François-Xavier Durrwell

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François-Xavier Durrwell
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François-Xavier Durrwell est né à Soultz-Haut-Rhin en 1912 et décédé en 2005. Ce prêtre rédemptoriste a joué un rôle déterminant dans la théologie catholique au milieu du XXe siècle par la mise en valeur de la centralité de la Pâque du Christ.

La publication principale est : La Résurrection du Christ, mystère de salut (Xavier Mappus, 1950), livre de théologie biblique devenu classique et de nombreuses fois réédité et traduit.

Le Père Durrwell ne se réfère à aucun théologien ni à aucun Père de l’Église en particulier, mais à des intuitions personnelles, des grâces qui lui furent données. Ses références sont essentiellement bibliques.

La première intuition date du mois d'août 1939. Il comprend alors que la Résurrection est l'effusion de la plénitude de l'Esprit Saint en l'Homme Jésus offert sur la croix à son Père. Question qu'il se pose : Quel est le sens de la mort de Jésus ?

La deuxième intuition, un matin de février 1940, lisant Ga 4,1-7, il comprend que "la mort et la résurrection signifiaient pour le Christ lui-même, la fin d'une vie selon la chair" et l'entrée dans la vie de l'Esprit, que la rédemption est donc accomplie dans le Christ, qu'elle fut pour lui un drame personnel. (...) Comme pour tout homme, et pour lui surtout, la mort fut pour le Christ l'accomplissement de son mystère personnel. Non seulement le salut a été obtenu par lui, il fut réalisé en lui. La rédemption n'est autre que la Pâque même de Jésus, le mystère personnel, filial de Jésus, celui de l'incarnation s'affirmant en plénitude à travers la mort : "Il a été ressuscité selon qu'il est dit... Tu es mon Fils, je t'engendre aujourd'hui" (Ac 13,33)(...) Le Christ n'est pas ressuscité d'entre les morts, mais dans sa mort.

Étant personnel au Christ, le salut ne devient celui des hommes que par communion au Christ dans son mystère pascal. Le Père Durrwell ne peut s'expliquer que par lui-même, c'est-à-dire par les intuitions théologiques qu'il reçut de l'Esprit Saint. Il est donc vain de parler d'influences. Les pages capitales se trouvent dans le livre "La Pâque du Christ, Mystère de Salut", sous-titre Mélanges en l'honneur du Père Durrwell, (Ed. du Cerf, Coll. Lectio Divina no 112). Ce livre peut sans doute se trouver dans une bibliothèque de Rédemptoristes. Le deuxième livre "Christ notre Pâque", l'un de ses derniers paru aux presses de la Nouvelle Cité en 2001, donne un aperçu général de sa théologie, une introduction détaillée à son œuvre. À lire et à relire pour comprendre l'œuvre du Père Durrwell.

Ce en quoi le Père Durrwell fut original, c'est qu'il n'explique pas la nécessité de la rédemption par le péché de l'homme -comme on le faisait dans nos catéchismes traditionnels- mais par celle de Jésus de passer du monde de la chair à celui de l'Esprit. Donc les références ne peuvent être que bibliques.

Les citations d'auteurs qu'on trouve parfois dans les notes de ses ouvrages, qu'il s'agisse des Pères de l’Église, de Saints ou de théologiens, ne sont là que pour confirmer la pensée personnelle de F.X Durrwell et aussi pour montrer qu'il se situe bien dans la Tradition de l’Église, même s'il malmène parfois les traditions théologiques, y compris par exemple celle d'Augustin.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Il naît à Soultz le , et fait ses études dans les petits séminaires des rédemptoristes, en Alsace et en Suisse. Le il prononce ses vœux chez ces mêmes rédemptoristes et est ordonné prêtre le .

Il fit des études de spécialisation à l'université grégorienne de Rome, puis à l'Institut Biblique de 1937 à 1940. En suivant il enseigne l'exégèse du Nouveau Testament au scolasticat des rédemptoristes[1].

De 1952 à 1961 il exerce les responsabilités de supérieur provincial de la Province rédemptoriste de Strasbourg[2].

Il enseigna :

Il reçoit le titre de Docteur honoris causa de l'Académie alphonsienne (Alfonsiana) de Rome le .

Il meurt le à Ostwald en Alsace[3].

