Discussion:Audre Lorde

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    Article à purger[modifier le code]

    Cet article contient des anachronismes, ainsi Audre Lorde a certes jeté des fondements de l'intersectionnalité mais on ne peut pas dire qu'elle une militante de l'intersectionnalité, mouvement qui s'est développé après son décès ! Par ailleurs la section Audre Lorde, poétesse avant tout n'est pas encyclopédique, il s'agit d'un POV ou d'un TI qui si elle n'est pas rapidement sourcée devra être supprimée. Enfin la page prix et distinctions est curieusement videBernard Botturi (discuter) 20 mars 2020 à 17:54 (CET)[répondre]

    Merci pour le travail réalisé! En effet la section prix est vide et pourtant il y a matière... — Nattes à chat [chat] 28 mars 2020 à 14:48 (CET)[répondre]

    Partie à sourcer[modifier le code]

    Je remets ici toute une partie de l'article qui ne comporte pas de références pour la retravailler — Nattes à chat [chat] 4 août 2021 à 01:27 (CEST)[répondre]

    C'est un peu violent, @Nattes à chat : j'avais travaillé et sourcé certains paragraphes, il n'y a pas trop de raison de les retirer. Si tu penses retravailler certaines parties, pourquoi ne pas attendre de les avoir retravaillées ? --Pa2chant.bis (discuter) 4 août 2021 à 04:30 (CEST)[répondre]
    Ah pardon je pensais juste les retravailler ici et les rajouter petit à petit une fois les sources liées! Remets les si tu veux et excuse moi (avec le bandeau à sourcer du coup). — Nattes à chat [chat] 4 août 2021 à 09:32 (CEST)[répondre]
    Bonjour Pa2chant.bis et Nattes à chat Émoticône. Une partie du travail peut être fait sur quote. J’ai ébauché une page y’a qlq temps sans voir la section ci dessous… étrangement j’ai commencé avec « Poetry Is Not a Luxuary ». Quand je vois la section Réf, je suis tenté de rappeler les modèles style {{Voir autre projet}}, {{note autre projet}}. Je suis en pause dej, je bosse un peu dessus soir-ce et demain. NHP à participer. Bien à vous. Malik2Mars (discuter) 4 décembre 2021 à 13:46 (CET)[répondre]
    « Silence vaut acceptation », maybe… bref… Il me semble difficile sur wp de rapporter toutes les « citations » pertinentes si on veut rester synthétique, et quote me semble idéal en complément en liant ici avec les modèles adéquates. Un peu comme le propose cet article : Céline Perrin, « Sister Outsider d’Audre Lorde : la poésie et la colère », Nouvelles Questions Féministes, vol. 23, no 3,‎ (ISSN 0248-4951 et 2297-3850, DOI 10.3917/nqf.233.0126, lire en ligne, consulté le ). Je continue ainsi donc, petit à petit. Malik2Mars (discuter) 17 décembre 2021 à 17:36 (CET)[répondre]
    NHP Malik! Je suis d’accord mais je n’ai pas tout compris puisque la question initiale concernait le sourçage pas les citations ? Bien à toi, nattes. — Nattes à chat [chat] 18 décembre 2021 à 13:11 (CET)[répondre]
    Salut @Nattes à chat, désolé quand il est question de citations, de quote, j’ai tendance à divaguer : déformation wikiquotienne Émoticône. Blague à part, tu écris « une partie de l'article qui ne comporte pas de références pour la retravailler », je réponds : « Une partie du travail peut être fait sur quote. » Ci-dessous, on trouve plusieurs citations, traduites librement. Ces citations sont à sourcer aussi (d’ailleurs, il y a section liens externes un site qui donne 3 des Trad publiées…), et sur quote : une citation = une source. Évidemment, pour ce qui entoure les citations ici (analyses, commentaires, toussa toussa…) il faut s’appuyer sur des sources secondaires et je ne suis pas sans savoir qu’elles sont souvent en anglais … mais certaines sources primaires sont dispo en fr. Bref. Je peux continuer à divaguer sur l’intérêt de proposer ces compléments à l’aide des projets frères mais je pense, maintenant, que c’est peine perdue. Ce qui n’enlève rien à ma motivation d’enrichir Wikiquote petit à petit, puis d’ajouter les modèles, retoucher les citations et les sources ici si besoin. Bien à toi, Malik2Mars (discuter) 19 décembre 2021 à 15:07 (CET)[répondre]

