Eugène Dupréel

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Eugène Dupréel
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Eugène Dupréel (né à Malines le , mort à Ixelles le ) est un philosophe et sociologue belge. Il a enseigné à l’Université libre de Bruxelles de 1907 à 1950. Chef de file de l'« École de Bruxelles[1] » et membre de l’Académie royale de Belgique, il est considéré comme l’un des « plus éminents philosophes belges de la première moitié du XXe siècle[2] ».

Parcours intellectuel[modifier | modifier le code]

Dupréel fait d’abord des études en histoire à l’Université libre de Bruxelles (ULB). Il y soutient une thèse dirigée par Léon Vanderkindere et publiée sous le titre Histoire critique de Godefroid le barbu, duc de Lotharingie, marquis de Toscane (Uccle, Wauters, 1904)[3].

Il abandonne aussitôt l’histoire pour la philosophie, attiré par l’enseignement de René Berthelot (1872-1960). Le jeune philosophe français, tout juste installé à Bruxelles, propose une « philosophie de la relation » inspirée de Platon et de Hegel. Berthelot exercera une profonde influence sur la pensée de Dupréel. C’est sous sa direction que celui-ci soutient en 1906 une thèse consacrée à Aristote, Kant et Renouvier, intitulée Essai sur les catégories (publiée la même année chez Lamertin, à Bruxelles)[4].

Dupréel commence à enseigner à l’ULB dès 1907, et devient professeur ordinaire en 1914. Il enseigne principalement l’histoire de la philosophie grecque, la métaphysique, la philosophie morale et la sociologie générale[5].

La sociologie est l’autre grande influence de son œuvre. Dupréel collabore étroitement aux activités de l’Institut de sociologie Solvay de l’Université libre de Bruxelles, fondé quelques années plus tôt par l’industriel Ernest Solvay et animé par Émile Waxweiler[6]. C’est ainsi que l’objet de sa réflexion passe graduellement « d’une logique générale de la relation à une philosophie du rapport social[7] ». Il esquisse alors une théorie sociologique de la connaissance[8] et consacre une bonne part de ses recherches à l’histoire de la morale[9].

Dupréel est élu correspondant de l’Académie royale de Belgique en 1927, puis membre titulaire en 1939. Il sera également élu correspondant de l’Institut de France (Académie des sciences morales et politiques) en 1936, puis membre associé en 1958. Il aura fait toute sa carrière à l’ULB, où il accède à l’honorariat en 1949[10].

Postérité[modifier | modifier le code]

Dupréel a exercé une influence majeure sur la pensée de son élève Chaïm Perelman, philosophe et logicien belge, fondateur de la Nouvelle Rhétorique, qui a décrit Dupréel comme un « brillant professeur, initiateur incomparable à la pensée philosophique ayant captivé de nombreuses générations d’auditeurs[11] ». Perelman a mis à profit certaines de ses idées maîtresses, comme sa théorie des notions confuses[12], sa critique du rationalisme philosophique[13] et la notion de raisonnable, opposée à celle du rationnel[14].

Principaux ouvrages[modifier | modifier le code]

(Pour une bibliographie complète, se reporter à la « Notice sur Eugène Dupréel » de Chaïm Perelman, 1980, p. 71-84)

  • Le rapport social : Essai sur l’objet et la méthode de la sociologie, Paris, Alcan, 1912.
  • Traité de morale, 2 vol., Bruxelles, Éditions de la Revue de l’Université, 1932.
  • Esquisse d’une philosophie des valeurs, Paris, Alcan, 1939.
  • Sociologie générale, Paris, Presses universitaires de France, 1948.
  • Essais pluralistes, recueil d’articles, Paris, Presses universitaires de France, 1949.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Chaïm Perelman, « Notice sur Eugène Dupréel », 1980, p. 70.
  2. Jean Paumen, « Dupréel », 1979, p. 252; voir aussi Marcel Barzin, « Discours liminaire », 1968, p. 25.
  3. Jean Paumen, « Dupréel », 1979, p. 253.
  4. Jean Paumen, « Dupréel », 1979, p. 253-255.
  5. Jean Paumen, « Dupréel », 1979, p. 251.
  6. Chaïm Perelman, « À propos d’Eugène Dupréel », 1968, p. 227-228.
  7. Jean Paumen, « Dupréel », 1979, p. 256.
  8. Cf. par exemple « Sur les rapports de la logique et de la sociologie, ou théorie des idées confuses », Atti des IVo Congresso internazionale di Filosofia, vol. III, Bologne, 1911, et « La sociologie et les problèmes de la connaissance », Revue de l’Institut de Sociologie, 1925; voir aussi Chaïm Perelman, « Fragments pour la théorie de la connaissance de M. E. Dupréel », Dialectica, vol. I, 1947, p. 354-366, et vol. II, 1948, p. 63-77.
  9. Cf. le Traité de morale, 1932, et l’Esquisse d’une philosophie des valeurs, 1939.
  10. Jean Paumen, « Dupréel », 1979, p. 251-252.
  11. Perelman, « Notice sur Eugène Dupréel », 1980, p. 64.
  12. Cf. « Les notions et l’argumentation » (avec Lucie Olbrechts-Tyteca), dans Rhétoriques, Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, 1989 (1955), p. 123-150, et « L’usage et l’abus des notions confuses », dans Éthique et droit, Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, 1990 (1978), p. 803-818.
  13. Cf. « Philosophies premières et philosophie régressive », dans Rhétoriques, Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, 1989 (1949).
  14. Cf. Le raisonnable et le déraisonnable en droit, Paris, Librairie générale de droit et de jurisprudence, 1984.