Gastornis

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Gastornis (autrefois connu sous le nom de Diatryma) est une espèce d'oiseau carnivore ayant vécu à la fin du Paléocène et au début de l'Éocène[1], soit entre 56 et 41 Ma.

Description physique[modifier | modifier le code]

Gastornis appartenait à l'ordre des gastornithiformes et à la famille des gasthornithidés. Plus gros oiseau de son temps, il mesurait environ 1,75 m en moyenne et jusqu'à 2 m et plus pour les grands individus ; son poids devait osciller entre une cinquantaine et une centaine de kilogrammes selon les individus et les populations[2]. Il avait les ailes courtes, des pattes longues et massives et un gros bec solide et épais. Il était incapable de voler et devait se déplacer à la façon des autruches et des nandous d'aujourd'hui.

Systématique[modifier | modifier le code]

Gastornis, ou oiseau de Gaston (Gast-ornis, de Gaston et du grec ornithos signifiant « oiseau »), doit son nom à Gaston Planté, qui en a découvert les premiers fossiles près de Meudon en région parisienne et/ou à Geisaltal (Allemagne) en 1855[3]. En 1876 Edward Drinker Cope a découvert des fossiles de Gastornis aux États-Unis. Il les nomma Diatryma, mais comme la découverte réalisée par Gaston Planté était antérieure, le nom Diatryma a été abandonné et tous les fossiles apparentés à ce genre sont désormais appelés Gastornis, en application du Code international de nomenclature zoologique.

Le premier squelette de Gastornis a été entièrement reconstitué en 1881. Par la suite, d'autres fossiles ont été découverts dans le sud de la France[4]. Les paléontologues ont donc situé sa répartition géographique sur les continents européen et nord-américain. Au vu de certains caractères de son squelette, plusieurs d'entre eux pensent qu'il pourrait être apparenté aux ansériformes[5].

Habitat et mode de vie[modifier | modifier le code]

Gastornis vivait dans les forêts et les marécages de la fin du Paléocène et du début de l'Éocène, alors que le climat de la planète était tropical.

Il est possible que l'oiseau ait présenté des caroncules de couleur servant à la parade nuptiale mais on ne sait rien des mœurs nuptiales et reproductrices de Gastornis qui, pense-t-on, pouvaient s'apparenter à celles des autruches et des nandous de notre époque.

Quoi qu'il en soit, Gastornis semble avoir été un oiseau assez peu grégaire car les squelettes étaient isolés. Au début, il n'a eu aucun ennemi sérieux à part peut-être quelques petits mammifères prédateurs, comme l'Arctocyon, qui pouvaient tenter de lui dérober ses œufs. Par la suite, la concurrence est devenue plus sérieuse avec l'apparition de mammifères prédateurs plus gros, tels les créodontes et les mesonychia. Le genre Hyaenodon, apparu il y a 41 Ma, chassait en bande (les chercheurs ne sont pas unanimes sur ce point précis), ce qui a amorcé le déclin de Gastornis, qui a disparu à la même époque. Son régime alimentaire a fait l'objet de débats : son bec, sa taille imposante et l'étude de ses muscles ont conduit à considérer Gastornis comme un carnivore, or ses griffes puissantes, mais qui ne sont pas des serres, ont amené l'idée qu'il pouvait être végétarien et se nourrir de tubercules, oignons ou de graines de grosse taille que son bec devait pouvoir casser. Il est possible que tout le monde ait raison et que l'oiseau ait été omnivore, se nourrissant aussi bien de végétaux que de tortues, lézards, œufs ou juvéniles d'autres espèces aviennes ou mammifères, ou encore de charognes[6].

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tim Haines et David Chambers. Préhistoire, des dinosaures aux premiers hommes. Fleurus. 2006. (ISBN 9782215053958)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stephen Jay Gould, « La vie est belle », Éditions du Seuil, 1991, p 391 (ISBN 2-02-035239-7)
  2. Éric Buffetaut, L'oiseau géant Gastornis, successeur des dinosaures non-aviens, doc. à télécharger sur [1].
  3. Buffetaut, Op. cit..
  4. Buffetaut, Op. cit..
  5. Buffetaut, Op. cit..
  6. Buffetaut, Op. cit..