Frères Muller

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Müller.

Les frères Muller, fondateurs de la verrerie Muller Frères, étaient des verriers d'art de l'époque Art nouveau. La famille comprenait neuf membres de talent dont Eugène Muller (1883-1917), Désiré Muller (1877-1952) et Henri Muller.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vase Les baies, Musée des beaux arts, Petit palais, Paris

La famille Muller, originaire de Kalhausen (Moselle), s'est installée à Lunéville en 1870[1]. Trois des frères, Henri, Désiré et Eugène ont été recrutés par Emile Gallé comme commis ou graveurs-décorateurs sur verre [2].

Mais, en 1897, Henri Muller quittera Emile Gallé, emportant avec lui de nombreux secrets[2] . Il créa son propre atelier de décoration de verre à Lunéville où il fut rejoint par ses autres frères, sa sœur et son père. Sa production était en concurrence directe avec celle de Gallé. Emile Gallé gardera contre les Muller une rancune tenace, il écrira "Le misérable qui mène la bande a dû prendre dans mes livres une masse de notes et de même mes recettes, pourtant sous clef".[3]

Les verres sont alors soufflés à Croismare, dans la gobeleterie Hinzelin, puis décoré à Lunéville. Une deuxième verrerie fut établie a Lunéville même en 1910, les deux manufactures se spécialisèrent dans la verrerie d'art. De nombreuses pièces en sortiront, de belle qualité technique et très proches de celles produites dans l'usine de Gallé à Nancy : vases, lampes et bibelots typiquement Art nouveau. La production est souvent en verre multicouche, taillée à la roue ou gravée à l'acide avec des représentations naturalistes. Les plus belles pièces sont terminées par polissage au feu afin de leur donner une belle brillance[4].

Leur société va devenir prospère et l'usine emploiera jusqu'à 300 personnes. La production évoluera, par la suite vers le style Art déco, créant, dans les années 1920, de nombreux plafonniers en verre marmoréen (verre de plusieurs couleurs, les pigments étant incorporés) ou des pièces en verre moulé, les montures étant en laiton, bronze ou fer forgé.

Suite à la grande crise, l'usine fermera en 1936[1].

Signatures[modifier | modifier le code]

Les pièces sont signées de plusieurs façons :

- Muller Croismare, pour les pièces produites dans la verrerie Hinzelin (avant 1914)

- Muller Frères Lunéville (à partir de 1919)

- Muller Fres, Muller Fres Lunéville (des pièces authentiques portent bien cette signature, mais la raison de cette variante n'est pas connue)

Les lustres signés :

- GV de Croismare ( signifiant "grande verrerie de Croismare") correspondent à des pièces également produites par les frères Muller, vraisemblablement dans les années 1910-1920.

Il convient d'être vigilant car depuis une vingtaine d'année, de nombreuses contrefaçons circulent sur le marché, reprenant plus ou moins les véritables signatures[5].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Larousse, dictionnaire des antiquités, Jean Bedel, 1999
  2. a et b "François Le Tacon", l'œuvre de verre d'Emile Gallé, éditions Messene, Jean de Cousance Editeur, Avril 1998
  3. lettre d' Emile Gallé, 3 juillet 1899, citée par Françoise Charpentier en 1994
  4. Judith Miller, L'art Nouveau, Gründ, septembre 2005
  5. La triste saga des Muller, Aladin Hors série, Le faux, Mars 2007