Max Papart

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Max Papart
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Max Papart, en 1955 à Aix-en-Provence (photo de famille)

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Max Papart, né à Marseille (France) le , et mort le à Paris, est un peintre, graveur, illustrateur et collagiste français. Il est enterré au cimetière des Longs Réages de Meudon (92).

Son œuvre est marquée par une certaine douceur de vivre, une discrète ironie et un grand sens de la beauté plastique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1911 à Marseille Max y passe son enfance. Son père, Noël Papart, ancien capitaine de cavalerie, grand blessé de la guerre de 1914 et peintre amateur, lui communique très jeune la passion de la peinture. Dès l’âge de 4 ans, Max couvre ses cahiers d’écolier de dessins.


Pour l’anniversaire de ses 7 ans, son père lui offre une boîte d’aquarelle de professionnel et lui apprend à s’en servir. Max travaille d’après des cartes postales en couleurs. Son père l’emmène tous les dimanches au palais Longchamp de Marseille pour découvrir les toiles du musée. Sa mère est pianiste et chante ; la musique fait donc partie de son enfance et marquera toute sa peinture. À treize ans, lassé de l’aquarelle, il s’essaie à la peinture à l’huile.

En 1928, il suit quelque temps les cours de l’école des beaux-arts de Marseille, mais préfère se former seul par la peinture en plein air et l’étude des grands maîtres (Hubert Robert, Nicolas Poussin, Rubens, Rembrandt).

Son père étant invalide de guerre et sa mère souffrant de tuberculose, il doit pourvoir aux besoins de sa famille. Il sera tour à tour ouvrier et aviculteur. Travaillant durement, il consacre une grande partie de son temps libre au dessin, à la peinture et à la littérature. Il lit Shakespeare, Rabelais, Montaigne, la littérature anglaise et américaine.

En 1933, Max Papart s’établit à Paris. Graveur-imprimeur de son métier, il continue de peindre et d’étudier les grands maîtres dans les musées. Il se rend dans toutes les grandes expositions et les galeries. Il expose au Salon des indépendants et commence la gravure à l’aquatinte.

Lorsque la guerre éclate en 1939, il est déclaré inapte au service militaire pour raisons de santé. Il part à Marseille et prend en 1940 la décision de vivre désormais de sa peinture. Il fréquente l’Académie Auzias et commence ses études de nus. Il épouse Mathilde Hugon, avec qui il a une fille, Geneviève. Il entre dans la Résistance et participe à la Libération de Marseille. À ce titre, il reçoit la croix de guerre 1939-1945.

De 1946 à 1948, il présente plusieurs expositions personnelles à Marseille, à la Galerie Da Silva puis à Nice à la galerie Masséna. Il rencontre le peintre Victor Bauer, ami de Freud qui lui fait découvrir la psychanalyse. Il se lie d’amitié avec des écrivains comme Jacques Prévert, Georges Ribemont-Dessaignes et André Verdet, dont il illustrera les ouvrages.

En 1949, il divorce de Mathilde Hugon et se remarie avec Andrée Garbit connue sous son nom de poète, Andrée Caraire[1], avec qui il a une fille, Anne. Les Papart s’installent à Paris. Il expose à la galerie Monique de Groote.

Au cours des années qui suivent, les expositions se succèdent à Paris et en province mais aussi en Italie, en Belgique, en Suisse et aux États-Unis. Il continue à illustrer des poèmes d'écrivains. Il est exposé par la Galerie Hervieu à Nice et la Galerie Pétridès à Paris. Il fait la connaissance de Jean-Michel Atlan , du sculpteur César, d' Antoni Clavé, de James Coignard et de Henri Goetz. Il expose aussi à Tokyo avec le « Groupe Français ».

Il fait plusieurs voyages en Toscane, qu'il aime particulièrement, et étudie les œuvres de la Pré-Renaissance Paolo Uccello, Piero della Francesca. Il s'intéresse à toutes les techniques de gravure : lithographie, pointe sèche, burin et aquatinte. À partir de 1958, il commence à se détourner de la figuration et explore l’abstraction lyrique tout en développant sa technique du collage.

De 1960 à 1964, il expose ses gravures à Nice et à Paris. Il utilise un nouveau procédé de gravure, le carborundum, mis au point par Henri Goetz. Il s’intéresse à l’art préhistorique et voyage au nord de l’Italie (Val Camonica), en Espagne, dans le Pays basque (Altamira) et en Dordogne.