    Ce n’est pas peine perdue tu fais bien de rappeler l'existence de wikiquote. Mais une journée a 24h et je ne peux contribuer partout :/. Je contribue occasionnellement à Wikiquote. Mais le projet que je préfère c’est wikipedia, notamment parce qu’il y a des débats et plus de discussions que sur wikisource, wikidata ou quote. Bon dimanche ! — Nattes à chat [chat] 19 décembre 2021 à 15:33 (CET)[répondre]

    Œuvre[modifier le code]

    Pour Lorde, la poésie n’est pas un luxe, sur le plan économique, elle démontre en quoi la poésie peut être l’outil des plus précaires. Sur l'opposition prose-poésie, Lorde met en lumière une différence économique essentielle pour renforcer son argumentation. Si on a l'habitude de considérer la poésie comme un objet élitiste qui exclurait les plus précaires, Lorde montre que finalement, la poésie est aussi accessible à la classe moyenne et aux plus précaires.  En effet, la poésie nécessite moins de matériel (papier, feuilles, machine à écrire) et moins de temps. « As we reclaim our literature, poetry has been the major voice of poor, working class, and Colored women » (Alors que nous réclamions notre propre littérature, la poésie s'est imposée comme la voie la plus importante pour les pauvres, pour la classe ouvrière, et pour les femmes racisées.) écrit-elle dans Sister Outsider[1].

    Trouver sa voix c'est survivre[modifier le code]

    « The poem was my response » (Le poème était ma réponse). Dans l'interview avec Adrienne Rich, de Sister Outsider, Lorde explique que plus jeune, quand on lui demandait ce qu'elle pensait ou comment elle se sentait, elle trouvait plus simple de réciter un poème « somewhere in that poem would be the feeling, the vital piece of information » (quelque part dans ce poème il y aurait le sentiment, un morceau vital de l'information), elle n'avait pas d’autre manière de répondre à ces questions. Elle explique que le poème est devenu son langage : « I kept myself through feeling » (je me gardais à travers les sentiments). La poésie est essentielle car elle permet de trouver une voix, de trouver sa propre voix, voix que l’on veut faire taire. Ainsi, parler c’est survivre.

    Nommer pour exister[modifier le code]

    La poésie ne peut être un luxe, puisque qu’elle permet d’exister. La poésie possède ce pouvoir magique de nommer ce qui, jusque là était de l’ordre de l’informe, d’un innommable ressenti. La poésie acquiert cette force de faire naitre quelque chose de ce sentiment chaotique, qui restait dans l'air. Les deux formules « I think, therefore I am » et « I feel, therefore I can be free » sont éloquentes dans leur différences de perspective. La rationalité « I think » qui mène à la conscience de soi, et donc à la prise de conscience de sa propre existence, cède le pas à la sensibilité. La sensibilité devient la clef pour exister, puis dans un second temps, la source d'une existence libérée, qui met des mots et se saisit d’une réalité restée à l’état informulé. En mettant des mots sur sa haine en faisant l'expérience du racisme, du sexisme, de l'homophobie, du classicisme, Lorde s'empare de son expérience intime pour mieux saisir sa réalité. Elle rend ainsi audible sa colère, en l'ordonnant et en la catalysant dans la poésie, en en faisant une arme de combat et un outil de revendication qui la libère et qui lui donne une voix et une communauté avec laquelle partager cette expérience. Nommer c'est faire acte de « self-revelation » c'est-à-dire d'auto-révélation, de soi-même, et de ses identités multiples. La poésie fait partie des outils qui permettent de faire face au racisme dans une réponse construire, qui donne de la forme à la colère.

