Ernesto García Cabral

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cabral.
Ernesto García Cabral
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 77 ans)
Nationalité
Activité
Formation

Ernesto « El Chango » García Cabral (né le 18 décembre 1890 à Huatusco, Veracruz - décédé le 8 août 1968) est un caricaturiste, muraliste et illustrateur de livres d'alphabétisation mexicain. On estime que l'ensemble de son œuvre avoisine les 25 000 documents (dessins, caricatures, affiches, publicités) dont plus de 10 000 ont déjà été catalogués[1]. García Cabral a également été dresseur de colibris, sportif de haut niveau en lutte gréco-romaine (2° national)[2], danseur de tango et acteur de films muets.

Biographie[modifier | modifier le code]

Débuts précoces[modifier | modifier le code]

Ernesto García Cabral est né à Huatusco, dont il est sans doute aujourd'hui le plus fameux représentant, dans l'état de Veracruz. Ses plus vielles œuvres graphiques connues remontent à 1900, dans un vieux cahier de cours[1]. Grâce à ses talents précoces, García Cabral était déjà professeur de dessin dans son école à l'âge de 12 ans.

Études à San Carlos[modifier | modifier le code]

Le 13 décembre 1906, le chef du canton de Huatusco, Joaquín A. Castro, rédigea une lettre de recommandation au gouverneur de Veracruz, Teodoro A. Dehesa, lui demandant l'octroi d'une bourse d'études pour Ernesto. Le gouverneur accepta, permettant ainsi au jeune artiste d'entrer à l'Académie de San Carlos, école d'arts plastiques de l'Université nationale autonome du Mexique. Il y reçut notamment l'enseignement de Germán Gedovius, alors collaborateur du Mundo Ilustrado, et y découvrit le classicisme, ainsi que les courants étrangers par le biais de revues importées. Un de ses premiers emplois officiels fut pour La Tarántula, dirigée par Fortunato Herrerías, qui deviendra l'un de ses meilleurs amis.

La révolution mexicaine[modifier | modifier le code]

Le 18 novembre 1910, Herrerías fut témoin oculaire à Puebla de l'attaque brutale de l'armée à la résidence des frères Serdán[3]. Herrerías communiqua les faits à García Cabral par télégraphe et ce dernier publia dix vignettes qui seront les premières images connus de la révolution mexicaine[1].

García Cabral travailla pour La Risa, créée en juillet 1910, puis pour Multicolor, hebdomadaire anti-madériste créé en juillet 1911 par son ami Mario Vitoria. Malgré Porfirio Díaz en exil et Francisco Madero président, les caricaturistes ne se retinrent pas. Ils laissèrent libre cours à leur imagination pour critiquer violemment le nouveau président et son acolyte José María Pino Suárez. Tant et si bien qu'on attribue en partie à Vitoria et García Cabral la tombée en disgrâce populaire des deux hommes, exécutés finalement le 22 février 1913 sous les ordres de Victoriano Huerta. Peu de temps avant, Madero avait « invité » García Cabral à continuer ses études à Paris, avec une bourse conséquente. En 1913, Huerta, montrant peu de gratitude, retira la bourse à l'artiste, qui connut ensuite des années difficiles.

L'exil : Paris[modifier | modifier le code]

García Cabral travailla à Paris pour les parutions Le Rire, La balonette et La vie parisienne. L'exil fut une manne d'enseignements pour lui, qui découvrit la vie de bohème, la mode parisienne, la peinture à haut niveau, l'art nouveau et les prémisses de l'art déco.

L'exil : voyage en Argentine[modifier | modifier le code]

En 1915, infortuné et dans un contexte tendu de guerre, García Cabral voyagea à Madrid d'où il rejoint l'Argentine par le bateau à vapeur de l'Infante Isabelle de Bourbon. Il participa alors aux quotidiens La Nación, El Tiempo et El Mundial, et aux revues Caras y Caretas, I.G.B., Proteo et La Pluma, avec des interventions occasionnelles pour Revista Popular et Los Diez de Chile. Il développa à cette époque un style personnel, plus dramatique.

Retour au Mexique[modifier | modifier le code]

De retour au Mexique après plus de 5 ans d'exil, Ernesto García Cabral se fit connaître pour ses talents innovateurs. En sus des couvertures qu'il dessinait pour Revista de Revistas et du strip quotidien qu'il publiait dans Excélsior, García Cabral réinventa l'art nouveau et le récent art déco dans son pays. Il démarra alors véritablement une carrière prolifique de 50 années où il fit montre de nombreux talents.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

« El Chango » avait pour amis de grandes personnalités telles que Charles Lindbergh, Lénine, Enrico Caruso ou Walt Disney[1]. Il existe une photographie où l'on peut voir García Cabral donner un coup de pied au mythique interprète de Tarzan, Johnny Weissmuller[1].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Prix Ottmar Mergenthaler de la Presse Interaméricaine
  • Prix National des Arts Plastiques du Mexique

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (es) Ernesto El Chango García Cabral, una leyenda de la gráfica del siglo XX
  2. Ernesto García Cabral, La vida en un volado, Lunwerg Editores, 2005, p. 13.
  3. Aquiles Serdán, révolutionnaire initiateur de la révolte du 20 novembre, fut abattu à la demande du gouverneur de Puebla

Liens externes[modifier | modifier le code]