Edgar Mélik

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Edgar Mélik
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Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Peinture et écriture
Formation
Académies libres de Montparnasse
Mouvement
surréalisme
Distinctions
Le château de Cabriès est devenu le Musée Edgar Mélik[1]
Le piano rouge de Mélik, Musée de Cabriès (photo Robert Hale)

Edgar Mélik (1904-1976) est un peintre français né à Paris, aux ancêtres d'origine arménienne (Constantinople, Tabriz en Perse). Il est le cousin du poète Rouben Mélik. Ami de femmes peintres comme Consuelo de Saint Exupéry et Madeleine Dinès, il fréquente des artistes comme Louis Pons, Richard Mandin, Max Papart, Gabriel Laurin, Léo Marchutz et André Verdet. Il admire le mime Marceau dont il réalise plusieurs portraits oniriques, et Edith Piaf (il lui consacre 10 dessins et textes, édition Musée Cabriès). Il célèbre dans ses écrits l'Ecole de Paris (1925), le fauvisme et le surréalisme littéraire. Il vénère Van Gogh et admire la rupture de Picasso sans adhérer au Cubisme. Il recherche une "spiritualité plastique" selon sa propre expression.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il peint ses premières toiles en 1928 et s’inscrit dans les académies libres de Montparnasse (Académies Ranson, Lhote, Scandinave). Il a fait ses études à la Sorbonne (anglais et allemand). Il fréquente la librairie d'Adrienne Monnier, femme qu'il représente comme sa Muse dans son tableau L'Atelier Idéal. Il déclare au journal Comoedia qu'il "côtoie le surréalisme mais reste nietzschéen" (1941). Grand lecteur, il lit Les Champs magnétiques, Rimbaud, Kafka, Nietzsche et Lautréamont. Il reste fidèle à la veine surréaliste toute sa vie (voir son poème surréaliste pour son exposition à Marseille, en 1950, Ponts coupés). Il est l'auteur d'une oeuvre littéraire en plusieurs volumes où le rêve et la réalité se confondent. Son premier atelier est rue de Vaugirard et il découvre les sculpteurs Brancusi (en voisin, impasse Ronsin) et Giacometti. Ensuite, même après sa migration vers le Sud, il garde un atelier parisien rue Daguerre jusqu'en 1955.

Il séjourne au Maroc fin 1928, pays où il retournera en 1933 pour une exposition à Tanger, galerie Marcel Lévy (article dans La Dépêche marocaine). Il remonte par Malaga, passe par Grenade et Murcie où il effectue ses premiers croquis « exotiques ». En juin 1930, il est à Majorque. Sa famille reçoit les premières lettres précieuses en informations sur son travail de peintre. Il effectue galerie Carmine à Paris sa première exposition en 1930 (article de Gaston Poulain dans Comoedia). En 1932, il quitte Paris, passe par Les Saintes-Maries-de-la-Mer avant de rejoindre Marseille d'où il veut partir pour l'Extrême-Orient (Singapour, Sumatra, Bornéo). Il déclarera encore en 1941 qu'il est "né parisien et d'atavisme asiatique." Mais son voyage va s'arrêter à Marseille. Il aménage un petit atelier rue Port Saïd, près de la plage des Catalans. Il y trouve ses premiers motifs, pour l'instant d'inspiration méridionale : pêcheurs, scènes de rue, le vieux port avec son pont transbordeur, les travailleurs et les poissonnières du marché. En 1934 a lieu sa première exposition galerie Da Silva (long article dans les Cahiers du Sud de Léon Van Droogenbroeck). Hiver 1934 il est à Florence pour plusieurs semaines, et cherche à rencontrer Marinetti, le fondateur du futurisme. Sa peinture traverse plusieurs formes comme l'expressionnisme, le réalisme magique, l'abstraction (après guerre pour une courte période) et le matiérisme onirique. Le fil conducteur reste le surréalisme littéraire (peu d'affinité avec les peintres dits surréalistes, même s'il a connu Victor Brauner dont il a fait un très beau portrait).

