Frères Zemour

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Les frères Zemour, surnommés les « Z » par le Milieu, sont cinq frères d'une famille juive d'Algérie originaire de Sétif :

  • Roland Zemour (né en 1925, mort à Paris en 1947),
  • Théodore Zemour (né en 1927),
  • William Zemour (né en 1930, mort le 28 février 1975),
  • Gilbert Zemour (né en 1935, mort à Paris le 28 juillet 1983),
  • Edgar Zemour (né en 1937, mort à Miami le 8 avril 1983).

Leur carrière criminelle a défrayé la chronique durant les années 1970.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

À l'origine, les frères Zemour se destinaient au négoce de vin. L'aîné, Roland, s'installe à Paris en 1945. Proxénète, il est tué en 1947. Les quatre autres débarquent clandestinement en 1955 et décident de venger leur frère. Le cadet Théodore prend alors ses distances avec ses trois autres frères. William dit Zaoui était le chef du clan. Gilbert, dit Petit Gilbert, était organisé et dur en affaires. Quant à Edgar, il était le fou furieux de la famille qui aimait les femmes, l'argent et l'ambiance de voyoucratie du « milieu »[1].

Carrières criminelles[modifier | modifier le code]

Les frères Zemour se lancent dans l'escroquerie et font se prostituer quelques femmes pour le compte des Atlan, maîtres incontestés de la communauté pied-noir dans le 9e arrondissement. Mais peu à peu, ils se détachent de leur houlette pour se lancer indépendamment dans un trafic de femmes en partance pour les eros-centers allemands. De plus, des pieds-noirs arrivant d'Algérie, et pour la plupart truands, se rangent du côté des Zemour, valeur montante du IXe. Les clans Perret et Atlan sont, eux, en fin de parcours, mais leur présence gêne la progression de la fratrie. Ils décident alors d'abattre Simon Atlan et font courir le bruit que ce sont les Perret qui ont fait le coup. La contre-attaque ne se fait pas attendre. Ils s'éliminent mutuellement. À la fin les Perret, vieillissants, préfèrent déménager dans l'Ouest. Les Zemour deviennent, de fait, les nouveaux rois du Faubourg-Montmartre, y rackettant notamment ses commerçants juifs[2].

Ils contrôlent le « milieu » parisien du proxénétisme avec les hôtels de passe, bars à prostituées et cabarets. Avec les bénéfices du proxénétisme, ils investissent dans l'immobilier à Paris et dans un Eros-center à Francfort.

En 1967, ils tentent une incursion dans le monde du jeu tenu alors par les Corses en s'associant à Marcel Francisci. Ce dernier refuse. Une guerre d'intérêts se déclenche, avec pour résultats six morts. L'idée est abandonnée. Malgré tout cela, William tend à mener une vie rangée tout en dirigeant le clan. Edgar assume complètement son image de voyou en s'y complaisant. Gilbert, quant à lui, marié et deux enfants, est à la recherche d'honorabilité. Il investit dans des affaires légales — un restaurant — et possède des intérêts dans trois night-clubs parisiens. Puis, il décide de s'expatrier au Canada et de monter une compagnie immobilière : la fortune est au rendez-vous[1].

En 1970, Roger Bacri dit « petit Roger », membre du clan, veut se lancer dans le trafic de drogue avec les Z, en pleine période du trafic de la French Connection. Ces derniers refusent. « Petit Roger » fait sécession et monte sa propre filière, mais elle est démantelée par la police. Les Zemour refusent de le réintégrer. Il se tourne alors vers des truands lyonnais, et leur association se fait appeler le « Gang des Siciliens ». Une guerre des gangs se déclenche, entre les Zemour et eux, qui fera près de trente morts. Elle s'étalera jusqu'à la fin des années 1970.

Parallèlement, les affaires commencent à péricliter. Gilbert perd ses établissements parisiens et une partie de sa fortune au Canada. Edgar, quant à lui, perd les établissements de prostitution dont il avait la gestion. En 1975, après la mort de William, Edgar s'exile à Miami. Il monte un restaurant qui fait faillite. Il y met alors le feu pour récupérer la police d'assurance. En 1981, de retour à Paris, il tente de récupérer un million de francs que lui devrait Marcel Francisci. Il le menace et ce dernier est abattu dans son parking, le 15 janvier 1982. Edgar est innocenté de ce meurtre et repart pour Miami[2].

Fin[modifier | modifier le code]

William est finalement tué par la police lors d'une rencontre dans un bar (le Thélème) avec le gang des Siciliens durant la guerre qui les opposait, le 28 février 1975[3]. Outre William, son garde du corps Joseph Elbaz est également tué, tandis qu'un policier a pris une balle à quelques centimètres du cœur. Les frères de William connaîtront également une fin tragique : Edgar est abattu le 8 avril 1983 par un inconnu au fusil à lunette à une distance de quatre cents mètres dans sa villa de Miami, où il réside avec son fils Michael ; Gilbert est abattu dans Paris, devant son domicile de l'avenue de Ségur, en promenant ses chiens le 28 juillet de la même année[4].

Il se pourrait que ce soit Gilbert le Libanais qui ait abattu Edgar Zemour pour le compte de Paul Mondoloni, lui-même ami de Marcel Francisci[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Robert Broussard, « Les frères Zemour », émission L'heure du crime sur RTL, 12 avril 2012
  2. a et b Frédéric Ploquin, Le Sang des caïds : les règlements de comptes dans l'oeil de la PJ, Paris, Fayard, , 539 p. (ISBN 978-2-213-63468-5)
  3. Cette affaire aura un grand retentissement : non seulement le commissaire Broussard et ses hommes, en intervenant, ont déclenché une fusillade entre eux et les membres du clan Zemour, au risque de tuer des consommateurs, mais en plus, dans le feu de l'action, deux avocats algérois présents par hasard sont fortement molestés et porteront plainte contre la police.
  4. Brendan Kemmet, « La fusillade du Thélème », sur leparisien.fr,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marcel Leclerc, De l'antigang à la criminelle : un grand flic ouvre ses dossiers, Paris, Plon, 2000, 417 p. 16 p. de pl. (ISBN 2-259-18005-1).
  • Roger Le Taillanter, Les derniers seigneurs de la pègre, Paris, Julliard, 1985, 440 p. (ISBN 2-260-00448-2).

Filmographie[modifier | modifier le code]

Les frères Zemour ont inspiré le cinéma :

Articles connexes[modifier | modifier le code]