Edmond-Alfred Goupy

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Edmond-Alfred Goupy ou Goupil (, Mayenne - 19 mai 1920, Sèvres) est un écrivain et médecin français. Il est connu pour avoir mis au point l'uroscopie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Son père, Victor Goupil, hôtelier à Mayenne, fut conseiller municipal en 1848, capitaine de la Garde Nationale. Décédé en 1868, il est enterré civilement, ce qui provoqua la stupeur des autorités. Il a eu 4 fils : Léon Goupy, Edmond, Auguste et Victor. Edmond avait trois frères :

Franc-maçon[modifier | modifier le code]

Edmond Goupy était franc-maçon de Rite écossais rectifié[1], et sera plus tard Vénérable de la loge maçonnique L'Alliance fraternelle, et membre de la Loge La Justice.

Médecin[modifier | modifier le code]

Après des études de médecine, il s'engage comme chirurgien[2] lors de la Campagne d'Italie. Il revient comme docteur à Paris, et s'associe à un pharmacien du Quartier latin.

Il est connu pour avoir mis au point l'uroscopie. Il écrit dans de nombreuses revues médicales (Revue populaire de médecine et d'hygiène... 1869, L'Uroscopie... 1877-1888, La Santé, revue populaire de médecine et d'hygiène... 1880-1886, La Femme, ses fonctions et ses maladies, 1892-1905, L'Homme et ses maladies, La Lutte pour la vie... revue de vulgarisation médicale..., 1904).

Siège de Paris[modifier | modifier le code]

Durant le siège de Paris par les Allemands (septembre 1870-mars 1871), il est élu commandant du 115e bataillon de la Garde nationale du 6e arrondissement de Paris. Il participe à la défense de la capitale contre les Prussiens et est mêlé au insurrection du 31 octobre 1870, contre le Gouvernement de la Défense nationale[3].

Communards posant près des ruines de la colonne Vendôme. Fortuné Henry (portant un chapeau melon) est le 5e en partant de la droite.

Après la proclamation de la IIIe République en 1870, Fortuné Henry est délégué au Comité central républicain des Vingt arrondissements. C’est là qu’il rencontre le docteur Goupil qui devient son ami le plus fidèle.

Commune de Paris[modifier | modifier le code]

Il se présente vainement comme candidat socialiste révolutionnaire aux élections du 8 février 1871, pour l'Assemblée nationale. Il est élu aux Élections municipales du 26 mars 1871 à Paris au Conseil de la Commune par le 6e arrondissement[4]. Albert Ollivier le mentionne dans la liste des élus au Conseil de la Commune sous la rubrique Indépendants, sortis des Clubs rouges, en compagnie de Gustave Flourens et Jules Vallès.

Il siège à la commission de l'Enseignement (30 mars)[5], et est un des adjoints d'Eugène Varlin. Il démissionne[6] le 7 ou 11 avril, trouvant la Commune trop révolutionnaire[7]. Après la chute de la Commune, il se cache plus ou moins et tente de quitter la France en passant par Fontainebleau, Domfront, Saint-Pern et en essayant de s'embarquer à Granville.

Condamnation[modifier | modifier le code]

Revenu à Mayenne auprès de sa famille, il est arrêté à Mayenne le 7 décembre 1871[8] en raison de ses activités sous la Commune. Il est jugé au mois de février 1872 à 5 ans de prison[9]. Il est libéré en 1874, en obtenant une remise de peine. Charles Chincholle indique que le docteur Goupy aimait chanter à ses amis le rondeau La Cage aux Parisiens[10] qui évoquait pour lui les camarades qui avaient eu moins de chance que lui.

Toujours engagé politiquement, il est témoin de moralité[11] au procès d'assises d'Émile Henry où il plaide la maladie pour l'accusé qui sera cependant condamné à mort. Il est aussi à l'origine en 1881 d'une association qui deviendra l'association des amis de la Commune de Paris[12] et aussi inspirant la Ligue des droits de l'homme.

