Association des amis de la Commune de Paris (1871)

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Association des amis de la Commune de Paris
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
But Faire connaître l'histoire de la Commune de Paris et les idéaux des communards
Zone d’influence Drapeau de la France France
Fondation
Fondation 1882
Fondateur Henry Champy
Origine Commune de Paris (1871)
Identité
Méthode Expositions, colloques, débats,pièce de théâtre, rencontres, visites de Paris et des lieux qui retracent le parcours des Communards, édition de textes, brochures, ouvrages retraçant l'épopée de la Commune
Slogan Le cadavre est à terre mais l'idée est debout
Site web commune1871.org

L'association des amis de la Commune de Paris (1871) est une association française créée en 1882 par les communards rentrant d'exil et de déportation, avec pour but de faire connaître l'histoire de la Commune et d'en entretenir la mémoire. Sa devise est « Le cadavre est à terre mais l'idée est debout ». Il s'agit de la plus ancienne organisation du mouvement ouvrier français encore en activité.

Historique[modifier | modifier le code]

Le , la loi d'amnistie totale est votée à l'Assemblée nationale. Les communards déportés commencent à revenir et des mouvements de solidarité s'organisent pour les accueillir. En 1881, la « Société protectrice des citoyens contre les abus » créée par le docteur Edmond-Alfred Goupy est la première en date, elle disparaîtra par la suite..

En 1882, se crée la « Solidarité des proscrits de 1871 », ancêtre des de l'« association des amis de la Commune », fondée par Henry Louis Champy[1], lui-même proscrit de retour en 1880. Le trésorier en est Jean Allemane[2]. Son nom change plusieurs fois : « Solidarité des militants de 1871 » en 1884, puis « Société fraternelle des anciens combattants de la Commune » en 1889.

Les membres de la Fraternelle aident les anciens de la Commune et leur famille, reprennent des actions militantes, participent aux querelles de l'époque, agitation boulangiste, affaire Dreyfus et organisent les obsèques des anciens camarades. Chaque année, un banquet réunit ses membres.

La loi de 1901 apparue, la Fraternelle se transforme en 1905 en « Association fraternelle des anciens combattants de la Commune ». Le , une plaque est apposée sur le mur des Fédérés au cimetière du Père-Lachaise, le un monument aux morts de la Commune est érigé au cimetière Montparnasse grâce à une souscription populaire.

Le nombre des anciens communards déclinant, l'association s'ouvre aux amis et sympathisants et prend le titre d'« Association des anciens combattants et amis de la Commune » en 1914. La Première Guerre mondiale arrivant, l'association se range aux côtés de l'Union sacrée tout en exprimant quelques critiques contre le gouvernement. L'entre-deux guerre voit des dissensions politiques et syndicales s'instaurer et l'Association s'affaiblit. En 1929, elle prend le titre d'« Association des vétérans et des amis de la Commune ».

La période de l'Occupation met sous le boisseau les activités de l'association qui reprennent sans vigueur jusqu'en 1957. En 1962, elle renaît sous l'impulsion du postier syndicaliste et communiste Emmanuel Fleury : Jacques Duclos en devient président[3]. Un appel solennel est lancé :

« En redonnant vie à l'Association des Amis de la Commune de Paris, nous avons voulu, dans la mesure de nos moyens qui sont encore faibles et que nous nous efforcerons d'accroître, assurer la présence agissante en France d'un groupement d'hommes et de femmes conscients de l'importance historique de la révolution parisienne du 18 mars 1871 et dont la raison d'être est d'honorer la mémoire des héros de la Commune, de continuer à faire connaître la vie de ces combattants héroïques, de défendre la grand idéal de libération humaine pour lequel ils luttèrent et tombèrent en grand nombre... »

La reconstitution de l'« Association des amis de la Commune (1871) » est publiée au Journal officiel du . Elle apparaît publiquement le par la pose d'une plaque à la mémoire de Zéphyrin Camélinat au 137, rue de Belleville. La tradition des banquets annuels est reprise et un bulletin annuel est édité.

Avec l'approche de la célébration du centième anniversaire de la Commune, l'association déborde d'activité. Lors de la Fête de l'Humanité de 1970, le stand de l'association présente une exposition d'affiches d'époque et recueille 300 adhésions. La commémoration nationale de 1971 est un succès, de nombreux débats, publications et expositions voient le jour.

L'association aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le local de l'association en 2014.
Le local de l'association lors d'une fête locale.

Le nombre d'adhérents individuels et d'adhésions collectives est en constante augmentation. Un local permanent incluant une librairie et un fonds documentaire important est installé au 46, rue des Cinq-Diamants, dans le quartier de la Butte-aux-Cailles. De nombreuses brochures et un bulletin sont édités, la tradition des banquets annuels est perpétuée et une manifestation est organisée dans Paris chaque année pour le premier jour de la Commune, le 18 mars, entre autres activités. L'association commémore aussi le dernier jour de la Commune par une montée au Mur des fédérés qui rassemble une quarantaine d'associations, syndicats, partis politiques.

À la fin de 2013, l'association féminise son nom et devient Les Amies et Amis de la Commune de Paris 1871.

Présidents de l'association[modifier | modifier le code]

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Collectif, Les Amis de la Commune de Paris 1871, plaquette éditée par l'association, (ISBN 2-9502778-4-5)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henry Champy (1846-1902) ouvrier coutelier et orfèvre avait été élu du Xe arrondissement à la Commune. Cf notice in Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français(DBMOF).
  2. Jean Braire, « Les Amis de la Commune. 110 ans sur les traces de communards », Cahiers d'histoire de l'Institut de recherches marxistes, no 44,‎ , p. 80-87 (lire en ligne).
  3. Cf. Jean Braire, op. cit., p. 86. Le bureau comprend outre Jacques Duclos et Emmanuel Fleury, secrétaire général : Arthur Adamov, Florimond Bonte, Jean Braire (qui succède à Emmanuel Fleury en 1970), Maurice Choury, Jean Dautry, Robert Francotte, Eugène Hénaff, Lucien Jayat, Gabriel Pioro, Maurice Pépin, Émile Tersen.
  4. Élie May (1842-1930) avait été directeur de la Manufacture des Tabacs pendant la Commune. Cf Jean Braire, art. cit. La liste des présidents vient de cette source.