Delenda Carthago

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Delenda Carthago est une locution latine traditionnellement attribuée à Caton l'Ancien, mort en 149 av. J.-C., qui signifie « Il faut détruire Carthage ! » (littéralement « Carthage est à détruire »).

Parfois on la trouve aussi sous les formes Carthago delenda est ou Delenda est Carthago, dont l'authenticité syntaxique est néanmoins incertaine[réf. nécessaire].

Origine[modifier | modifier le code]

Bien que les Romains eussent remporté les deux premières Guerres puniques, ils connurent quelques revers et humiliations dans leur lutte d'influence contre la cité-État maritime et phénicienne de Carthage, dans le nord de la Tunisie actuelle. Cela les poussa à rechercher par vengeance la victoire totale qui s'exprime par cette formule. La Troisième guerre punique s'acheva par la destruction complète de la ville. La cité fut brûlée (des traces d'incendie sont visibles sur les quelques ruines qui restent de la Carthage phénicienne), rasée et les survivants vendus en esclavage. Les historiens se demandent si, oui ou non, les champs furent recouverts de sel. En tout cas, cette légende donne une idée de l'animosité romaine.

Selon la tradition, Caton l'Ancien prononçait cette formule à chaque fois qu'il commençait ou terminait un discours devant le Sénat romain, quel qu'en fût le sujet. Une autre version, plus souvent citée en Allemagne, ne semble pas présenter un plus grand caractère d'authenticité : « Ceterum censeo Carthaginem delendam esse » (« En outre, je pense que Carthage est à détruire »).

La formule de Caton n'est jamais rapportée au discours direct par les sources qui mentionnent cet épisode (Cicéron, Pline l'Ancien, Plutarque). Il est ainsi probable que la phrase restée dans les mémoires soit en réalité une simplification séduisante de la conclusion systématique des discours de Caton en 150 av. J.-C. L'expression s'emploie aujourd'hui pour parler d'une idée fixe, que l'on poursuit avec acharnement jusqu'à sa réalisation ; elle peut signifier aussi la nécessité de détruire une institution ou une structure devenue néfaste mais qui persiste.

Utilisation[modifier | modifier le code]

De nombreux auteurs reprennent l'expression pour indiquer leur acharnement à atteindre un but.

La citation est utilisée dans l'album des aventures d'Astérix le gaulois Les Lauriers de César : l'avocat romain d'Astérix et Obélix qui a reçu l'ordre de les défendre s'adresse à eux en disant : « j'ai un très bon discours ; ça commence comme ça : delenda carthago, disait le grand Caton... ». Il est pris ensuite de court par le procureur qui utilisera le premier la citation dans ses réquisitions. L'avocat demande alors une suspension d'audience.

Elle survit également grâce à son inclusion dans les « pages roses » du Petit Larousse, et en tant qu'exemple-type de l'emploi de l'adjectif verbal dans les grammaires latines, de même que d'autres exemples comme « Mihi colenda est virtus ».

C'est par référence à cette locution que la liste des officiers catholiques dont la carrière devait être bloquée avait été dénommée « Carthage » par le général André lors de l'affaire des fiches.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]