Inventeur[modifier | modifier le code]

Il est présenté comme l'inventeur du kiosque-signal de circulation[13], ancêtre des feux tricolores[14], présenté à l'exposition d'hygiène en 1896[15]. Un kiosque-signal est installé à titre expérimental en 1912 au Carrefour Montmartre[16], mais retiré après 20 jours d'utilisation[17]. Il y en a un aussi à la même époque sur le Boulevard des Italiens.

Publications[modifier | modifier le code]

Médecine[modifier | modifier le code]

  • Étude comparative des effets des agents anesthésiques secondaires. (Cand. Edmond-Alfred Goupil) Paris, 8 janvier 1861, in-4° ;
  • Les Maladies de poitrine. Guide pratique à l'usage des malades. Paris : chez l'auteur, 1870, in-16, XIX-184 p. Publications populaires de médecine et d'hygiène ;
  • Le Sexe mâle, anatomie, maladies, hygiène... Paris : chez l'auteur, (1875), in-18, 410 p., fig. Publications populaires de médecine et d'hygiène ;
  • Le Poumon et la phtisie pulmonaire. Paris : chez l'auteur, (1877), in-12, 434 p. Publications populaires de médecine et d'hygiène ;
  • Le Poumon et la maladie de poitrine (curabilité, préservation, traitement). Paris : au Bureau des publications populaires de médecine et d'hygiène, (s. d.), in-18, IX-501 p., fig. ;
  • La Femme et ses misères : maladies et chirurgiens... Paris, 11, rue de Cluny : et impr. de L. Marétheux, (s. d.), in-16, 165 p., fig. Société protectrice de la femme contre les abus de la chirurgie. Publications populaires de médecine et d'hygiène ;
  • La Femme, ses fonctions et ses maladies. Guide à l'usage des malades. Paris : chez l'auteur, Paris : chez l'auteur, (1880), in-18, 294 p. Publications populaires de médecine et d'hygiène ;
  • Les Grandes maladies du siècle. Étude sur les affections de la matrice et des ovaires... Paris : chez l'auteur, (1883), in-12, 128 p. Publications populaires de médecine et d'hygiène ;
  • Les Trois âges de la femme, fonctions, maladies, hygiène. Paris : l'auteur, 1886, in-18, 215 p., fig. Publications populaires de médecine et d'hygiène ;
  • L'Hydrothérapie ramenée à son principe initial, le tub quotidien (affusion froide), suivie d'observations sur l'amélioration de l'espèce humaine, hommes et femmes, par la bicyclette et le tub (affusion froide). Paris : au bureau des publications populaires de médecine et d'hygiène, 1895, in-8 ;
  • L'Urine et ses altérations. Notions d'uroscopie, ou application de l'examen chimique et microscopique de l'urine à l'étude des maladies. Maladies des voies urinaires. Paris : chez l'auteur, (s. d.), in-18, XXXV-455 p. Publications populaires de médecine et d'hygiène ;
  • Nouveau système de ventilation chaude et froide, de filtrage et de saturation aqueuse, antiseptique, médicamenteuse (aérothérapie) de l'air des habitations particulières, des hôpitaux, écoles, casernes, salles de réunions, etc., à l'aide du ventilofiltre-saturateur et du thermo-multiplicateur... Paris : impr. de A. Malverge, 1896, in-4 ̊, 31 p., fig. ;
  • La Purification de l'air, mémoire descriptif... des appareils de stérilisation et de renouvellement continu de l'air créés par le Dr Goupil (présenté au 3e Congrès d'assainissement et de salubrité de l'habitation réuni les 6, 7, 8, 9 et 10 novembre 1909 au Collège de France)... Sceaux : impr. de Charaire, (s. d.) Gr. in-8 ̊, 12 p., fig. ;
  • Mémoire descriptif... présenté au 3e Congrès d'assainissement et de salubrité de l'habitation sur les appareils de purification et de renouvellement continu de l'air. Sceaux : impr. de Charaire, (1910), Gr. in-8 ̊, 15 p., fig. ;
  • Traité d'hygiène populaire. Paris, 14, rue de Rivoli, (s. d.), in-16, 112 p.

