmant que l’on devient bon lecteur non par obligation mais par plaisir, elle promeut des activités d’animation, telles que l’Heure du conte, permettant à l’enfant d’associer le livre à différentes activités quotidiennes plutôt qu’à l’école. Elle encourage également la pratique d’un grand nombre d’activités[7] sur place telles que le bricolage, le visionnement de films, les ateliers ou les jeux de société afin d’attirer l’enfant à la bibliothèque et de l’emmener progressivement à s’intéresser à la lecture. La bibliothèque doit ainsi déboucher sur une éducation à la lecture mais aussi à la création de nouvelles envies de lire[7].

Le programme Livres dans la Rue[modifier | modifier le code]

En 1982, Hélène Charbonneau développe le programme Livres dans la rue [8].

Dans le cadre de ce projet, des duos d’animateurs se rendent dans différents parcs et quartiers de la Ville de Montréal, plus particulièrement des milieux défavorisés, en transportant avec eux des sacs-à-dos remplis de livres. Ils y rencontrent des jeunes de différentes catégories d’âge afin de leur présenter les livres et de faire différentes activités reliées à la lecture en leur compagnie.

Programme uniquement estival à l’origine, Livres dans la rue connaît un grand succès et se poursuit tout au long de l’année[9]. Il est suspendu en 2018 avant de reprendre à nouveau ses activités[10]. Depuis sa création, on estime que ce programme a rejoint plus de 325 000 enfants.

L'association Les Amis de la Bibliothèque de Montréal[modifier | modifier le code]

En 1993, après avoir constaté un grand nombre de livre élagués laissés de côté dans les entrepôts après des tentatives de vente par les bibliothèques, Hélène Charbonneau fonde Les Amis de la Bibliothèque de Montréal[11].  Il s’agit une association à but non lucratif destinée à promouvoir les livres, la lecture ainsi que les bibliothèques laissés de côté par les pouvoirs publics. À chaque année, l'association tient un solde de livres annuel[12]. Les fonds récoltés servent à financer les activités d’animation des bibliothèques de Montréal. Hélène Charbonneau est la présidente honoraire de l'association qu’elle a créée[13].

Autres réalisations[modifier | modifier le code]

Hélène Charbonneau est aussi membre fondatrice de l'organisme Communications-jeunesse (1971) dont l’objectif est de promouvoir la littérature québécoise et franco-canadienne auprès des jeunes. L’organisme décerne le prix Hélène Charbonneau aux médiateurs de la littérature jeunesse québécoise et canadienne d’expression française[4]ayant facilité l'introduction des jeunes à la lecture.

En août 1986, Hélène Charbonneau est reçue au Cercle des Bâtisseurs, regroupant des personnes ayant bâti un projet communautaire dans leur milieu, afin de rendre hommage aux efforts qu’elle a contribué pour rendre la lecture plus accessible aux jeunes[14].

En 1994, elle est la rédactrice en chef du collectif Pour que vive la lecture, un ouvrage abordant la création des habitudes de lecture chez les enfants et adolescents [1].

Son apport à la littérature jeunesse est reconnu, notamment à travers des articles qu'elle produit et qui font le lien entre la recherche bibliographique de nature historique et les activités de recension à des fins pédagogiques[15]. Ses publications incluent six répertoires bibliographiques parus dans Livres en langue française pour les jeunes, Montréal en 1985.

Publication[modifier | modifier le code]

  • Charbonneau, Hélène (dir.). Pour que vive la lecture. Littérature et bibliothèques pour la jeunesse. 1994. Montréal : ASTED.
  • Bibliothèque de la ville de Montréal. Livres en langue française pour les jeunes. Montréal : Bibliothèque municipale de Montréal, 1985 ([Montréal] : Presses Elite).

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Lajeunesse, Marcel, Leroux, Eric, 1967- et Martel, Marie D., Pour une histoire des femmes bibliothécaires au Québec : portraits et parcours de vies professionnelles, Québec, Presses de l'Université du Québec, , 204 p. (ISBN 978-2-7605-5252-4 et 2-7605-5252-7, OCLC 1137194042, lire en ligne), p. 147, 150
  2. Les Amis de la Bibliothèque de Montréal, « Infolettre - novembre 2021 », sur Infolettre des Amis de la Bibliothèque de Montréal,
  3. « Avis de décès », sur La Presse (consulté le )
  4. a et b Pascale Grenier, « Chronique Nos retraités », Documentation et bibliothèques, vol. 57, no 2,‎ , p. 126 (ISSN 0315-2340 et 2291-8949, DOI 10.7202/1028878ar, lire en ligne, consulté le )
  5. a et b « Hélène Charbonneau honorée », sur encyclo.bibliomontreal.com, (consulté le )
  6. Suzanne Pouliot, « La place des bibliothèques dans les revues de littérature de jeunesse », Revue Documentation et bibliothèques,‎ , p. 179 (DOI https://doi.org/10.7202/1032825ar, lire en ligne)
  7. a et b Hélène Charbonneau, « L'animation et les bibliothèques publiques pour jeunes », Documents et bibliothèques,‎ (DOI https://doi.org/10.7202/1055209ar, lire en ligne Accès libre)
  8. « L’histoire de «Livres dans la rue» prend fin », sur Le Devoir (consulté le )
  9. Mariouche Famelart, « Livres dans la rue », sur https://naitreetgrandir.com (consulté le )
  10. Radio-Canada, « Suspendu, le programme Livres dans la rue devrait revenir cet été », sur https://ici.radio-canada.ca, (consulté le )
  11. Pierre Lafleur, « Les ABM, 25 ans déjà. », Info-ABM,‎ , p. 1-2 (lire en ligne)
  12. « Lurelu: Vite dit », sur www.lurelu.net (consulté le )
  13. France Tardif, « Création du Prix Hélène Charbonneau en médiation de la lecture », sur http://encyclo.bibliomontreal.com, (consulté le )
  14. a et b Daniel Sernine, « Hélène Charbonneau : bibliothécaire », Lurelu : la seule revue québécoise exclusivement consacrée à la littérature pour la jeunesse, vol. 9, no 3,‎ , p. 30–38 (ISSN 0705-6567 et 1923-2330, lire en ligne, consulté le )
  15. « "La littérature de jeunesse au Québec : Orientations et valeurs de la recherche universitaire". La pédagogie de la coopération. Numéro 103, automne 1996 – Québec français », sur Érudit (consulté le )
  16. « Membres honoraires », Association pour l'avancement des sciences et des techniques de la documentation,‎ (lire en ligne, consulté le )