Diogène d'Œnoanda

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Diogène d'Œnoanda
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Diogène d'Œnoanda est un épicurien grec du IIe siècle qui a fait graver un résumé de la philosophie d'Épicure sur un mur de portique dans la ville antique de Œnoanda en Lycie, dans la tétrapole des Milyens (Asie Mineure, en Turquie actuelle). Les fragments du mur retrouvé, qui s'étendait initialement sur 80 mètres, constituent une importante source de la philosophie épicurienne.

Notice biographique[modifier | modifier le code]

On ne sait rien de la vie de Diogène à part le peu d'informations qu'il nous révèle. Il était assez riche pour acquérir une grande étendue de terre dans la ville d'Œnoanda et y construire une place afin d'y graver son inscription. Celle-ci a été datée de la fin du IIe siècle par des méthodes épigraphiques et linguistiques. Ayant trouvé la paix par la pratique de la doctrine d'Épicure, il nous dit que dans sa vieillesse, il a été poussé à « aider ceux qui viendront après nous » et « donc à donner les remèdes du salut par le biais de ce porche ».

Les inscriptions[modifier | modifier le code]

Une stèle des ruines d'Oinoanda
Un fragment d'inscription à Oinoanda (1970)

Diogène a construit une place rectangulaire entourée d'un portique, et décorée de statues. Sur l'un des côtés les plus petits, il a dressé un portail, avec peut-être son mausolée sur le côté opposé. Sur les deux grands côtés, il a inscrit une longue liste de doctrines épicuriennes. L'inscription était haute de 2,37 mètres et s'étendait sur environ 80 mètres. Elle comprenait environ 25.000 mots et occupait une surface d'environ 260 mètres carrés. Les blocs de pierre inscrits ont été remployés dans la muraille tardo-antique d'Œnoanda, provoquant la dispersion de l'inscription. Elle a été découverte en 1884 par Maurice Holleaux et Pierre Paris[1], et le contenu des 64 premiers fragments a été publié en 1892. Depuis, d'autres fragments ont été découverts, notamment par Martin Ferguson Smith. Un quart de l'inscription a peut-être été récupéré.[réf. nécessaire]

L'inscription comprend trois traités écrits par Diogène, ainsi que diverses lettres et maximes:

  • Un Traité sur l'éthique, qui décrit la façon dont le plaisir est l'objectif de la vie, comment la vertu est un moyen d'y parvenir, et explique comment atteindre la vie heureuse.
  • Un Traité sur la physique, qui a de nombreux parallèles avec Lucrèce, et inclut des discussions sur les rêves, les Dieux, et contient un conte de l'origine de l'homme et l'invention de l'habillement, de la parole et l'écriture.
  • Un Traité sur la vieillesse, qui semble avoir défendu la vieillesse contre les ricanements des jeunes ; une petite partie de ce traité a survécu.
  • Lettres de Diogène à ses amis, qui comprend une lettre adressée à un certain Antipatros concernant la doctrine épicurienne la doctrine épicurienne de la Pluralité des mondes.
  • Maximes épicuriennes, une collection de proverbes d'Épicure et d'autres éminents épicuriens, qui a été ajouté à la fin du traité sur l'éthique.
  • Les lettres d'Épicure, qui comprend une lettre d'Épicure à sa mère sur le thème des rêves, et de la vie philosophique.

Références[modifier | modifier le code]

En français 
  • Dans D. Delattre - J. Pigeaud (éds), Les Epicuriens, Bibliothèque de la Pléiade, Paris, 2010, on trouvera une traduction (par P.-M. Morel) de l'ensemble des restes de l'inscription publiés à la date de 2009 (p. 1027-1072).
  • Alexandre Étienne et Dominic O'Meara, La Philosophie épicurienne sur pierre, Les fragments de Diogène d'Œnoanda, éditions universitaires de Fribourg, 1996, (ISBN 2204054828)
En anglais 
  • Mark P.O. Morford, The Roman Philosophers: From the Time of Cato the Censor to the Death of Marcus Aurelius, Routledge, 2002, (ISBN 0415188520)
  • John Undershell Powell et Eric Arthur Barber, New Chapters in the History of Greek Literature: Recent Discoveries in Greek Poetry and Prose of the Fourth and Following Centuries BC, Clarendon Press, 1921
  • Giovanni Reale, A History of Ancient Philosophy: The Schools of the Imperial Age, SUNY Press, 1990, (ISBN 0791401294)
  • Martin Ferguson Smith, Lucretius, On the Nature of Things, Hackett, 2001, (ISBN 1591023203)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Louis Robert, « Un oracle gravé à Oinoanda », CRAI, 115-3, 1971, p. 599 Lire en ligne

Liens externes[modifier | modifier le code]