Frères Muller

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Les frères Muller, fondateurs de la verrerie Muller Frères, sont des verriers d'art français de l'époque Art nouveau. La famille comprend neuf membres de talent, dont Eugène Muller (1883-1917), Désiré Muller (1877-1952) et Henri Muller.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vase Les Baies, Paris, Petit Palais.

La famille Muller, originaire de Kalhausen (Moselle), s'installe à Lunéville en 1870[1]. Trois des frères, Henri, Désiré et Eugène Muller sont recrutés par Émile Gallé en tant que commis ou graveurs-décorateurs sur verre [2].

Mais, en 1897, Henri Muller quitte Émile Gallé, emportant avec lui de nombreux secrets[2]. Il crée son propre atelier de décoration de verre à Lunéville où il est rejoint par ses autres frères, sa sœur et son père. Sa production est en concurrence directe avec celle de Gallé. Émile Gallé garde contre les Muller une rancune tenace, il écrit quelques années avant sa mort (1904) : « Le misérable qui mène la bande a dû prendre dans mes livres une masse de notes et de même mes recettes, pourtant sous clef. »[3]

À l'époque, les verres sont soufflés à Croismare, dans la gobeleterie Hinzelin, puis décorés à Lunéville. Une deuxième verrerie est établie à Lunéville même en 1910. Les deux manufactures se spécialisent dans la verrerie d'art. De nombreuses pièces en sortent, de belle qualité technique et très proches de celles produites dans l'usine de Gallé à Nancy : vases, lampes et bibelots typiquement Art nouveau.

La production est le plus souvent en verre multicouche, taillée à la roue ou gravée à l'acide avec des représentations naturalistes. Les plus belles pièces sont terminées par polissage au feu afin de leur donner une belle brillance[4].

La société Muller devient prospère et l'usine emploie jusqu'à trois cents personnes. La production évolue par la suite vers le style Art déco, créant dans les années 1920 de nombreux plafonniers en verre marmoréen (verre de plusieurs couleurs, les pigments étant incorporés) ou des pièces en verre moulé, les montures étant en laiton, bronze ou fer forgé.

À la suite de la grande crise, l'usine ferme en 1936[1].

Signatures[modifier | modifier le code]

Les pièces sont signées de plusieurs façons :

  • « Muller Croismare », pour les pièces produites dans la verrerie Hinzelin (avant 1914) ;
  • « Muller Frères Lunéville » (à partir de 1919) ;
  • « Muller Fres », « Muller Fres Lunéville » (des pièces authentiques portent bien cette signature, mais la raison de cette variante n'est pas connue).

Les lustres signés « GV de Croismare » (signifiant « grande verrerie de Croismare ») correspondent à des pièces également produites par les frères Muller, vraisemblablement dans les années 1910-1920.

Il convient d'être vigilant car depuis une vingtaine d'années[Depuis quand ?], de nombreuses contrefaçons circulent sur le marché, reprenant plus ou moins les véritables signatures[5],[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Larousse, dictionnaire des antiquités, Jean Bedel, 1999
  2. a et b François Le Tacon, L'œuvre de verre d'Émile Gallé, Éditions Messene, Jean de Cousance éditeur, 1998.
  3. lettre d'Émile Gallé, 3 juillet 1899, citée par Françoise Charpentier[réf. nécessaire] en 1994.
  4. Judith Miller, L'art Nouveau, Gründ, 2005.
  5. « La triste saga des Muller », Aladin, Hors série, Le faux, mars 2007.
  6. Muller Frères - signatures.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]