Démographie des îles Pitcairn

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La question de la démographie des îles Pitcairn est particulière en ce que la population varie de 46 à 48 habitants et que, au-delà de ce fait même, il est difficile d'établir des statistiques précises sur certains points, tel l'échelle des âges, étant donné la situation géographique isolée de l'endroit.

Le pic démographique avait été atteint en 1937 avec 233 habitants[1].

Origines[modifier | modifier le code]

Tous les résidents natifs des îles Pitcairn sont des descendants des mutins du Bounty, et ce fait est reflété par les noms de famille les plus fréquents dans cette région, les Christian faisant de toute évidence partie de la descendance de Fletcher Christian. Les habitants de ces îles sont des métis issus de l'union des mutins, d'origine européenne, avec des femmes polynésiennes qu'ils avaient rencontrées lors de leur passage à Tahiti.

Une naissance a eu lieu sur l'île en septembre 2003 : c'était la première depuis 17 ans. En juin 2004, un couple marié non natif de l'île, Shirley et Simon Young, s'est installé à Pitcairn : une première dans l'histoire de l'île, en tout cas depuis l'existence de registres d'état civil.

Langues[modifier | modifier le code]

La langue couramment parlée par la population est le pitkern, une langue créole dérivée de l'anglais du XVIIIe siècle, mâtiné de tahitien. Le pitkern est enseigné, en même temps que l'anglais, dans la seule école de l'île. Il est très proche du créole parlé sur l'île Norfolk, le norfuk, du fait du repeuplement de Norfolk par des habitants de Pitcairn au milieu du XIXe siècle.

Religion[modifier | modifier le code]

Les habitants des îles Pitcairn sont membres de l'Église adventiste du septième jour, et adoptent par conséquent un mode de vie relativement strict sur le plan de la morale. Officiellement, les marques d'affection en public et la consommation d'alcool sont prohibées. Dans la pratique, la consommation d'alcool est sanctionnée par les autorités de l'île, qui en ont l'occasion notamment lorsque des navires de croisière jettent l'ancre au large des côtes.

Éducation[modifier | modifier le code]

Étant donné l'absence de collège sur l'île, les préadolescents sont envoyés dans des internats en Nouvelle-Zélande ou en Australie. De ce fait, nombre d'entre eux choisissent de ne pas retourner vivre sur l'île, certains la qualifiant de « bidonville rural ». À cause de cet exode de la population, le CIA World Factbook fait état d'une population active estimée à 15 personnes en 2004.

Économie[modifier | modifier le code]

Les résidents des îles Pitcairn tirent leurs revenus du troc avec les navires de passage, ainsi que d'une forme de rétribution sociale accordée pour les travaux manuels effectués sur l'île. La chaloupe constitue l'un des éléments vitaux pour la communication avec le monde extérieur : les habitants de l'île empruntent ce type d'embarcation à partir de la Bounty Bay pour aller à la rencontre de tous les paquebots et cargos qui croisent au large des côtes. Les chaloupes sont gérées par la famille de l'ex-maire de l'île, la famille Christian.

Les habitants des îles Pitcairn entretiennent des liens privilégiés avec ceux de l'île Norfolk, nombre d'entre eux y ayant de la famille. Cela tient aux diverses tentatives de déplacement de la population vers Norfolk au cours de l'histoire de l'île, tentatives fructueuses pour la plupart. Il existe en outre une petite communauté d'expatriés de Pitcairn en Nouvelle-Zélande et en Australie. Les mandats envoyés par ces expatriés constituent une source de revenu annexe pour les habitants de l'île.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Édition française du National Geographic d'août 2002