Technologies et vieillissement

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Dans les sociétés en réseaux actuelles, caractérisées par la dissémination et l’usage intensif des technologies de l'information et de la communication (TIC), les sujets « idéaux » sont relativement jeunes et branchés[1]. D’une part, les avancées technologiques sont perçues pour l’aide qu’elles peuvent apporter aux aînés. D’autre part, cet accent sur la santé et l’« amélioration » des aînés les situe dans une perspective de vulnérabilité et néglige d’autres aspects relationnels, pratiques et ludiques de ces technologies.


Vie sociale et personnelle[modifier | modifier le code]

Bien que les réseaux soient d’anciennes formes d’organisation sociale, ils en sont devenus une forme centrale au cours des dernières décennies, avec la diffusion des technologies d’information et de communication[2]. La flexibilité et la communication éphémère des réseaux se remarquent au niveau de la mondialisation (i.e. marchés financiers, États), mais se retrouvent également sur le plan culturel, dans une culture organisée autour de systèmes intégrés de médias électroniques et numériques. C’est ce qui explique une certaine exclusion des gens qui se situent en dehors de ces réseaux; ce qui ne fait pas partie des réseaux étant ignoré par ceux-ci[2]. Plusieurs projets mentionnés plus bas tentent d’intégrer les aînés aux réseaux ou de créer des réseaux alternatifs.

Technologies au quotidien[modifier | modifier le code]

Les technologies ne se réduisent pas aux aides médicales ni aux technologies d'information et de communication. Par exemple, pour plusieurs personnes âgées, les piluliers sont des technologies qui organisent non seulement leur prise de médicaments mais contribuent à réguler leur vie selon des périodes de temps définies et par le fait même à mettre à l'avant-plan le rapport au temps qui passe.

Technologies de communication, accès et littératie[modifier | modifier le code]

Depuis plusieurs années, dans les études communicationnelles, informatiques et médiatiques, des questions d’accès et d’appropriation des technologies, et leurs risques d’exclusion, ont été soulevées[3],[4]. L’accès et l’inclusion dépendent de plusieurs éléments comme les coûts, le design, les opérateurs, et les occasions d’apprentissage[5]. Cela fait en sorte que les aînés se retrouvent souvent plus ou moins exclus des avancées technologiques. Par exemple, des applications pour téléphone portable permettent de calculer le temps d’attente dans diverses situations (en indiquant les délais ou le rang). Cette idée profite plus ou moins aux personnes âgées, qui utilisent ces technologies en moins grand nombre, alors qu’elles fréquentent pourtant les cliniques et les hôpitaux de manière régulière[6].

Au Canada, en 2010, 29 % des personnes de 75 ans et plus et 60 % de celles de 65 à 74 ans avaient utilisé Internet au cours du mois précédent, tandis que l’utilisation d’Internet chez les personnes de 15 à 24 ans était presque universelle[7]. Au Québec, 53 % des gens ont un téléphone intelligent dont 75% chez les 25-34 ans, 24% chez les 65-74 ans et 13% chez les 75 ans et plus[6]. L’accès à l’information des aînés, important pour préserver leur indépendance et favoriser leur inclusion sociale, renvoie notamment à la littératie et à l’accessibilité numérique. La littératie est la capacité de comprendre et utiliser l’information écrite dans la vie courante et d'ainsi étendre ses connaissances (OCDE). Elle réfère donc à la fois à la faculté de reconnaître un besoin en information, à localiser les informations, les sélectionner et les organiser. Plus précisément, la littératie numérique désigne le savoir et les compétences utilisées à travers plusieurs outils communicationnels en réseau comme les téléphones intelligents, les ordinateurs et les tablettes. Certains chercheurs parlent aussi de translittératie qui tient compte de la variété des plateformes.

Pour une pleine participation des citoyens à la vie économique, culturelle et sociale, l'accessibilité numérique est requise et réfère à la mise en place de ressources numériques pour tous, donc de diminuer les différences d’accès selon la langue, le lieu, le matériel et les services disponibles, les aptitudes physiques et mentales, etc. Certains auteurs ont parlé d’une fracture numérique générationnelle pour aborder des approches différentes face aux nouveaux médias entre les « jeunes » et les « vieux ». Celle-ci fait toutefois « cliché », étant donné l’hétérogénéité dans les cohortes, les périodes de la vie qui influencent l’intérêt vers les TIC, et le fait que l’âge ne soit qu’un seul élément dans l’habileté à les utiliser (l’habitude serait aussi très importante)[8]. Eugène Loos, qui parle d’un spectre plutôt que d’une fracture, identifie d’ailleurs des présupposés par rapport aux aînés et aux TIC :

  • les aînés constituent un groupe homogène
  • ce groupe ne veut ou ne peut pas utiliser les médias numériques
  • ce n’est pas réellement un problème puisque cette génération va s’éteindre et que toutes les nouvelles générations n’ont aucun problème avec la centralité de ces médias dans nos sociétés[8].

Dans les politiques publiques, on s’intéresse avant tout à la santé et la sécurité des aînés sans intégrer la communication et les médias (i.e. Vieillir et vivre ensemble au Québec en 2012, "Canada’s aging population: Seizing the opportunity" en 2009, Villes amies de aînés de l’Organisation mondiale de la Santé, Commission européenne - L’année pour le vieillissement actif en 2012). Également, peu de politiques en communication intègrent les aînés (comme le Comité permanent des transports et des communications - Plan pour un Canada numérique en 2010). À cet effet, l’un des volets de la politique (Québec) inclut quelques millions pour favoriser la compréhension et l’utilisation des TIC dans le but de maintenir la vie active des aînés dans leur milieu de vie à travers l’utilisation des nouvelles technologies. Cet aspect reste sous-développé et les sommes restreintes. Des organismes, comme la FADOQ, offrent des cours aux aînés.