Philanthropie[modifier | modifier le code]

  • Société philanthropique du logis pour tous, solution pratique d'un des éléments de la question sociale : une maison pour rien en cas de vie, une maison et un héritage en espèces pour rien en cas de mort... pour ceux qui ont une épargne. Des refuges bâtis gratuitement pour les sans-abri. Projet du Dr Goupil. Saint-Denis : impr. de H. Bouillant, 1895, in-8 ̊, 32 p. et tableau

Franc-Maçonnerie[modifier | modifier le code]

  • Protestation au sujet du manifeste d'installation du grand-maître du Rite écossais. (Signé : Goupil.). Paris : impr. de E. Voitelain, (1868), in-8 ̊, 8 p. ;
  • La Réforme maçonnique écossaise... sous le pseudonyme de Jacques Brador. Paris, 1868, in-8 ̊

Jacques Brasdor[modifier | modifier le code]

- publié sous le pseudonyme de Jacques Brasdor :

  • Le farniente. Rimes et chansons. Paris : impr. de E. Voitelain, 1869, in-8 ̊, 127 p. ;
  • Fragments (poésies). Paris : Teissier, 1868, in-8 ̊, 190 p. Réédité par Joseph Floc'h, Mayenne. 1971. Ce volume contient des invectives contre Mazarin.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Steunou, Communards et Versaillais de la Mayenne, L'Oribus, no 4, décembre 1981, p. 26-28.
  • Claude Pennetier et Gauthier Langlois, « GOUPIL, Edmond Alfred », sur Le Maitron, .

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il a été Grand maître du Rite Ecossais Rectifié.
  2. Echo de la Mayenne, article du 15 avril 1871.
  3. Il est condamné pour sa participation à deux ans de prison, en compagnie de Blanqui, Flourens, Levrault, Cyrille, condamnés à mort, et de Vallès, condamné à 6 mois de prison.
  4. Il est arrivé en seconde position.
  5. La Grande histoire de la Commune, p. 289, et p. 299. Certaines mairies, à la pointe de la lutte pour la laïcisation, tiraient cependant quelque peu à hue et à dia, la Commission de l'Ensiegnement, qui, depuis sa création le 29 mars avait placé à sa tête le docteur Goupy. Celui-ci se borna jusqu'à sa démission à laisser faire, ne coordonnant que très mollement ce secteur d'activité doté du plus large dénominateur commun au sein de la population parisienne - Pour ce qui est du secondaire, la délégation dirigée d'abord par le docteur Goupy, puis par Vaillant, tout occupée qu'elle était à tenter de résoudre le problème de l'enseignement primaire, tant du point de vue du recrutement de nouveaux maîtres que du contenu des programmes, le délaissa quasi totalement.
  6. [1]
  7. La Grande histoire de la Commune situe cette démission parmi celles de Cinq autres modérés dont Arthur Rome, futur ministre de la Troisième république.
  8. Archives départementales de la Mayenne, 941.
  9. Sa peine est confondue avec la précédente miée au 31 octobre 1870.
  10. La chanson de la Commune: chansons et poèmes inspirés par la Commune de 1871, p. 220.
  11. Roman vrai de la IIIe République, Prélude à la Belle-Époque.
  12. [2]
  13. Il se compose d'une cabine dans laquelle un agent de police manipule un volant pour faire pivoter un carton placé au sommet du kiosque portant les mentions Halte ! ou Passez.
  14. Mayenne-Journal, avril 1912. Fragments (poésies). Dans sa réédition par Joseph Floc'h, Mayenne. 1971
  15. L'automobile à la conquête de Paris: chroniques illustrées, de Mathieu Flonneau, p. 112.
  16. [3]
  17. L'expérimentation n'étant pas satisfaisante.