De 1965 à 1971, il crée des médailles de bronze sur demande de l’hôtel de la Monnaie. Cela le conduit à pratiquer la sculpture. Il devient chargé de cours de gravure à l’Université de Paris-VIII-Vincennes où il enseignera jusqu’en 1973. Il participe activement au mouvement de Mai 68, combat sur les barricades et fait partie avec Hélion d'un comité de réforme de l'enseignement des beaux-arts.

Il a de nombreuses expositions en France, en Allemagne, en Suède, en Italie. Une rétrospective de ses œuvres abstraites lui est dédiée au Musée de Saint-Ouen. Il illustre des ouvrages de Pierre Tilman, Georges Ribemont-Dessaignes et Andrée Caraire. Il devient l’ami de Jean Hélion, de Raymond Queneau, de Vladimir Jankelevitch et d’Alberto Magnelli. Son amitié avec James Coignard est très forte et ils seront très proches jusqu’à la fin de leur vie.

En 1970, Frédéric Czarnes (1936-2011) réalise un film important sur Max Papart, La Palette de Max Papart:[2].

Entre 1972 et 1977, il expose en Europe, au Canada et aux États-Unis. Il devient sociétaire du Salon d’automne. Deux monographies sont publiées : Max Papart : la vie, l’homme, l’œuvre par Andrée Caraire et Bernard Plasse aux Éditions Vision sur les Arts (1975) et Max Papart par Jacques Baron, dans la collection « Musée de Poche » (1976).

À partir de 1981, il s’installe aux États-Unis, à La Nouvelle-Orléans. Il travaille avec la Galerie Ken Nahan qui promeut son œuvre dans le monde entier. Un ouvrage est publié par la Galerie Internationale de Stockholm, L’œuvre gravé de Max Papart (1979). Il entame une longue collaboration avec Lydie et Robert Dutrou pour l’édition d'aquatintes de très grandes dimensions pour les Éditions de La Galerie Ken Nahan. Elles seront imprimées à Paris dans l'Atelier Morsang[3]. Plusieurs expositions personnelles ont lieu au Japon, aux États-Unis et en France. Il est promu Officier des Arts et des Lettres par Jack Lang. Une monographie est publiée en français, en espagnol et en anglais, Max Papart par Roger Green et Jean-Marie Dunoyer, critique au Monde, aux Éditions Cercle d’Art aux Éditions Rizzoli et aux Éditions Polygrafa (1985).

À partir de 1990, il vit entre New York et Paris. Il expose en France, en Allemagne, en Suisse et aux États-Unis. Le Palais de l’Europe de Menton lui consacre une rétrospective. À cette occasion, une monographie, Max Papart avec des textes de l’artiste, est publiée aux Éditions Garnier Nocera (version française 1992) et aux Éditions Galerie Raphael (version allemande 1993).

Vers la fin de sa vie, il conçoit des bijoux d'après ses propres peintures, bijoux limités à huit pierres précieuses ou semi-précieuses. Ils sont fabriqués par Jean Jaques de la Verrière. Max Papart est mort avant la fin de la fabrication de cette collection, en 1994. Il illustre des poèmes de Xavier Bordes, Cirque Argos et réalise sa dernière série de 5 gravures, Hommage aux Cubistes. Il s'éteint le 29 août 1994 à Paris et repose au cimetière des Longs-Réages à Meudon presque en face de son cher et regretté Alberto Magnelli, à l'ombre d'un cyprès toscan dans une tombe de granit rose de Bretagne, pays natal de sa mère.

Expositions et musées notables[modifier | modifier le code]

  • Victoria and Albert Museum, Londres
  • National Gallery, Londres
  • Musee d'Art Moderne de la Ville de Paris
  • Musee Cantini, Marseille
  • Fondation Maeght, St. Paul de Vence
  • Israel Museum, Jérusalem
  • Indianapolis Museum of Art
  • New Orleans Museum of Art[4]
  • High Museum, Atlanta
  • Bibliothèque Nationale de l'Arsenal, Paris
  • Salle de l'Aubette de la ville de Strasbourg
  • Ft. Lauderdale Museum of Art
  • Jacksonville Art Museum
  • Phoenix Art Museum, Phoenix
  • Syracuse University
  • U.C.L.A.
  • Yale University
  • Museum of New Mexico, Santa Fe

Œuvre[modifier | modifier le code]

L’œuvre de Max Papart présente un grande variété. L'artiste n'a jamais été l'homme d'un seul style. « L'art change, disait-il, comme la vie. »[5]

1930-1958[modifier | modifier le code]

Papart se consacre à la figuration - paysages, natures mortes., portraits et nus - avec une évolution qui tendait de plus en plus à favoriser au maximum la composition abstraite sous-jacente du sujet.

