Fairmined

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Travailleurs gravissant comme des fourmis humaines les escaliers de la mine de Serra Pelada, une mine où les conditions de travail en 1983 étaient particulièrement dures
Pépite d'or issue de la mine de Serra Pelada

Fairmined est une démarche de certification du secteur aurifère, introduite dans les années 2000 par Fairtrade Labelling Organizations (FLO), une association mettant en réseau les initiatives de commerce équitable, et par l’Alliance pour une exploitation minière responsable (en anglais, Alliance for Responsible Mining ou ARM). Elle vise à garantir des pratiques plus respectueuses de l’environnement dans l’exploitation des mines d’or, et à garantir la responsabilité sociale des entreprises concernées. Elle vise également à placer l’ensemble de la filière concernée par l’utilisation du métal précieux, de la mine d’or à la vitrine d’exposition, dans une logique de commerce équitable.

Objectif[modifier | modifier le code]

L’or est depuis des siècles une matière associée à la richesse, aux triomphes, au glamour et au romantisme. L’activité minière aurifère s'est fortement développée à partir du XIXe siècle avec ce qu'on a appelé les ruées vers l'or dans les zones aurifères. Des techniques nouvelles ont permis d’améliorer l’efficacité de l’exploitation des filons d’or, introduisant en particulier l’utilisation du cyanure, ou du mercure. Mais l’image de l’exploitation minière aurifère a été également ternie par des pratiques illégales autour de cette activité, par les pollutions aux métaux lourds, par l’impact écologique sur les zones d’extraction, et par des pratiques sociales peu scrupuleuses des hommes et femmes[1].

Dans les années 1980, un de ses reportages les plus connus du photographe franco-brésilien Sebastião Salgado, intitulé La Mine d'or de Serra Pelada, frappe les esprits en montrant le quotidien dans une mine d’or, en Amazonie, où les travailleurs, hommes ou femmes, creusent dans la boue pour extraire le métal précieux. D’autres enquêtes et documentaires ont mis en exergue des conditions d’extraction de l’or, qui ont peu évolué depuis le XIXe siècle[2],[3],[4].

La démarche Fairmined est une initiative visant à apporter une certification développement durable aux sites artisanaux d’exploitation minière aurifère, et à appliquer les principes du commerce équitable à la filière de transformation et de commercialisation de ce minerai : prix juste et rémunérateurs pour les producteurs, partenariat commercial sur la durée, renforcement des compétences organisationnelles et techniques des sociétés minières artisanales, respect des conventions de l’Organisation internationale du travail, en particulier sur les conditions de travail, la santé,la sécurité des travailleurs, ou encore sur le travail des enfants[1],[5]. La conformité aux exigences de la certification est vérifiée régulièrement par des audits effectués par des organismes tiers[6],[7].

Cette démarche introduit également une traçabilité, de la mine d’extraction jusqu’à la vitrine d’exposition, un sujet complexe pour l’or, qui peut être purifié,fondu, amalgamé[8].

Historique[modifier | modifier le code]

La certification Fairmined est une initiative conjointe de Fairtrade Labelling Organizations (FLO), une association mettant en réseau les initiatives de commerce équitable, et de l’Alliance pour une exploitation minière responsable (en anglais, Alliance for Responsible Mining ou ARM), une organisation à but non-lucratif créée en 2004[1]. Une première version des standards et des normes environnementales et sociales, sur lesquels s’appuie la certification Fairmined, est publiée en 2009. En avril 2014, la version 2.0 du standard Fairmined est rendue publique. Dans les années 2010, des créateurs de bijoux et des maisons de joaillerie, comme Chopard en Suisse, ou JEM (Jewellery Ethically Minded) en France, effectuent le choix de l’or certifié Fairmined, pour une partie de leurs collections ou la totalité[9],[10],[11].

Durant cette même décennie, des objets particulièrement symboliques commencent à être produits avec de l’or certifié Fairmined, tels que la Palme d’or du Festival de Cannes, depuis 2013[12],[13],[14], le trophée du prix Nobel de la Paix depuis 2015[15], les Lauriers olympiques remis lors de la cérémonie d’ouverture des jeux olympiques d’été depuis les jeux de Rio en 2016[16], ou encore une partie de la production de la Monnaie de Paris depuis 2018[7],[13],[17].

Les limites de la démarche[modifier | modifier le code]

La démarche est encore embryonnaire : en 2017, huit sociétés minières artisanales de taille réduite sont certifiées Fairmined et environ 500 kg d’or certifié sont produits[5].

La démarche de certification Fairmined est une démarche volontaire des exploitants miniers et de quelques acteurs de la filière. L'industrie minière mondiale prend progressivement conscience de la nécessité d'aborder les questions de développement durable, mais les objectifs court terme l’emportent bien souvent sur une logique de responsabilité sociale. L’existence de la certification Fairmined est une étape qui donne à toute une profession une cible ambitieuse. Pour autant, un cadre réglementaire international plus contraignant est jugé également nécessaire[18].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) Kate Carter, « Fairtrade hallmark sets the gold standard », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  2. « La mine d’or de Serra Palada, Etat de Para, Brésil », sur le site du Centre Pompidou
  3. Jean-Jacques Sévilla, « La fièvre de l'or remonte à Serra Pelada, Brésil », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. Anita Rind, « L'or et ses esclaves », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  5. a et b « Extraire de l’or de manière propre ? C’est l’objectif d’un nouveau label éthique », Mr Mondialisation,‎ (lire en ligne)
  6. Léopoldine des Guerrots et Achille Bourgois, « Au Pérou, Fairmined agit pour "un or dont on peut être fier !" », Socialder,‎ (lire en ligne)
  7. a et b Franck Stassi, « La Monnaie de Paris lance une pièce en or équitable Fairmined », L’Usine nouvelle,‎ (lire en ligne)
  8. Rosie Spinks, « Can consumer power make space for small miners in the jewellery supply chain? », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  9. (en) Alex Doak, « Ethical gold: Chopard wants to start a ‘Fairmined’ revolution », The Financial Times,‎ (lire en ligne)
  10. « Portraits de cinq créateurs qui dynamisent la joaillerie française. Dorothée Contour : l’or éthique de JEM », Le Figaro,‎ , p. 36 (lire en ligne)
  11. (en) « From Sustainable Luxury to Luxurious Sustainability », HuffPost,‎ (lire en ligne)
  12. « Festival de Cannes 2016: la Palme d'or, 118 grammes d'or éthique », RTBF,‎ (lire en ligne)
  13. a et b Laurence Girard, « Matières premières : l’or éthique, en toc ? », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  14. AFP, « La Palme d'or, du désert d'Atacama au tapis rouge de Cannes », Le Point,‎ (lire en ligne)
  15. « De l'or équitable pour le prix Nobel de la paix », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  16. « Nouveaux lauriers olympiques en or Fairmined »,
  17. « A la Monnaie de Paris, une première pièce en or équitable "Fairmined" », L’info durable,‎ (lire en ligne)
  18. (en) Matt Kennard, « How Sustainable is Socially Responsible Mining? », The Nation,‎ (lire en ligne)