Situé au nord de l’île de Montréal, sur les rives de la rivière des Prairies, le territoire d’Ahuntsic-Cartierville est l’un des deux premiers noyaux de peuplement de Montréal. C’est la construction de la place fortifiée de Sault-au-Récollet par les Sulpiciens en 1696 qui entraîne la colonisation du territoire[1].
L'arrondissement a une superficie de 23 km2, et le territoire comprend, en 2021, une population de 135 336 personnes. Il est traversé d'est en ouest par le boulevard Gouin, le boulevard Henri-Bourassa et la rue Sauvé.
Le toponyme Ahuntsic-Cartierville est créé lors de la constitution de l'arrondissement le . Il est formé à partir des noms des deux principaux quartiers qui le constituent[2].
Le secteur d'Ahuntsic a connu une des plus anciennes occupations de l'île de Montréal.
Le village de Sault-au-Récollet, situé près du pont Papineau-Leblanc, a été l'un des deux premiers noyaux de peuplement de Montréal. On l'a nommé ainsi en souvenir d'un Récollet, le père Nicolas Viel, qui s'est noyé dans les rapides avoisinants en 1625. Son compagnon d'infortune, un jeune Français nouvellement débarqué dans la colonie, s'appelait Ahuntsic.
Dès 1695, les Sulpiciens érigent un fort au Sault-au-Récollet dans le but de protéger les colons et sécuriser le marché de la fourrure.
On érige en 1751 l'église de la Visitation, qui subsiste aujourd'hui. La municipalité du Sault-au-Récollet est fondée le et devient la ville du Sault-au-Récollet le . Cette dernière est annexée à Montréal le . Enfin, ce qui restait du territoire de la paroisse du Sault-au-Récollet est constitué en ville sous le nom de Montréal-Nord, le .
Au XIXe siècle, trois villages s'implantent sur les bords de la rivière des Prairies, le long du chemin de la côte du Bord-de-l'eau (aujourd'hui le boulevard Gouin) vers l'ouest : Cartierville (l’Abord-à-Plouffe à l'origine), le Gros-Sault et Back River qui, en 1897, deviendra la ville d'Ahuntsic. Bordeaux se détache de Cartierville, l'année suivante, pour devenir village indépendant. Le secteur cossu de Saraguay, à l'extrémité ouest, fera de même en 1914. Tous ces villages, sauf Saraguay, seront annexés à Montréal avant la Première Guerre mondiale. Des traverses y relient la côte à l'île Jésus, à l'emplacement des ponts actuels. Les charmes de la rivière attirent bientôt sur les rives des Montréalais fortunés provenant du Mille carré doré qui choisissent le boulevard Gouin comme lieu de villégiature.
L'entrée en fonction d'une nouvelle ligne de tramway (1892) accélèrent l'urbanisation de ce secteur. C’est en 1906 que la municipalité de Cartierville est fondée alors que quelques années plus tard la ville de Saraguay est fondée pour cause de conflit sur fond de gestion des ressources, elle ne sera annexée à la Ville de Montréal qu’en 1964.
En 1959, la construction du boulevard Henri-Bourassa vient bouleverser ce coin paisible en séparant la partie riveraine du reste de la ville.
Le 21e siècle voit de plus en plus de gens s'installer à Ahuntsic. Ce quartier attire les gens grâce à sa situation centrale sur l'île de Montréal, son accès facile aux stations de métro et de train, sa proximité avec le marché Jean-Talon et la Petite Italie, ainsi qu'à son accès pratique aux zones commerciales comme le centre Rockland, la promenade Fleury (un regroupement de 250 commerces et entreprises) et le marché Central (un grand centre commercial extérieur avec de nombreux magasins et restaurants), aux principaux axes routiers de Montréal et à Laval. C'est un quartier très vert, offrant un accès à de nombreux parcs, notamment le parc-nature de l'Île-de-la-Visitation. Grâce à la revitalisation du parc Ahuntsic, le secteur est de plus en plus populaire et accueille de nombreuses familles et jeunes professionnels. De nombreux étudiants apprécient également de vivre dans ce secteur, car il offre un accès facile aux universités et au collège Ahuntsic, tant par les transports en commun que par ses nombreuses pistes cyclables. Ce phénomène, combiné au nouveau campus de l’Université de Montréal dans le quartier voisin de Parc-Extension et aux nouvelles constructions, a entraîné une gentrification progressive et constante du secteur depuis les années 2010.