    « Ton silence ne te protégera pas »[modifier le code]

    Une fois cette voix trouvée, Lorde la transforme en action. Dans l'article « The transformation of silence into Language and action », Audre Lorde rappelle que sa poésie doit circuler, et mettre des mots sur la colère de toutes ces autres qui n'ont pas encore nommé ces violences: « it is to share and spread also those words that are meaningful to us »(il s'agit de partager et répandre aussi ces mots qui ont tellement de sens pour nous). Elle combat le silence, qui est l'outil de l'oppresseur. Nous l'avons vu, elle a grandi en étant surprotégée, et sa prise de conscience de son corps féminin, noire, dans une société patriarcale, raciste, hétéronormée et capitaliste, l'a confrontée à repenser le silence. Elle écrit « Your silence will not protect you » (Ton silence ne te protégera pas). Garder le silence face à l'injonction d'une société oppressive et violente, ne protège pas l'oppréssé.e. Au contraire, dira Lorde, la seule façon de survivre, et elle utilise ce mot avec son sens plein, n'est pas de se taire mais bien de prendre la place nécessaire pour exister[2]. Se taire c'est mourir, car c’est rester hors de tout espace qui nous fait exister. L'oppressé.ée doit arracher son espace vital, qui lui est de fait, refusé. Parler et mettre fin à ce silence, c'est survivre, car comme elle l'écrit « the weight of that silence will choke us » (le poids de ce silence nous étouffera). Lorde appelle à mener une guerre contre la tyrannie du silence, d'une société autoritaire et meurtrière «  a war against the tyrannies of silence »( une guerre contre les tyrannies du silence)[2]. « Son entreprise relève d’un acte radical de se définir, ce qui participe de la politique centrale pour elle de la dénomination ». Devenir visible et s'affirmer, c'est combattre l'injonction de se taire et l'injonction de ne pas exister du tout : « And that visibility which makes us most vulnerable is that which also is the source of our greatest strengh » (Et cette visibilité qui nous rend le plus vulnérable, est aussi celle là qui est la source de notre plus grande force). Dire et montrer qu'elle existe, cela donne à  Lorde une force inépuisable, ainsi elle peut servir de modèle de représentation pour différents groupes, et appeler à ce qu'ils se lèvent avec elle. Lorde, qui a de l'expérience sur le terrain militant, veut que ses mots soient les mots de ceux et celles qui demeurent encore muets. Mais elle exhorte aussi les membres de toutes les minorités à rompre le silence, qui est l'outil de leur exclusion[2].       

    Une pionnière de la poésie lesbienne noire[modifier le code]

    Dans l'article « Age, Race, Class : women redefining difference », Lorde revient sur la place du lesbianisme noir. Le lesbianisme dans la communauté noire est complètement effacé, il s'agirait pour les lesbiennes de réorganiser les rapports sociaux dans une société qui repose selon elle sur la dépendance à un homme, dans sa structure la plus élémentaire. Le lesbianisme serait par essence blanc, les lesbiennes noires seraient « un-Black» (non-noires). « The existence of Black Lesbian and gay people was not even allowed to cross the public consciousness of Black America » (On ne permettait même pas à l'existence des lesbiennes noires et des homosexuels de traverser l'inconscient collectif de l'Amérique noire). Lorde cite un exemple criard de cette exclusion des noirs de la communauté LGBTQ+ dans l'article « Learning from the 60's » ; elle rapporte les mots de la présidente de la vie étudiante de l'université de Howard lors du campus des élèves gays de Charter : « The Black community has nothing to do with such filth- we will have to abandon these people » (La communauté noire n'a rien à voir avec de tels immondices - il nous faudra abandonner ces gens). Ainsi les personnes noires LGBTQ+ ne trouvent la place d'exister ni dans la communauté noire, ni dans la communauté LGBTQ+ blanche, comment dès lors exister ? La formule « I asked myself for my existence » (J'ai du me poser moi-même cette question : est-ce que j'existe ?), montre les conséquences de ces oppressions, comment se trouver une légitimité dans un espace qui nous invisible et nous rejette frontalement ? Ce n'est pas seulement du rejet, c'est aussi faire intérioriser à une personne que des parties de son identité même, sont à détruire dans une violente négation ontologique.