Publications[modifier | modifier le code]

  • La résurrection de Jésus mystère de salut, Xavier Mappus, Le Puy, 1950.
  • La charité selon les Synoptiques et les Épîtres de St Paul, La pensée catholique, 1954.
  • Dans le Christ rédempteur : notes de vie spirituelle, Xavier Mappus, Le Puy, 1960.
  • Le Mystère pascal, source de l'apostolat, Éditions ouvrières, Paris, 1970.
  • L'Eucharistie, présence du Christ, Éditions ouvrières, Paris, 1971.
  • L'Eucharistie, sacrement pascal, Cerf, Paris, 1980.
  • L'Esprit Saint de Dieu, Le Cerf, coll. « Théologies (2. éd. rev. et corr.) », 1983 revu 1985 (ISBN 978-2204020091)
  • Le Père, Dieu en son mystère, Cerf, coll. « Théologies (4. éd.) », , 261 p. (ISBN 978-2204027199)
  • L'Esprit du Père et du Fils, Médiaspaul, Paris, 1989.
  • Marie : méditation devant l'icône, Médiaspaul, Paris, 1990.
  • Le Christ, l'homme et la mort, Médiaspaul, coll. « Maranatha (3. éd.) », , 108 p. (ISBN 978-2712204846)
  • Regards chrétiens sur l'au-delà, Médiaspaul, Paris, 1994.
  • Jésus fils de Dieu dans l'Esprit-Saint, Desclée, coll. « Jésus et Jésus-Christ », 1997 revu 1999, 140 p. (ISBN 978-2718909394)
  • Aux sources de l'apostolat : l'apôtre et l'eucharistie, Médiaspaul, Paris, 1999.
  • Christ notre Pâque, coll. « Racines », Nouvelle Cité, Paris, 2001.
  • La mort du Fils : le mystère de Jésus et de l'homme, Cerf, Paris, 2006.

Écrits[modifier | modifier le code]

La résurrection du Christ, vers 1700, Noël Coypel, Musée des Beaux-Arts de Rouen.

Prêtre rédemptoriste, il a enseigné au Centre international Lumen Vitae de Bruxelles et au Département de théologie de l'Université de Lorraine (CAEPR) de Metz[4].

Commentaire selon Jean (Jn 16, 5-11)

Le don de l'Esprit du Fils[5]

« Jésus fait don à ses disciples de cet Esprit dans lequel il est Fils et Seigneur : « Si je pars, je vous l'enverrai. » Or Jésus ne dit pas : « Je m'en vais, un autre viendra à ma place », mais « Je m'en vais et je viens à vous » (Jn 14, 28). L'Esprit ne vit pas aux côtés du Christ, que celui-ci enverrait dans le monde à la manière où le Père envoie son Fils ; Il est la vie du Ressuscité, il lui est intérieur, inséparable. Il n'est donc pas un bien dont le Christ ferait cadeau, il est son propre Esprit dont il vit et un lien qui l'unit à ses fidèles. Une flamme ne brûle pas indépendante de la matière enflammée ; le feu de sa filialité, le Christ le propage en se donnant : c'est en venant lui-même auprès des disciples qu'il répand son souffle sur eux (cf. Jn 20, 19-22).

Parce que l'eucharistie est le sacrement éminent du Christ donné à l’Église, elle est par excellence le sacrement du don de l'Esprit. La communion de l'Esprit Saint (2 Co 13, 13) est réalisée par communion au Christ. Quand deux êtres s'entr'aiment, ils partagent non seulement leurs biens mais leur richesse d'être, se donnant l'un à l'autre, s'enrichissant l'un de l'autre. Jésus donne l'Esprit dans lequel il est le Fils, en se donnant, en faisant du fidèle son propre corps ; l'Esprit se communique en filialisant le fidèle. Le Fils et l'Esprit sont inséparables aussi dans le don qu'ils font d'eux-mêmes. »

— François-Xavier Durrwell. Jésus Fils de Dieu dans l'Esprit Saint, Paris, Desclée, 1997, p. 125-126.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Gérard Reynal, Dictionnaire des théologiens et de la théologie chrétienne, Paris, Bayard / Centurion, (ISBN 222735528X), « Durrwell, François-Xavier », p. 153.
  • site Web du Prêtre et Religieux Rédemptoriste François-Xavier DURRWELL
  • Marcel Neusch, art. « François-Xavier Durrwell, théologien du mystère pascal », dans le journal La Croix du 13 avril 2006

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]