Littératie au-delà des usages[modifier | modifier le code]

Au-delà des usages, de ce que les individus font avec les technologies, différents projets culturels visent à donner aux gens les connaissances et outils nécessaires à la compréhension des technologies qui permettent de créer les environnements culturels et médiatiques dans lesquels ils vivent. Par exemple, la Atwater Library de Montréal a mis sur pied un projet sur la création musicale numérique et un projet sur la photographie et la mémoire collective.

Âgisme numérique[modifier | modifier le code]

L’âgisme ayant trait aux médias numériques (« digital agism » dans la recherche anglophone) désigne l’exclusion des expériences des personnes âgées des recherches et de l’intolérance qui perpétue une certaine peur du vieillissement[9]. Les représentations de la culture populaire nous montrent souvent des personnes âgées qui utilisent des technologies comme étant une source d’amusement, de ridicule. Prendre pour acquis que toutes les personnes âgées accusent un retard au plan technologique et ne comprennent pas le monde « dématérialisé », que les plus jeunes constituent le standard à côté duquel mesurer leur progression, et proposer des produits et des services en fonction de ces derniers uniquement, constituent une forme d’âgisme (âgisme numérique) selon Kim Sawchuk : « Les entreprises en technologie doivent adapter leurs produits pour saisir des occasions souvent négligées, mais surtout adapter leur service pour qu'un aîné qui entre dans un magasin ne soit pas exploité ou pris pour un imbécile. »[6] On peut plutôt renseigner les personnes âgées sur les bienfaits potentiels d'une vie « en réseau » et les accompagner au fil de leurs apprentissages, dans le but de diminuer les barrières à leur accès et leur participation, en plus de tirer des leçons de leur expérience des différents médias qu’ils ont côtoyés. L’idée est donc de créer les conditions les plus favorables dans lesquelles elles peuvent choisir d’être connectées ou non, et à quel degré. C’est ce que certains organismes communautaires et activistes tentent de favoriser.

Non-usages[modifier | modifier le code]

Le non-usage peut être dû à un manque d'accès ou de littératie, tout comme il peut constituer un choix. Dans un contexte ou les technologies de communication sont largement diffusées, ceux et celles qui ne les adoptent pas subissent une certaine pression sociale pour le faire ou pour se justifier[10]. Outre les usages fréquents et intenses, existe une variété de (non-)usages possibles: ne pas utiliser une technologie peut être signe de résistance ou d’abandon volontaire, alors qu’utiliser une technologie pose des questions de fréquence d’utilisation, de formes de participation, d'appropriation, de trajectoires personnelles et sociales qui doivent être étudiées pour pouvoir fournir un portrait nuancé[3],[11]. Plusieurs personnes âgées complexifient l'incitation à l'adoption, la possession personnelle et l'usage intense des technologies de communication. Par exemple, certains partagent un téléphone cellulaire[12].

Gérontechnologies[modifier | modifier le code]

Les technologies peuvent apporter une aide très appréciable dans le soin gérontologique au sens large. Elles peuvent en particulier aider les professionnels à remplir leurs tâches ou aider les patients à conserver leur autonomie ou à compenser les déficiences fonctionnelles.

Legislatif[modifier | modifier le code]

En France, le projet de loi d'adaptation de la société au vieillissement[13] instaure une nouvelle étape pour l'APA à domicile et vise à mieux intégrer l’accès aux aides techniques et aux gérontechnologies. Ce projet de loi a été présenté en conseil des ministres le 3 juin 2014 par Mme Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé, et Mme Laurence Rossignol, secrétaire d’Etat chargée de la famille, des personnes âgées et de l’autonomie. Mme Martine Pinville est rapporteur et présentera les amendements a aux ministres auditionnés le 8 juillet 2014 pour un examen à l'assemblée nationale les 16 et 17 juillet 2014. Le passage au Sénat fin 2014 permettra à la loi d'entrer en application par décret à partir de l'été 2015.

Classification[modifier | modifier le code]

Serge Smidtas a classé les objets technologiques ciblant les personnes agées, en plusieurs catégories[14] : ordinateurs / tablettes avec interface simplifiée, visiophone / téléphones, télévisions connectées adaptées, téléprésence / services, réseaux sociaux, objets connectés, robot, domotique, technologies de prévention et détection de chute / géolocalisation, télésanté / paramètres physiologiques, animation pour maison de retraite, jeux/ stimulation cognitive, coordination médico-sociale, secteur hospitalier, handicap et habitat.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Au Canada :

Liste de projets:

InterACTion workshop
  • InterACTion : Projet du réseau ACT (Ageing Communication Technologies) qui tente de répondre aux besoins des aînés selon leurs désirs, en format un-à-un.
  • Réseau FADOQ : Ateliers informatiques dans différentes régions du Québec.
  • Réseau d’information des aînés du Québec : offre aussi des ateliers.
  • Bibliothèque Atwater: différentes ateliers sur la littératie numérique.

En France :

Gérontechnologies:

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sawchuk & Crow 2012a
  2. a et b Castells 2000
  3. a et b Wyatt 2003
  4. Jauréguiberry 2010
  5. Clement & Shade 2000
  6. a, b et c Parazelli 2015
  7. Statistiques Canada
  8. a et b Loos 2012
  9. Cruikshank 2003
  10. Fernández-Ardèvol 2013
  11. Breton et Proulx 2002
  12. Sawchuk & Crow 2012b
  13. « Adaptation Société Vieillissement »
  14. Smidtas Serge, Gerontechnomie,‎ , 80 p. (ISBN 1291604561)

Bibliographie[modifier | modifier le code]