François-Yves de la Roche Kerandraon

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François-Yves de la Roche Kerandraon
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Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 61 ans)
MorlaixVoir et modifier les données sur Wikidata
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Activité
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Distinction
Blason famille de la Roche Kerandraon.png
blason

François-Yves de la Roche Kerandraon, né le au château de Keroual et mort le à Morlaix, est un officier de marine français.

Il fut page du comte d'Artois en 1773, garde marine en 1776, participa, âgé alors de 17 ans, au célèbre combat du 17 juin 1778 de la Belle Poule (1765) contre la frégate anglaise l'Aréthuse au large de Plouescat ; il eut le bras cassé après deux heures de combat, mais reprit son poste et fut promu pour ce fait d'armes enseigne de vaisseau, devenant le plus jeune officier de marine de son temps, fut fait chevalier de l'ordre de Saint-Louis. lieutenant de vaisseau depuis 1786, il était employé comme major de la station des Îles du Vent. il fut rappelé à l'activité en qualité de capitaine de vaisseau le 31 décembre 1814, et fut admis à la retraite en 1817 en qualité de contre-amiral honoraire et décoré l'année suivante de la Légion d'honneur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

François-Yves de La Roche Kerandraon est issu d'une famille subsistante de la noblesse bretonne[1] qui descend de Geoffroy de La Roche, l'un des trente Bretons choisis pour combattre trente Anglais à mi-chemin de Josselin et de Ploërmel[2].

La famille de La Roche Kerandraon est maintenue dans sa noblesse d'extration en Bretagne, le 14 juin 1670[3]. Elle est inscrite à l'ANF depuis le 15 décembre 1951[4].

François-Yves est l'unique enfant de François de Paul de La Roche Kerandraon et de Thérèse Jacquette de Kersaintgilly. Il épouse Marie Renée de Kerléan le 12 janvier 1791 qui lui donne un fils, Jean-François, marquis de La Roche, seigneur de Kerandraon (1808-1879), capitaine de vaisseau, commandeur de la Légion d'honneur.

Carrière dans la marine royale[modifier | modifier le code]

Jeunesse et entrée dans la marine royale[modifier | modifier le code]

François-Yves fut page du comte d'Artois en 1773, il quitta cette fonction en 1776 pour entrer dans la marine comme Garde[2].

La guerre d'indépendance des États-Unis[modifier | modifier le code]

Combat de la Belle Poule
Combat de la Belle Poule et de l'Aréthusa, par Auguste-Louis de Rossel de Cercy

Nommé enseigne de Vaisseau en 1778[5], François-Yves de la Roche Kerandraon prit part sur la Belle Poule au combat de cette frégate contre l'Aréthuse et y eut le bras droit fracassé. Après s'être fait poser un premier appareil, il vint reprendre son poste qu'il a gardé pendant les trois heures que l'action a encore duré. Le lendemain du combat, il eut le bras amputé[6],[7].

Antoine de Sartine, ministre et secrétaire d'État au département de la marine, ayant rendu compte au roi, Louis XVI, du combat du 17 juin 1778 de la frégate la Belle Poule, a lui accordé, quoiqu'il n'eut pas encore dix-huit ans, la croix de Saint-Louis, et une pension[6].

Par une délibération spéciale du 14 décembre 1778, les États de Bretagne lui accordèrent de siéger, avant l'âge, dans leur assemblée avec voix délibérative[8].

Il continua de servir avec distinction pendant la guerre d'indépendance des États-Unis[9], et pris part sur le vaisseau le Jason, commandé par Jean-Isaac Chadeau de la Clocheterie, aux combats livrés par Charles-Henri-Louis d'Arsac de Ternay et Charles Sochet des Touches aux Bermudes et à la bataille de la baie de Chesapeake, ainsi qu'aux trois combats de la bataille de Saint-Christophe[2].

La Révolution française[modifier | modifier le code]

Lieutenant de Vaisseau depuis 1786[5], il était employé comme major de la station des Iles du Vent. En 1789, il parvint à sauver et à mettre en sûreté à bord du vaisseau l'Illustre, plusieurs habitants de la Martinique dont les factieux voulaient s'emparer[2].

Ayant émigré à son retour[10], il rejoignit le corps de la marine aux Pays-Bas, dans l' Armée des Princes en 1792. Nommé ensuite capitaine au régiment du Dresnay à la solde de l'Angleterre. Blessé à la Bataille de Quiberon en 1795[11], il remplit alors plusieurs missions périlleuses en France et en Angleterre. Rentré en France à la réforme de son régiment, il rejoignit les bandes de Cadoudal, et combattit avec elles jusqu'à la pacification de la Vendée. Il fut alors déporté comme émigré à la Nouvelle-Angleterre[2].

La Restauration[modifier | modifier le code]

À la Restauration, il fut rappelé à l'activité en qualité de capitaine de vaisseau le 31 décembre 1814[12], il fut admis à la retraite en 1817 en qualité de contre-amiral honoraire et décoré l'année suivante de la légion d'honneur[2].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Il épouse le 12 janvier 1791 Marie-Renée de Kerléan, fille de François de Kerléan et de Renée de Salaün. De cette union naissent six enfants dont François-Jean-Marie-Auguste de la Roche Kerandraon (1808-1879), capitaine de vaisseau[13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catalogue de la noblesse française de Regis Valette - édition Robert Laffont, 2007, p.116
  2. a b c d e et f Annales maritimes et coloniales, 1822, vol. 7, p. 544.
  3. Vicomte Henri Frotier de la Messelière, Filiations Bretonnes, Prudhomme, Saint-Brieuc, 1922, T.IV, p.686-638
  4. Annuaire de l'ANF-2017
  5. a et b Christian de la Jonquière, Les Marins français sous Louis XVI : guerre d'indépendance américaine, Issy-les-Moulineaux, Muller, 1996, 294 p., (ISBN 978-2-90425-512-0).
  6. a et b Journal encyclopédique ou universel, Année 1778, t. V, partie III, p. 558, édition Pierre Rousseau.
  7. Gazette de France du vendredi 26 juin 1778.
  8. Archives civiles : intendance de Bretagne et États de Bretagne, 1892.
  9. Les combattants français de la guerre américaine : 1778-1783, listes établies d'après les documents authentiques déposés aux archives nationales et aux archives du ministère de la guerre.
  10. Histoire de la ville et du port de Brest, volume 4 de Prosper-Jean Levot.
  11. La Messelière, (ibid)
  12. Annales maritimes et coloniales, 1817, vol. 1, p. 19.
  13. Annuaire historique et universel ou histoire politique pour 1819-1843.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian de la Jonquière, Les Marins français sous Louis XVI : guerre d'indépendance américaine, Issy-les-Moulineaux, Muller, 1996, 294 p., (ISBN 978-2-90425-512-0).
  • Pierre Rousseau, Journal encyclopédique ou universel, année 1778, t. V, partie III.
  • Archives civiles : intendance de Bretagne et États de Bretagne, 1892.
  • Gazette de France du vendredi 26 juin 1778
  • Les Combattants français de la guerre américaine : 1778-1783, listes établies d'après les documents authentiques déposés aux archives nationales et aux archives du ministère de la guerre
  • Journal Ouest-Éclair  12699 du 14 août 1931.
  • Annales maritimes et coloniales, 1817, vol. 1
  • Annales maritimes et coloniales 1822, vol. 7
  • Prosper-Jean Levot, Histoire de la ville et du port de Brest, vol. 4, Brionne, le Portulan, 1971.
  • Régis Valette, Catalogue de la noblesse française, Paris, Robert Laffont.

Articles connexes[modifier | modifier le code]