1958-1960 : début de la période abstraite, abstraction fragmentaire[modifier | modifier le code]

Le passage à l'abstraction se fait d'abord avec une période d'abstraction "fragmentaire", le "sujet" étant constitué par une association d'éléments de petites dimensions et de formes géométriques dans une tonalité colorée plutôt sombre. Cett période dure peu,car la fragmentation géométrique empêchait l'artiste de faire jouer les couleurs vives.

1960-1964 : période de Bormes et période scripturale[modifier | modifier le code]

Les œuvres étaient exécutées à Bormes-les-Mimosas (Var) où le peintre séjournait pendant les mois d'été. La composition de ces toiles est constituée par de grands plans horizontaux structurés par des formes internes et vivement colorées en rouges vifs, ocres ou bleus plus ou moins intenses. Cette période coïncide avec la période scripturale lorsque Papart réside à Paris en hiver : dans une matière acrylique épaisse, le peintre grave avec un poinçon des compositions abstraites inspirées par les pictoidéogrammes des civilisations toltèque et aztèque. Une fois la matière sèche, Papart badigeonne la composition avec des jus colorés, rouges, ocres, gris bleutés, bruns selon la distribution calculée des dessins gravés.

1964-1966 : Période de la Beauce[modifier | modifier le code]

Cette période correspond aux séjours du peintre dans une propriété que possèdent ses beaux-parents près de Chartres. Nous trouvons encore là une organisation de plages horizontales, mais encadrées de bandes verticales. Les coloris sombres sont éclairés par des graphismes, des formes dérivées des gravures du Val Camonica (Italie) ou des pictoidéogrammes aztèques, des points disposés en ligne.

1966-1978 : période d'abstraction pure[modifier | modifier le code]

Cette période dure douze ans. Elle est marquée par des formes géométriques fortement colorées : ces formes viennent de l'épuration et de la stylisation d'objets ou de personnages, souvent des interprètes assises devant leur piano ; s'y inscrivent des fac-similés d'écriture ou des lettres d'imprimerie, particulièrement le S pour suggérer une tête de femme.

1979-1994 : période américaine[modifier | modifier le code]

Cette période correspond à l'installation de l'artiste aux États-Unis. Le peintre associe aux formes de l'abstraction pure une certaine figuration très stylisée, oiseaux, visages de profil, fragments de paysages, silhouettes de personnages. Ces figures sont indiquées par leurs contours à l'intérieur desquels une autre composition abstraite répond à la composition abstraite générale.

Collages et dessins[modifier | modifier le code]

Ils accompagnent l'évolution du peintre pendant cinquante-cinq ans et ont suivi leur chemin propre[6].

Ouvrages illustrés par Max Papart[modifier | modifier le code]

Liste établie d'après le catalogue de la Bibliothèque nationale de France, et la bibliographie de Roger Green figurant dans son livre Max Papart, Cercle d'Art, Paris, 1985 :

