François-Joseph Westermann

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François-Joseph Westermann
François-Joseph Westermann
Physionotrace de Gilles-Louis Chrétien.

Surnom Le boucher de la Vendée[1]
Naissance
Molsheim
Décès (à 42 ans)
Paris
Origine Français, Alsacien
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Arme cavalerie
Grade Général de brigade
Années de service 17661794
Conflits Guerres de la Révolution
Guerre de Vendée
Faits d'armes Prise des Tuileries
Bataille de Parthenay
Bataille de Moulin-aux-Chèvres
Bataille de Châtillon
Bataille de Cholet
Virée de Galerne
Bataille d'Entrammes
Bataille du Mans
Bataille de Savenay

François-Joseph Westermann, né le à Molsheim (Alsace), guillotiné le à Paris, est un général de brigade de la Révolution française, resté célèbre pour les atrocités qu'il commit lors des guerres de Vendée.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'origine incertaine, sa date de naissance varie entre 1751 et 1765 selon les sources. Il est fils d'un procureur, petit-fils de Jacobée Westermann, fournisseur de l'armée en chevaux.

Il s'engage dans un régiment de cavalerie, qu’il quitte peu après en 1773 pour la gendarmerie. Il est sans emploi lorsque débute la Révolution dont il embrasse la cause en venant à Paris en 1789, puis en fréquentant les Jacobins d'Alsace, qui le font nommer en 1790 greffier de la municipalité de Haguenau.

De retour à Paris, il prend part à la Journée du 10 août 1792 en prenant la tête de la garde-nationale du Faubourg-Saint-Antoine, et est le premier à forcer l'entrée aux Tuileries en plaçant des canons devant toutes les portes, puis en massacrant les gardes suisses. Il est nommé adjudant-général par le Conseil exécutif dont le chef était Danton qui l'envoie, après les massacres de septembre, en mission secrète auprès de Dumouriez à l’armée du Nord. Arrêté après la trahison de celui-ci, il vient protester devant la Convention et est relaxé le 4 mai 1793.

Nommé général de brigade le (26 floréal de l'an I), il est aussitôt affecté comme commandant en chef de l’armée des côtes de La Rochelle. Le (30 prairial de l'an I) pourtant, c’est Marat qui, à la Convention nationale, le dénonce comme « agent de Dumouriez » et pour « ses exactions en Belgique, pour soulever les Belges contre nos armées et anéantir leur réunion », dira-t-il.

En Vendée, il se montre implacable et pratique une politique de terreur à l'égard des contre-révolutionnaires. Le (2 messidor de l'an I), avec 4 000 hommes, il prend d'assaut Parthenay, que défendait Lescure avec 5 000 Vendéens. Il réussit de même le (15 messidor de l'an I) à prendre Châtillon, après la bataille du Moulin aux chèvres[2]. Il participe aussi, avec des fortunes diverses[3], aux combats de Châtillon le (17 vendémiaire de l'an II), d'Entrammes le (4 brumaire de l'an II), d'Antrain le (28 brumaire de l'an II), de La Flèche le (18 frimaire de l'an II)et du Mans le (22 frimaire de l'an II). Après la bataille de Savenay, du (3 nivôse de l'an II), il aurait écrit une lettre contenant le passage suivant, resté célèbre :

« Il n’y a plus de Vendée, citoyens républicains. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay. Suivant les ordres que vous m'aviez donnés, j’ai écrasé les enfants sous les sabots des chevaux, massacré les femmes, qui, au moins pour celles-là n'enfanteront plus de Brigands. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J'ai tout exterminé[4],[5]. »

L'authenticité de cette citation est cependant mise en doute par l'historien Alain Gérard, qui attribue l'invention de ce passage à l'historien légitimiste Jacques Crétineau-Joly[A 1].

Rappelé ensuite à Paris, et traduit devant le Tribunal révolutionnaire, il est condamné à mort et guillotiné le même jour que les dantonistes.

Lors de son procès, Danton nie être lié à Westermann : « On me parle aussi de Westermann, mais je n’ai rien eu de commun avec lui ; je sais qu’à la journée du 10 août, Westermann sortit des Tuileries, tout couvert du sang des royalistes, et moi je disais qu’avec 17 000 hommes, disposés comme j’en aurais donné le plan, on aurait pu sauver la patrie[7]. »

Une rue à Pantin ainsi qu'un bateau de croisière sur le Rhin portent le nom de celui qui fut surnommé « le boucher de la Vendée ». Une rue portant son nom à Paris a disparu pour laisser place à l'actuel square du Docteur-Grancher.

Écrit[modifier | modifier le code]

  • Général de brigade Westermann, Campagne de la Vendée, Paris, De l'imprimerie, rue du Théâtre-Français, , 42 p. (lire en ligne)

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Sauf erreur, le premier à donner ce texte est l'historien légitimiste Jacques Crétineau-Joly, qui non seulement ne cite pas ses sources mais qui, selon la mode du temps, ne s'embarrasse pas d'en inventer, pourvu qu'elles fassent vrai. Cet écrivain profond autant que partisan, et qui a le sens de la formule, serait donc jusqu'à preuve du contraire l'auteur de la fameuse déclaration de Westermann. Sans parler de ceux qui, y compris récemment, vont jusqu'à lui attribuer une cote d'archives — introuvable —, il est piquant de constater combien ont été abusés par un texte plus vrai que nature, comme si l'ensauvagement des révolutionnaires allait désormais de soi[6]. »

    — Alain Gérard

Références[modifier | modifier le code]

  1. Émile Gabory, Les Guerres de Vendée, Robert Laffont, 1912-1931 (réimpr. 2009), p. 317.
  2. L'Histoire, no 377, juin 2012, p. 44.
  3. Georges Six, Dictionnaire biographique des généraux et amiraux français de la Révolution et de l'Empire, t. II, Paris, Georges Saffroy, (lire en ligne), p. 569
  4. Jacques Crétineau-Joly, Histoire de la Vendée militaire, t. II, H. Plon, (lire en ligne), p. 4
  5. « La Virée de Galerne », Historia , no 768,‎ , p. 59
  6. Gérard 2013, p. 563.
  7. La Patrie en danger (Danton).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]