Silver économie

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La silver économie ou économie des séniors désigne l'ensemble des activités économiques liées aux personnes âgées. Résultante de l'accroissement de l'espérance de vie, le développement de la silver économie est également lié au phénomène démographique du Papy boom. Selon le sociologue Serge Guérin, la silver économie ne doit pas se réduire à l'introduction des technologies numériques ou gérontotechnologies[1]. Selon l'économiste et conseiller, Frédéric Serrière[2], il existe deux visions économiques du sujet. La vision « marché du grand âge », celle des services à la personne, de la santé liée au grand âge, et puis la vision « marché des seniors », les plus de 60 ans. En 2013, Le premier pèse 57 Md€ de CA par an[3] , le second représente 90 Md€ de CA annuel[4].

En France, c'est seulement depuis le gouvernement de Jean-Marc Ayrault que le développement de ce secteur a été affirmé comme un axe stratégique pour les années à venir[5].

Un contrat de filière a été écrit et signé par l'ensemble des acteurs de la Silver Économie afin de définir les priorités de ce secteur[6].

La "silver génération" et le numérique[modifier | modifier le code]

Le terme “silver génération” est utilisé pour identifier les personnes de plus de 60 ans. Ce terme est de plus en plus courant car associé à la “silver économie”, qui est une véritable économie portant sur une pluralité de marchés à destination des personnes âgées.

A l’heure où le numérique est en  pleine expansion et de plus en plus présent dans notre société, les seniors se retrouvent face à de nouveaux outils.

C’est ainsi que l’on peut voir apparaître 2 profils distincts

  • ceux qui veulent se familiariser, qui sont intéressés par ses outils ou encore qui sont poussés par leur famille
  • ceux qui ne veulent absolument pas ou qui ne se sentent pas capable d’utiliser ce genre d’outils

Dans Technologies du “Bien vieillir et du lien social” : questions d’acceptabilité, enjeux de sens et de continuité de l’existence[7] de Catherine Gucher, enseignante/chercheuse en sociologie, on voit apparaître la notion de lien social. Les personnes âgées se tournent vers le numérique principalement pour entretenir et garder une relation. Maintenir le lien intergénérationnel est important pour eux et selon Vincent Caradec il serait faux de penser qu’ils sont rétifs au numérique, cela peut devenir une ressource précieuse pour eux. Il faut néanmoins accepter le changement, une certaine remise en cause des routines et habitudes au domicile.

4 usages principaux ressortent :

  • L’ordinateur de compagnie : l’ordinateur prend la place du familier absent et devient une présence de substitution
  • Le médiateur de distance : moyen d’accès à l’information, outil de communication, aide aux démarches administratives. Réduction de la distance entre soi et les autres & entre soi et le monde
  • Le support d'affiliation : Support de maintien dans le groupe famille (dans les échanges) et aussi plus largement support d’affiliation au monde, développement du lien social.
  • la clef de divertissement : moyen de se divertir et passer du temps, lutter contre la routine et l’ennui

Les entreprises numériques d’aujourd’hui considèrent les personnes âgées comme une vraie cible à prendre en compte, de ce fait on voit apparaître de nouveaux sites, réseaux sociaux... dédiés pour eux qui peuvent attiser leur curiosité.

Mais les seniors recourant aux NT sont souvent poussés par leurs proches et pour lesquels le support technologique viendra en soutien et en renforcement des relations préexistantes. Il faut beaucoup de détermination pour résister aux membres de la famille et aux professionnels et refuser l’installation des ces technologies.

Certains seniors, en revanche, sont réticents quant à l’utilisation des nouvelles technologies ; ils ne veulent pas, ça ne les intéresse pas, ils ne s’en sentent pas capable… Une multitude de raisons qui alimente le phénomène de l’âgisme.

Dans son étude, Catherine Gucher a proposée à 60 personnes âgées l’installation d’un dispositif numérique (ordinateur, messagerie, système de visiophonie) permettant un renforcement du lien social et une amélioration de la sécurité. A la question de savoir s’ils acceptent cette installation qui pourrait leur faciliter la vie, la grande majorité refuse.

Elle aurait donc fait une liste des freins à l’adhésion des nouvelles technologies. Ce serait dû :

  • au genre
  • à l’appartenance à certaines catégories socio-professionnelles non familiarisées aux nouvelles technologies au cours de la vie
  • à l’appartenance à certaines classes sociales

D’une manière générale, les freins à l’utilisation sont des déterminants socio-économiques.

Une des causes du refus de la part des seniors est aussi l’aspect dépendant que provoque l’utilisation de ces outils, cela engendre un effet dévalorisant. Pour les convertir il faut leur faire accepter le stigmate de la dépendance et de la pauvreté relationnelle de ces outils, tout en étant connecté avec le monde. Les personnes âgées sont très attachées à la relation sociale physique, qui est pour eux la meilleure façon de garder contact avec quelqu’un.

Les nouvelles technologies sont donc considérées comme support incontournable mais leur adoption par les seniors suppose des compétences et une audace dont ils pensent manquer.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Serge Guérin, « Le bel avenir de la Silver Economie », Sciences Humaines,‎ (lire en ligne)
  2. « Silver économie : un truc de baby boomers ? », sur La Tribune, La Tribune (consulté le 18 janvier 2016)
  3. Commissariat général à la stratégie et à la prospective, La Silver Économie, une opportunité de croissance pour la France, Commissariat général à la stratégie et à la prospective, , 112 p. (lire en ligne)
  4. « Les retraités, des consommateurs de plus en plus courtisés », sur Le Figaro (consulté le 18 janvier 2016)
  5. Quentin Jagorel, « Le contrat de filière de la « Silver Economie », une initiative encourageante », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  6. « Silver Economie: Arnaud Montebourg et Michèle Delaunay signent le Contrat de filière », sur silvereco.fr,
  7. Catherine Gucher, « Technologies du “Bien vieillir et du lien social” : questions d’acceptabilité, enjeux de sens et de continuité de l’existence », ...,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]