Désertification médicale en France

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Désertification médicale en Creuse.

La désertification médicale est une notion censée mettre en évidence le manque de praticiens dans une zone donnée, qu'il s'agisse de médecins généralistes, médecins spécialisés ou auxiliaires médicaux. En France, les principales baisses d'effectifs se font à l'extérieur des agglomérations.

En France[modifier | modifier le code]

Alors que le nombre de médecins n'a pas cessé d'augmenter, passant selon La Tribune de 275 praticiens pour 100 000 habitants en 1985, à 340 en 2005, on constate a contrario l'apparition de zones géographiques non ou mal couvertes par la présence de médecins. Ces zones se concentrent dans le secteur rural, particulièrement dans le nord de la France, ainsi que dans les banlieues. Il s'accompagne d'une baisse d'effectifs analogues pour les professions para-médicales telles qu'infirmières ou masseurs-kinésithérapeutes[1].

Causes[modifier | modifier le code]

Le numerus clausus instauré en 1971 vise à réglementer et limiter l'accessibilité à la profession pour les étudiants en médecine. Il est présent essentiellement en Première année commune de santé : PACES. Globalement, à la suite de cette réglementation, il y a environ 19 % seulement des étudiants qui passent en deuxième année[réf. nécessaire]. L'augmentation du nombre de médecins enregistrés entre 1985 et 2005 montre qu'il n'est pas à l'origine de la désertification médicale, en raison de son effet retard. Par contre, la baisse du nombre d'étudiants lors des décennies 80 et 90 devrait mécaniquement accroître ce phénomène. En 2010, le gouvernement a réagi en remontant dans un premier temps ce numerus clausus.

Dans les raisons de la faible attractivité des secteurs ruraux, il a été souligné des conditions de travail difficiles, avec des horaires chargés, et l'existence d'un cercle vicieux, la désertification ne faisant que renforcer les charges horaires du personnel médical concerné. Notamment, la règle de « permanence des soins » aboutit, en l'absence de volontaires, à la réquisition de médecins libéraux pour assurer les gardes de nuit et des jours fériés. Bien qu'en 2008 des propositions aient été faites par l'Assemblée Nationale pour ne pas revenir au mécanisme de gardes obligatoires de 2002[2] dans la pratique, lorsque la densité médicale est insuffisante, la permanence des soins se traduit par ces réquisitions, système qui est dénoncé à titre individuel[3] ou syndical[4] par des médecins devant y faire face.

Le vieillissement de la population, dont les traitements médicamenteux et chirurgicaux sont de plus en plus lourds, viendraient accroitre ce phénomène[5].

Un autre frein serait sociologique : le plus souvent les jeunes praticiens sont en couple et ont besoin de circuler rapidement sur le territoire, or, dans certaines zones géographiques il y a un manque d'infrastructures de communication[6].

L'attirance des jeunes vers l'exercice salarié au sein d'équipes et d'établissements généralement situés dans les villes favorise la mise en place de foyers d'habitations au niveau des villes qui vont créer des inégalités de répartition au sein du territoire français[pas clair].

Solutions envisagées[modifier | modifier le code]

Au plan local, la presse multiplie les exemples de communes prêtes à soutenir financièrement l'installation de médecins, voire à recruter dans des pays proposant de très faibles revenus à leurs médecins, tels que la Roumanie. L'une des limites à cette solution est la barrière de la langue. Or, la communication est un des fondements de la médecine[7].

Au plan national, la loi HPST votée le 29 juillet 2009[8],ne prévoit pas d'imposer aux médecins de s'installer dans les zones déficitaires mais vise simplement à l'élaboration d'un plan pointant les zones menacées par la désertification[9].

La voie la plus explorée en 2012 est la création de maisons médicales, regroupements de praticiens pouvant permettre d'assurer la permanence des soins tout en limitant en partie la charge de travail, et mutualisant une partie des coûts. Cette piste implique toutefois que la zone à équiper dispose encore d'un nombre significatifs de praticiens, et ne peut être mise en œuvre telle quelle dans les zones déjà désertées.

Janvier 2014 : la société H4D[10] dirigée par le docteur Franck Baudino installe la première cabine de télémédecine dans une résidence pour personnes âgées à Cluny (Saône-et-Loire). De cette manière, les médecins peuvent consulter les paramètres médicaux de ces derniers par Internet[11]. La société envisage d'étendre l'installation de ses appareils dans des maisons de retraite non médicalisées ainsi que dans des collectivités publiques appartenant à des zones rurales et des banlieues où sévit la désertification médicale.

Références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]