Deuxième guerre scolaire

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La deuxième guerre scolaire est une crise politique qui agita la Belgique de 1950 à 1959. Elle aboutit à la conclusion du pacte scolaire.

Contexte et tensions[modifier | modifier le code]

La Belgique d'après guerre est fortement touchée par deux grandes questions délicates. La question royale et la guerre scolaire occupent les esprits et font passer le reste au second plan pour un temps. Malgré la place prise par la question royale sur le plan politique certains esprits s'échauffent déjà par rapport à la guerre scolaire quelques années avant le début de celle-ci. Notamment le cardinal Van Roey qui en janvier 49 critiquait déjà la situation de l'enseignement catholique. Une fois la question royale réglée la guerre scolaire prendra toute la place sur la scène politique Belge pendant presque dix ans.

Depuis la fin de la grande guerre les tensions entre flamands et wallons diminuent petit à petit mais après la deuxième guerre mondiale ces tensions repartent de plus belle et reviennent sur le devant de la scène politique Belge, ce sera le cas surtout dans les années 50 ce qui ira de pair avec le début de la guerre scolaire qui est liée à ces problèmes communautaires.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Manifestation de catholiques opposés à la « loi Collard », à Anvers, le .

Le 16 avril 1950, le Parti social-chrétien remporta la majorité absolue aux élections législatives. Pierre Harmel, ministre de l'Instruction publique dans le gouvernement de Joseph Pholien, augmenta les subventions de l'enseignement libre, principalement catholique pour favoriser son développement. Ce qui commença à créer des tensions de part et d'autres dans les différents camps.

Du 16 janvier 1952 au 12 avril 54 c'est le gouvernement de Jean van Houtte qui est à la tête du pays, le parti social-chrétien reste au pouvoir et continue sa politique sur l'enseignement.

En 1954, le Parti social-chrétien fut battu aux élections en perdant la majorité au parlement. Un gouvernement de coalition socialiste-libéral mené par Achille Van Acker se mit en place. Il adopta toute une série de mesures dans le domaine scolaire à l'initiative de Léo Collard, ministre de l'Instruction publique, il mène une politique anticlérical commune. Ces mesures visaient principalement à réduire les subventions versées à l'enseignement libre. Deux camps s'opposent alors, le camp clérical et le camp anticlérical, ces mesures déclencheront une vive opposition dans les rangs chrétiens couronnée par trois grandes manifestations à Bruxelles, notamment le 15 mars 1955.

Léo Collard dépose un projet de loi qui modifie entièrement les lois Harmel et permet de créer de nouvelles écoles. Un comité national pour la liberté et la démocratie est créé en opposition à ce projet de loi et la politique scolaire du gouvernement socialiste-libéral.

La loi mise en cause fut votée par les deux chambres malgré les nombreux meetings et manifestations. Les élections du 1er juin 1958 furent placées sous le signe de la question scolaire et la coalition qui avait fait voter la loi Collard perdit les élections de 1958 qui virent le Parti social-chrétien progresser et même obtenir la majorité absolue (en sièges) au Sénat, mais pas à la Chambre. Après que le gouvernement minoritaire social-chrétien homogène de Gaston Eyskens eut été mis en place, il appela les trois partis nationaux à se réunir et des discussions furent engagées. Le Pacte scolaire fut signé le 6 novembre 1958 et approuvé le 20 novembre 1958 le jour de la saint-Verhaegen qui devint un jour de fête pour les étudiants. Les libéraux rejoignirent le gouvernement et la loi consacrant le pacte scolaire fut votée le 29 mai 1959. Ce pacte scolaire contient notamment la gravité des études jusqu'à 18 ans , pas de minerval exigé et un choix possible entre la religion et la morale.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Vincent Dujardin et Michel Dumoulin, L'union fait-elle toujours la force?, Le cri, 2008, Bruxelles, la nouvelle histoire de Belgique: 1950-1970.
  • Els Witte, Jan de Groef et Jeffrey Tyssens, Le pacte scolaire de 1958: origines, principes et application d'un compromis Belge, Garant ,1999, Bruxelles, VUB press.
  • Jeyffrey Tyssens, Guerre et paix scolaires 1950-1952, De boeck, 1997, Bruxelles, Pol-His.
  • Françoise Rosart et Guy Zelis, Le monde catholique et la question sociale (1891-1950), Vie ouvrière, 1992, Bruxelles, Evo histoire.
  • Els Witte, Jan Craeybeckx, La Belgique politique de 1830 à nos jours: les tensions d'une démocratie bourgeoise, Labor, 1987,Bruxelles, Archives du futur histoire.