    Elle fait ainsi entrer la poésie lesbienne noire dans la littérature. Elle utilise l'érotisme et la sensualité comme outil esthétique. Ainsi dans le poème « On a night of the full moon » ou « Love Poem », elle y aborde la sensualité lesbienne dans une sensualité brûlante de manière très explicite. Les parties du corps de sa partenaire sont des images, mais la poésie est incandescente de sensualité. Lorde n'hésite pas à rendre palpable et à rendre visible la sexualité entre deux femmes. Ainsi, elle leur donne de l'existence, une réalité, car le lesbianisme, de surcroît noir, demeure complètement annihilé. Ici, elle ouvre la voix à une sexualité féminine exaltée, dans un contexte raciste. Dans un article du journal Callaloo[3], elle revient sur les plans traditionnellement séparés du privé et de l'intime en écrivant : « Ma sexualité est une part et une partie de ce que je suis, ma poésie vient de l'intersection de ce que je suis et de mon monde ». Elle se présente comme suit : « I am standing here as a Black Lesbian poet ».

    Se réapproprier l'érotisme[modifier le code]

    Elle rappelle dans l'article « The Use of Erotic: The erotic as power », qu'il y a différentes formes de pouvoir, et que l'érotisme en est un. Lorde explique que l'oppression pour perdurer, doit maintenir l'érotisme à un stade informulé, non conceptualisé et muet. La société occidentale fait de l'érotisme une ressource dévaluée et utilisée à d'autre fins, notamment quand il est perverti, à de la pornographie. Le pouvoir érotique, dont Lorde crée un lien fort avec l'expérience d'être femme, s'avère être une force provocatrice que les hommes ont retourné contre elles[4]. La société occidentale a opposé au politique et au rationnel, le sensible, pour en faire quelque chose de futile et de faible. Le pouvoir érotique devient une forme d'affirmation de soi « Our erotic knowledge emporewers us » (Notre savoir de l'érotique nous rend plus fortes). Elle rappelle l'origine de ce mot, Eros, qui est une personnification de l'amour dans toutes ses acceptions, qui est né du Chaos, et qui représente essentiellement l’ expression de la créativité et de l’harmonie. Cette énergie créatrice se révèle être centrale, car elle est une force vitale qui rend plus fortes les femmes « lifeforce of women; of that creative energy emporewed, the knowledge and use of wich we are now reclaiming in our langage, our history » (une force vitale des femmes, de cette énergie créatrice qui rend plus fort, le savoir et avec laquelle nous nous réapproprions notre propre langage, notre propre histoire). Elle oppose ainsi érotisme et pornographie, la pornographie qu'elle définit comme la domination de la sensation sur le sentiment.

    Pour Lorde il s'agit de repenser tout un système de pensée, de valeurs et de société. Elle condamne ce qu'elle appelle cette « anti-erotic society » (une société anti-érotique), et propose une société où le profit et la rationalisation de toute chose, passerait après les besoins humains. Elle met en lumière les maux de cette société capitaliste, raciste, homophobe, sexiste sur le fait que, nous ayons mis au second plan la sensibilité. La conséquence la plus violente de cette société anti-érotique, est le fait que nous devons désormais vivre en dehors de nous-même, de nos besoins et de la réalité des rapports humains : « we live away from those erotic guides from within ourselves, then our lives are limited by external and alien forms, and we conform to the needs of a structure that is not based on human needs » (nous vivons en dehors des guides de l'érotisme qui sont en nous, ainsi nos vies sont limitées par des structures extérieures et étrangères, et nous devons nous conformer aux besoins d'une structure qui ne repose pas sur les besoins humains). Elle met en valeur l'articulation sexiste de la rationalité-sensibilité « the superficially erotic has been encouraged as a sign of female inferiority » (L’aspect superficiel de l’érotisme a été encouragé pour incarner l’infériorité du féminin).

    Références[modifier le code]

    1. (en) Audre Lorde, « A quote from Sister Outsider », sur www.goodreads.com (consulté le )
    2. a b et c (en) Lester C. Olson, « On the argins of Rethoric:Audre Lorde Transforming Silence into Language and Action », Quaterly Journal of Speech, no 83,‎ (lire en ligne)
    3. (en) Charles H. Rowell et Helen Elaine Lee, « An Interview with Helen Elaine Lee », Callaloo, vol. 23, no 1,‎ , p. 139–150 (ISSN 1080-6512, DOI 10.1353/cal.2000.0063, lire en ligne, consulté le )
    4. Perrin Céline, « Sister Outsider d’Audre Lorde : la poésie et la colère », Nouvelles Questions Féministes, vol. 23, nos 2004/3,‎ (DOI 10.3917/nqf.233.0126, lire en ligne)