  • André Verdet, À travers prairies et bois, je marche. Lithographies. Chez l'Artiste, 1951[7]
  • Diderot, Sur les femmes. Pointes-sèches. Aux dépens de l'Artiste, 1952
  • Hermine Simoncelly, Trinité pour deux. Illustrations. Caractères, 1975
  • André Verdet, Luberon. Eaux-fortes. Aux dépens de l'Auteur, 1967
  • Pierre Tilman, Espace étranglé. Eaux-fortes. Aux dépens de l'Auteur, 1967
  • Georges Ribemont-Dessaignes, Le Sang, la sève, l'eau et les larmes. Eaux-fortes. Coutal-Darly éd., 1968
  • Pierre Tilman, L'Esclavage n'a pas encore été aboli. Eau-forte. Chambelland, 1970
  • Andrée Caraire[8], Telle la feuille de l'arbre. Linogravures. Coutal-Darly, 1971
  • Georges Ribemont-Dessaignes, Le Règne végétal. Collages et dessins. Éd. de l'Université d'Ottawa, 1972
  • Jean Orizet, Silencieuse entrave du temps. Eau-forte et aquatinte. Éd. Saint-Germain-des-Prés, 1972
  • Jean Orizet, Terre assaillie. Gravures. Éd. Saint-Germain-des-Prés, 1973
  • Henri Rode, Toutes les plumes du rituel. Eaux-fortes. Éd. Saint-Germain-des-Prés, 1974
  • Andrée Caraire, Dans le matin noir des coquelicots. Eaux-fortes en couleur. Éd. Saint-Germain-des-Prés, 1974
  • Michel Bohbot, Des mots contre le vent. Gravures (avec James Coignard et Hasegawa). Lettera Amarosa, 1974
  • Jacques Prévert, Le Jour des temps. Aquatintes en couleur. Galerie Bosquet, et Jacques Goutal Daly, 1975
  • Andrée Caraire, Aubes muettes. Aquatintes en couleur. Aux dépens d'un amateur, 1975
  • Andrée Caraire, Adagio. Gravures en couleur au carborundum. Éd. F.B. 1976
  • Michel Bohbot, Signe de terre. Gravures en couleur au carborundum. Vision Nouvelle, 1976
  • Jacques Baron, L'Huître et la rose. Eaux-fortes. Éd. Attali, 1976[9]
  • Georges Ribemont-Dessaignes, S'habiller en miroir. Gravures au carborundum. Éd. F.B., 1977
  • Michel Bohbot, Mots en attente du soleil. Gravures au carborundum. Vision Nouvelle, 1977
  • Michel Bohbot, Décryptage. Gravures au carborundum. Vision Nouvelle, 1977
  • Michel Bohbot, Naissance des signes. Eaux-fortes. Michel Bohbot, 1978
  • Andrée Caraire, Oiseau-Solitude. Gravures au carborundum. Stockholm, éd. A.H.Grafik, 1979
  • Andrée Caraire, Au bord de l'extrême. Gravures (avec James Coignard). Sémios, 1983
  • Andrée Caraire, De la faille de l'invisible. Gravures. Sémios, 1986
  • Jean Tardieu, Un lot de joyeuses affiches. Eaux-fortes. Dutrou éditeur, 1987
  • Xavier Bordes, Le grand cirque. Eaux-fortes en couleur. Dutrou éditeur, 1992
  • Michel Butor, Sourdes romances. Aquatintes en couleur. Dutrou éditeur, 1994

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Fiche d'Andrée Caraire », sur data.bnf.fr.
  2. « Biographie de Frédéric Czarnès ».
  3. « Robert et Lydie Dutrou ».
  4. Max Papart. Masterprints and other works on paper. 1978-1985. Exhibition September 14 through October 20, 1985. Introduction by E.John Bullard. Director of New Orleans Museum of Art.Published by New Orleans Museum of Art.1985.
  5. « Expertissim »
  6. Andrée Caraire, Max Papart 1911-1994 . Rétrospective Salle de l'Aubette de la ville de Strasbourg. Du 5 juillet au 10 août 1997., Paris, Éditions Garnier Nocera, , 47 p. (ISBN 2-909779-21-1), p.10-14
  7. Le catalogue de la BNF indique qu'il s'agit de lithographies, mais la bibliographie de Roger Green (Cercle d'art, 1985) signale des pointes-sèches.
  8. Max Papart a illustré de nombreux livres de la poétesse Andrée Caraire qui était sa femme.
  9. Le catalogue de la BNF indique qu'il s'agit d'eaux-fortes, mais la bibliographie de Roger Green (Cercle d'art,1985) indique qu'il s'agit d'aquatintes.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit
  • A. Caraire et B. Plasse, Max Papart, Vision des Arts, 1975
  • Jacques Baron, Max Papart, Le Musée de poche, 1976
  • L'Œuvre gravé de Max Papart (intr. Michel Bohbot), éditions Galerie internationale, Stockholm, 1979
  • Daniel Biry, Max Papart, l'homme et l'œuvre, Thèse de doctorat sous la direction de Bernard Dorival, 1980
  • R. Green, Max Papart, monographie, éditions cercle d'art poligrapha, Espagne, 1985
  • Max Papart, rétrospectives, éditions galerie Hanin Nocera, Paris, 1991
  • Paola Garnier, Écrits et Poésies de M. Papart, éditions Garnier Nocera, Paris, 1992
  • J.M. Dunoyer, collage Papart Max, éditions Garnier Nocera, 1994
  • Max Papart, maquettes, éditions Garnier Nocera, 1995
  • Andrée Caraire, Max Papart 1911-1994. Rétrospective Salle de l'Aubette de la Ville de Strasbourg du 5 juillet au 10 août 1997, éditions Garnier Nocera, 1997.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]