Géographie universelle

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La Géographie universelle est le titre donné à plusieurs ensembles d'ouvrages de géographie, dont l'objectif est de dresser une description et analyse de l'ensemble du monde, avec des données à la fois physiques et humaines. Ce nom n'est toutefois pas toujours le titre exact des ensembles en question.

Les différentes Géographies universelles[modifier | modifier le code]

Conrad Malte-Brun[modifier | modifier le code]

Conrad Malte-Brun fut le premier à rédiger un Précis de la géographie universelle à partir de 1810. Sa publication, composée de 6 volumes, fut achevée après sa mort par un de ses collaborateurs, Jean Jacques Nicolas Huot. Véritable découverte du monde, cet ouvrage essayait d'affirmer cette discipline encore naissante qu'était la géographie.

Théophile Lavallée a réédité une version « refondue et mise au courant de la science » de l'œuvre de Malte-Brun en mettant à jour des données. Cette nouvelle édition fut éditée à Paris par Furne et Cie entre 1855 et 1858.

Élisée Reclus[modifier | modifier le code]

Élisée Reclus rédigea seul, en Suisse, la Nouvelle Géographie universelle, publiée chez Hachette entre 1876 et 1894[1],[2],[3], qui fut également illustrée par son ami cartographe Charles Perron. Sous-titré la terre et les hommes, l'ouvrage comprend 19 tomes, avec un 20e d'annexes statistiques, qui abordent chacun une zone géographique (le tome II étant exclusivement consacré à la France, et le tome XVI aux États-Unis):

I. L'Europe méridionale (Grèce, Turquie, Roumanie, Serbie, Italie, Espagne et Portugal. II. La France. III. L'Europe centrale (Suisse, Austro-Hongrie, Allemagne). IV. L'Europe du Nord-ouest (Belgique, Hollande, Iles Britanniques). V. L'Europe scandinave et russe. VI. L'Asie russe. VII. L'Asie orientale. VIII. L'Inde et l'Indo-Chine. IX. L'Asie antérieure. X. L'Afrique septentrionale (première partie, bassin du Nil : Soudan égyptien, Éthiopie, Nubie, Égypte ).XI. L'Afrique septentrionale (deuxième partie : Tripolitaine, Tunisie, Algérie, Maroc, Sahara). XII. L'Afrique occidentale (archipels atlantiques, Sénégambie et Soudan occidental). XIII. L'Afrique méridionale 'Îles de l'Atlantique austral, Gabonie, Congo, Angola, Cap, Zambèze, Zanzibar, Côte de Somal). XIV. Océan et terres océaniques (Îles de l'Océan Indien, Insulinde, Philippines, Micronésie, Nouvelle-Guinée, Mélanésie, Nouvelle-Calédonie, Australie, Polynésie). XV. L'Amérique boréale (Groenland, Archipel polaire, Alaska, Puissance du Canada, Terre-Neuve). XVI. Les États-Unis. XVII. Indes occidentales (Mexique, Isthmes américains, Antilles). XVIII. L'Amérique du sud (Les régions andines : Trinidad, Vénézuela, Colombie, Ecuador, Pérou, Bolivie et Chili). XIX. Amérique du Sud (L'Amazonie et la Plata : Guyanes, Brésil, Paraguay, Uruguay, République argentine).

L'ensemble comprend 17 873 pages de texte et 4 290 cartes et des milliers de gravures. Chaque tome est pourvu de cartes en couleurs, de gravures en noir et blanc et d'un index des noms et lieux cités. Pour la partie sur la Colombie, il s'est inspiré des travaux de Francisco Javier Vergara y Velasco.

Dès le deuxième volume, Reclus fait appel au procédé Gillot qui lui permet de sauter l'étape du graveur à Paris.

Cette Nouvelle Géographie universelle est jugée plus neutre que les Atlas publiés par des géographes plus influencés par les nationalismes divers. Elle sert notamment au conseil fédéral suisse pour l’arbitrage du contesté franco-brésilien en 1900[4].

Paul Vidal de la Blache et Lucien Gallois[modifier | modifier le code]

Paul Vidal de la Blache conçoit une Géographie universelle en répartissant le monde entre ses élèves (Pierre Denis prend en charge le tome XV, consacré à l'Amérique du Sud). Mais c'est Lucien Gallois qui applique le projet et le dirige après la mort de Vidal en 1918. La publication chez Armand Colin s'échelonne alors entre 1927 et 1948. Composé de 15 tomes régionaux (dont certains en 2 volumes, ce qui fait un total de 21 volumes), ce nouvel ensemble est un travail de géographe universitaire alors que les œuvres de Malte-Brun et Reclus étaient avant tout celles de géographes "voyageurs". Vidal et Gallois s'entourent donc d'une équipe en laissant chaque tome sous la responsabilité d'un spécialiste de la région étudiée. Des photographies en noir et blanc remplacent les gravures.

Quillet[modifier | modifier le code]

Une autre Géographie universelle est publiée à la même époque que celle de Vidal et Gallois, chez Quillet, entre 1923 et 1928. Seulement composée de 4 volumes, elle rassemble avant tout des vidaliens auxquels rien n'a été confié pour le projet de Vidal malgré leur fidélité, ainsi que certains disciples de Raoul Blanchard.

Cette œuvre eut un grand succès public mais fut relativement oubliée par la suite car considérée comme mineure dans l'histoire de la pensée géographique.

Roger Brunet et le GIP-RECLUS[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1980, Roger Brunet engage la rédaction d'une autre Géographie universelle au sein du GIP-RECLUS qu'il a fondé. Coéditée par Belin et le GIP-RECLUS entre 1990 et 1996, cette version est composée de 10 tomes, fruit de la collaboration d'une centaine de géographes. Bénéficiant de la photographie en couleur et des avancées scientifiques, elle intègre de nombreuses réflexions conceptuelles, avec par exemple l'utilisation de chorèmes.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert Ferras, Les Géographies universelles et le monde de leur temps, GIP Reclus, 1989.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Élisée Reclus : un géographe d’exception
  2. BNF.
  3. Nouvelle géographie universelle : la terre et les hommes par Élisée Reclus, Hachette (Paris) 1876-1894 disponible sur Gallica
  4. Federico Ferretti, « Le fonds Reclus-Perron et le contesté franco-brésilien de 1900 », Terra Brasilis (Nova Série), 2 | 2013, publié le 21 juin 2013, consulté le 23 septembre 2013.