Le tableau suivant fait état de l'évolution de la population d'Ahuntsic-Cartierville depuis 2006, soit le premier recensement canadien après la constitution de l'arrondissement.
En tant qu'arrondissement montréalais, Ahuntsic-Cartierville est dirigé en premier lieu par un conseil d'arrondissement chargé des affaires locales puis par le conseil de ville de Montréal, chargé de certaines matières qui concernent l'ensemble de la ville. En raison de son poids démographique au sein de la ville de Montréal, l'ensemble des membres du conseil d'arrondissement siège également au conseil de ville.
Ahuntsic-Cartierville compte plusieurs parcs industriels, dont la Cité de la mode, intégrée au District Central, où se trouvent plusieurs usines de vêtements et de haute technologie.
Depuis 2013, le festival de musique classique Ahuntsic en fugue se tient chaque année durant quatre jours au mois d'août dans plusieurs lieux d'Ahuntsic-Cartierville. Il n'a cependant pas eu lieu en 2023.
Mettant à l'honneur les traditions québécoises (musique, danse, chanson, conte et autres disciplines), le Festival Trad de Montréal, anciennement la Grande Rencontre, est fondé en 1993. Il se déroule depuis 2021 dans les locaux de l'organisme EspaceTrad à la Maison de la culture Ahuntsic et au parc Ahuntsic, la longue fin de semaine du congé de la Fête du travail (fin août-début septembre).
Jusqu'au 11 août 2023, deux médias locaux existaient dans l'arrondissement. L'hebdomadaire gratuit Métro Ahuntsic-Cartierville[11] (anciennement Courriers Ahuntsic et Bordeaux-Cartierville), publié par Métro Media Inc. cesse ses opérations en 2023[12]. Le président-directeur général Andrew Mulé annonce la suspension des activités du groupe de presse le 11 août 2023[13], puis sa faillite est officialisée le 17 septembre 2023[14]. Il subsiste seulement le Journal des voisins, un organisme à but non lucratif fondé en 2012[15].
Le Journal des voisins publie des actualités quotidiennes sur le Web à raison de six jours par semaine, du lundi au samedi. Les samedis matin, les gens abonnés à l'infolettre reçoivent par courriel un bulletin résumant l'actualité de la semaine, avec les hyperliens vers tous les articles. Ce média communautaire distribue aussi gratuitement dans l'arrondissement d'Ahuntsic-Cartierville un journal papier bimestriel, surnommé le Mag, qui peut être consulté en ligne[16].
Le groupe de rap Loud Lary Ajust est originaire du quartier Ahuntsic-Cartierville. Les rappeurs Loud et Lary Kidd se sont rencontrés lorsqu'ils étaient au secondaire à l'école Sophie-Barat avant de s'associer plus tard au producteur Ajust. Plusieurs références à l'école et au quartier se retrouvent dans leurs chansons[réf. nécessaire]
Djely Tapa est née au Mali; cette chanteuse est installée à Ahuntsic-Cartierville[20].
Dépliant Des quartiers à découvrir: Arrondissement Ahuntsic-Cartierville du Service de l'habitation et du développement urbain, Module des permis, Division de la préservation du patrimoine et du Guide " Passeport découverte - Dimanche matin, Montréal m'attend " publiés à l'occasion du 350e anniversaire de Montréal, 1992.