Edgar Mélik côtoie l'équipe des Cahiers du Sud de Jean Ballard (la revue publiera quinze articles sur les expositions du peintre à Marseille) et la compagnie du Rideau Gris, troupe théâtrale fondée par Louis Ducreux. Il est l'ami d'Alexandre Toursky (poète et journaliste) et d'André Roussin qui lui achète plusieurs tableaux (dont un portrait de groupe des acteurs du Rideau gris). En manque d'argent, il loue en 1934 une partie du Château de Cabriès, situé entre Aix-en-Provence et Marseille. C'est essentiellement dans cet atelier qu'il va construire son œuvre. Il exposera encore deux fois à Paris, en 1936, galerie Lucy Krogh et en 1948, galerie Horizons, rue de Seine. Sa galerie attitrée sera celle de Lil Mariton, Rue Saint-Ferréol, à Marseille (Galerie Da Silva, 11 expositions), Il exposera aussi cinq fois à Aix-en-Provence. Sinon, très méfiant envers le système marchand il reçoit les visiteurs au château de Cabriès et vend lui-même. Selon ses propres mots son oeuvre représente plus de 2.000 créations (dessins, peintures, fresques) sur des supports matériels très variés (toile, jute, fibrociment, bois, jusqu'à la toile de voile de bateau). Sa peinture utilise tous les ocres (1930/35), puis s'enrichit de toutes les couleurs chaudes (1940/50), enfin elle se limite aux trois couleurs fondamentales (Rouge/Jaune/Bleu, 1960/76), D'abord lisse, la surface de ses oeuvres devient granuleuse quand l'épaisseur de la matière se charge de fragments de tuile, de grains de peinture, etc. (à partir de 1957, matiérisme). Des figures féminines, des portraits et des animaux en constituent les principaux sujets (peu de paysages, pas de nature morte). Il s'inspire de films (les Visiteurs du soir et la magie du Moyen Age), des spectacles du Mime Marceau, et de poèmes (Rimbaud, Baudelaire). Il joue du piano, et aime l'exaltation de la musique classique qu'il sent en affinités avec sa peinture.

À 74 ans, on le retrouve mort devant sa cheminée, suite à un malaise [2].

Le château de Cabriès est devenu le Musée Edgar Mélik en 1980. On peut y voir son atelier avec son piano rouge à queue, la chapelle avec ses propres fresques, et un fonds permanent de dessins et de tableaux. Chaque été le musée ouvre une exposition consacrée à un peintre différent (Ji Dahai, Antoine Serra, François de Asis, dessins de Giacometti, Chabaud, Céramiques de Picasso, etc.)[1] De la terrasse que Mélik fit construire au-dessus de son atelier on a une vue unique sur le Mont Ventoux et la Sainte-Victoire, le château étant situé au sommet d'un piton rocheux, au milieu du vieux village.

« Les toiles de Mélik hurlent. Et vaille que vaille, il faudra bien les entendre. » (Hubert Juin)[3]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hubert JUIN, Edgar Mélik ou la Peinture à la pointe du temps, la Mandragore, 1953.
  • Jean-Marc PONTIER, Les Sentinelles d'Edgar Mélik (70 pages, non publié)
  • Déluge mystique, Catalogue Danièle Malis (Ed. Musée de Cabriès, 1994)
  • Olivier ARNAUD, Edgar Mélik, Un peintre surréaliste en Provence, articles en ligne (edgarmelik.blogspot.fr)[4]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Edgar Mélik - le Musée/château », sur www.musee-melik.fr (consulté le 18 janvier 2014)
  2. Voir le catalogue édité par le musée de Cabriès : "Déluge mystique", 1994.
  3. « Hubert Juin. Edgar Mélik [Texte imprimé], ou la Peinture à la pointe du temps », sur catalogue.bnf.fr (consulté le 18 janvier 2014)
  4. « Edgar Mélik », sur edgarmelik.blogspot.fr (consulté le 16 juillet 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]