Félicité de Rome

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Félicité avec les têtes de ses sept fils, Hartmann Schedel, Chronique de Nuremberg (1493).
Décapitation de Félicité et de ses fils. Gravure de Jan Luyken, XVIIe siècle.
Francesco Coghetti (it), Martyre de Sainte Félicité et de ses sept enfants, Église paroissiale de Ranica, Bergame.
Neri di Bicci, Sante Félicité et ses sept fils, avec prédelle. Église Santa Felicita (Florence).
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Sainte Félicité de Rome est une veuve romaine, martyre avec ses sept fils au début durègne de Marc Aurèle, entre 161 et 166. Sa fête est célébrée le 23 novembre[1],[2] en Occident et le 25 janvier en Orient. La fête de ses sept fils est célébrée, quant à elle, le 10 juillet en Occident et en Orient[1]. La tradition a conservé les noms de ses sept fils : Janvier, Félix, Philippe, Sylvain, Alexandre, Vital et Martial. Dans la célébration liturgique, Félicité est une sainte dite de "quatrième catégorie" (culte restreint à certaines Églises locales, dont notamment l'Église de Rome, de manière perpétuelle, ce qui confère à son culte un durable prestige. Félicité a été ensevelie dans une catacombe de la Via Salaria. Peu de temps après, des basiliques antiques furent érigées en son honneur[1].


Tradition[modifier | modifier le code]

Après le récit biblique du martyre d'une mère juive et de ses sept garçons, fidèles à la foi juive jusqu'à la mort, qu'ils subirent sur l'ordre d'Antiochus Épiphane, à Antioche, au IIe siècle av. J.-C., martyre collectif relaté dans le Second livre des Maccabées (ch. 7, vv. 1-41), le martyrologeromain "s'enrichit" d'un cas similaire, cette fois auIIe siècle de notre ère. Le Chronographe de 354 mentionne Félicité comme la mère des sept frères martyrs[3].

Le règne de Marc-Aurèle verra également couler le sang de Justin, à la même époque, sans doute en 165.

Selon l'historien Léon Homo (spécialiste de l'Empire romain et le défenseur rigoureux de la multiplicité des auteurs de l'Histoire Auguste), « Félicité, femme de haute naissance, restée veuve avec ses sept fils, pratiquait avec ferveur la religion nouvelle [la foi chrétienne]. En 162, les pontifes [de la religion païenne romaine] la dénoncent ; l'empereur ordonne au préfet de la Ville, un certain Publius de la faire comparaître et d'exiger d'elle, ainsi que de ses fils, le sacrifice aux dieux. Félicité se présente au tribunal du préfet; promesses et menaces ne peuvent avoir raison de sa fermeté. Le lendemain, le préfet va siéger au Forum d'Auguste. Il se fait amener de nouveau Félicité, mais cette fois accompagnée de ses set fils. Même refus de sacrifier. Le préfet se retourne alors vers les fils __ Janvier, Félix, Philippe, Sylvain, Alexandre, Vital et Martial __ et leur adresse successivement une sommation identique. Tous, comme leur mère, répondent par un refus formel. Le préfet les congédie et rend compte à l'empereur. Celui-ci les renvoie devant divers tribunaux, qui les condamnent tous à mort. Le premier expire, frappé de coups d'un fouet garni de plomb ; le second et le troisième sons bastonnés à mort ; le quatrième est précipité ; les trois derniers ainsi que la mère sont décapités. Ils sont inhumés dans des lieux différents : Félix et Philippe, dans la catacombe de Priscille, sur la Voie Nomentana ; Alexandre, Vital et Martial, dans le cimetière Maximus, qui prendra plus tard le nom de Félicité, sur la même voie ; Janvier, enfin, dans le cimetière de Prétextat, sur la Voie Appienne. La crypte qui contenait le corps de ce dernier, déposé dans un sarcophage de marbre, a été découvert en 1863, ainsi qu'une inscription en l'honneur du martyr, apposée, à la fin du IVe siècle, par les soins du pape Damase. »[4]

Reliques[modifier | modifier le code]

Des reliques de Félicité se trouvent à Rome, dans l'église Église San Marcello al Corso à Rome, dans l'abbaye de Werden où ils ont été apportés par Ludger de Münster encore avant l'an 800, depuis le IXe siècle à Vreden, dans le district de Münster, un bras reliquaire à Münster même, et aussi à Beaulieu-sur-Dordogne[1].

Attributs[modifier | modifier le code]

Félicité est, dans l'Église catholique, la protectrice des femmes et des mères ainsi que de leur fertilité. Ses attributs iconographiques sont l'épée, la palme de martyre, et est souvent représentée entourée de ses fils ou portant leurs têtes daans ses bras.

Églises[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Heiligenlexikon.
  2. Nominis.
  3. Charles G. Herbermann, The Catholic Encyclopedia, New York, Robert Appleton Company, 1907-1912 (lire en ligne), « St. Felicitas ».
  4. Léon Homo, De la Rome païenne à la Rome chrétienne, p. 136-137, éd. Robert Laffont, 1950, Paris.
  5. Notice no PA00114751, base Mérimée, ministère français de la Culture

Sources[modifier | modifier le code]