Dosithée de Samarie

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Dosithée ou Dositheos (« don de Dieu » en grec) était un chef religieux samaritain, fondateur d'une secte samaritaine, souvent supposée être gnostique. Dans les Homélies pseudo-clémentines (Homélies II) il est présenté comme un disciple de Jean le Baptiste aux côtés de Simon le Mage[1],[2]. Jean le baptiste, qualifié d'« hémérobaptiste »(Homélies II, 23), est le maître de trente disciples, en référence aux nombres de jours d'un mois lunaire[1]. Dans la littérature pseudo-clémentine, Dosithée apparaît comme le rival de Simon le magicien[1]. Certains auteurs estiment qu'il est l'un des fondateurs du mandéisme, existant encore marginalement aujourd'hui en Irak et en Syrie.

Dosithée s'appliquait à lui-même les prophéties d'annonce d'un Messie, comme le faisait Jésus, son contemporain. Il observait la circoncision, jeûnait et recommandait la virginité. Poursuivi par les Juifs, il se serait retiré dans une caverne, où il se serait laissé mourir de faim. Selon les auteurs catholiques, des groupements se réclamaient encore de lui au IVe siècle.

Les hérésiologues chrétiens le classent parmi les gnostiques. Et l'on peut remarquer à ce propos qu'un texte gnostique retrouvé à Nag-Hammadi, les Trois stèles de Seth, est attribué à Dosithée.

Sources juives et chrétiennes[modifier | modifier le code]

Il vivait probablement au premier siècle de l'ère chrétienne. Irénée de Lyon fait de Simon le Mage (« disciple de Dosithée ») la racine de toutes les hérésies chrétiennes. Cette affirmation relève toutefois plus de la théologie que d'une analyse historique. Selon le pseudo-Tertullien, il aurait été le premier à rejeter les livres des Prophètes, c'est-à-dire qu'il ne reconnaissait comme écriture sacrée que la Torah (les 5 premiers livres de la Bible). Cette reconnaissance de la seule Torah est une position traditionnelle des Samaritains[3]. Jérôme de Stridon raconte à peu près la même chose. Hippolyte commence son énumération de trente-deux hérésies en citant « Dositheos », ce qui confirme la position théologique des autres hérésiologues chrétiens, qui voient dans ce mouvement une origine unique à toutes les hérésies[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Dositheos (Samaritan) » (voir la liste des auteurs).

  1. a, b et c Christelle Jullien, Florence Jullien, Aux origines de l'église de Perse: les Actes de Mār Māri, p. 29.
  2. (en) Jean Daniélou, The Dead Sea Scrolls and Primitive Christianity, Mentor Edition, 1962 (version originale en français en 1957) p. 95-96.
  3. Il a aussi été noté que chez les Juifs, cette position était celle des Sadducéens. Il n'est pas sûr que l'on puisse en déduire un lien entre Dosithée et les Sadducéens.
  4. Comme la liste d'Hippolyte comprend les Sadducéens et que l'hérésie de Dosithée est citée en premier, certains y ont vu la confirmation que le schisme dosithéen aurait été à l'origine de la secte des Sadducéens. Toutefois cela ferait vivre Dosithée au IIIe siècle av. J.-C., ce qui est incompatible avec les données scripturaires disponibles.

Sources[modifier | modifier le code]

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