Hacktivisme

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Manifestant anti ACTA, sur sa pancarte le slogan hacktiviste « L'information veut être libre ».

Le hacktivisme (mot-valise, contraction de hacker et activisme), aussi appelé cyberactivisme au Québec[1], est une forme de militantisme utilisant des compétences du piratage informatique dans le but de favoriser des changements politiques ou sociétaux.

Le terme vient de l'anglais et fut créé en 1994 par un membre du groupe de hacker Cult of the Dead Cow[2],[3]. Le mot hacktivisme est parfois ambigu sur le type d'activités qu'il comprend, certaines définitions y incluent les actes de Cyberterrorisme[4].

Description[modifier | modifier le code]

L'« hacktiviste » infiltre des réseaux informatiques à des fins militantes, et organise des opérations coup de poing technologiques : piratages, détournements de serveurs, remplacement de pages d'accueil par des tracts (défacement), vol et diffusion de données confidentielles etc.

La plupart de ceux qui se réclament de l’hacktivisme sont des représentants de la culture dite « Hacker » et se battent pour un Internet ouvert à tous et pour une totale liberté d’expression[5]. Ils s’inscrivent en général dans une dynamique libertaire et parlent d'oppression et de droits de l'homme. Cependant les méthodes de l’Hacktivisme sont très largement employées à l’échelle internationale dans les conflits géopolitiques, religieux (cyberdjihad) ou pour censurer des opposants politiques[6].

En raison du caractère illégal du piratage, les hacktivistes restent généralement dans l'anonymat et ceux qui utilisent la vidéo y apparaissent masqués et utilisent une synthèse vocale.

Certains hacktivistes deviennent des lanceurs d'alertes en diffusant des données confidentielles obtenues par piratage afin de dénoncer des agissements qu'ils cherchent à dénoncer en les faisant connaître à l'opinion publique.

Controverse[modifier | modifier le code]

Selon les points de vue, l'hacktivisme peut être une pratique technologique a but politique, ou une forme constructive anarchie de désobéissance civile, ou encore un geste indéfini contre le système. L'hacktivisme peut être le moyen de militants anticapitalistes ou de revendications politiques[7].

Certaines personnes qui se réclament de l'hactivisme ont entrepris la défacement de sites web pour des raisons politiques, par exemple l'attaque et la défiguration de sites gouvernementaux ou parfois de sites dont l'idéologie opposée[8]. D'autres, comme Oxblood Ruffin (the "foreign affairs minister" of Cult of the Dead Cow and Hacktivismo), ont souvent rejeté une vision de l'hactivisme qui impliquerait des deffigurations de sites web ou des attaques par déni de service[9].

Alors que certains hactivistes ont engagé des attaques DDoS, d'autres critiques pensent que les attaques DDoS peuvent avoir des effets pervers. Les attaques DDoS consomment beaucoup de ressources et peuvent provoquer une agressivité en réponse qui ne solutionnerait pas les problèmes.

A la suite de Attaque par déni de service du groupe Anonymous sur de multiples sites, en reponse à la apparent fermeture de Wikileaks, John Perry Barlow, un membre fondateur de EFF, a dit "I support freedom of expression, no matter whose, so I oppose DDoS attacks regardless of their target... they're the poison gas of cyberspace..."[10]. D'un autre côté, Jay Leiderman, un avocat pour de nombreux hacktivists, argumente que les DDoS peuvent être une forme de revendication légitime dans des situations précisément définies dans le temps, le lieu et la manière[11].

Formes[modifier | modifier le code]

Afin de mener leurs opérations à bien, les hacktivistes peuvent concevoir de nouveaux outils ou intégrer une variété d'outils logiciels disponibles. D'autres hactivistes s'occupent de faciliter l'accès à cette pratique pour permettre à d'autres d'engager des actions politiques en ligne.

  1. Code: Software et sitesweb a but politique. Par exemple, le software d'encryption PGP peut être utilisé pour sécuriser les communications; l'auteur de PGP, Phil Zimmermann dit qu'il l'a distribué d'abord au mouvement pacifiste[12]. WikiLeaks est un exemple de site web aux motivations politiques
  2. La mise en miroirs de sites web: est utilisé comme un moyen de circonvenir la censure ou le blockage de sites Internet. C'est une technique qui copie le contenu de sites internet censuré et l'affiche sur d'autres domaines et sous domaines qui ne sont pas censurés[13].
  3. Geo-bombing[14] : une technique par laquelle les netizens ajoutent un géotag aux vidéo YouTube afin que leur localisation soit visible sur Google Earth.
  4. Expression Anonyme: une manière de parler à une large public à propos des enjeux des droits humains, l'oppression gouvernementale, etc. utilisant différents outils comptes mails anonymes, IP masking, et d'autres outils permettant de préserver un haut niveau d'anonymité.

L'hacktivisme issu de la culture hacker[modifier | modifier le code]

Membres d'Anonymous, New York, à l'occupation de Wall Street. L'affiche dit « Les corrompus nous craignent. Les honnêtes nous soutiennent. Les Héros nous rejoignent. »

Les groupes les plus connus de la culture hacker sont Anonymous, Cult of the Dead Cow et LulzSec.

L'hacktivisme géopolitique[modifier | modifier le code]

De nombreux hackers agissent sur les terrains géopolitiques. IDF team est connu pour sa défense d’Israël, The Jester pour ses attaques patriotiques en faveur des États-Unis, l’ Armée électronique syrienne pour sa défense de la Syrie de Bachar el-Assad.

L'hacktivisme religieux[modifier | modifier le code]

Dans la pratique, tous les groupes hacktivistes religieux sont des hackers se revendiquant du djihad. Le plus connu est le cybercalifat qui travail pour l’État islamique. Le groupe d’hacktivistes djihadistes’’’Izz ad-Din al Qassam Cyber Fighters’’’ en 2012 et 2013 a aussi particulièrement marqué l’opinion publique en lançant l’Operation Ababil, un ensemble de plusieurs centaines d’attaques contre des banques américaines pour protester contre la diffusion par le pasteur américain Terry Jones d’une vidéo anti-islam. Le hacker saoudien OxOmar a aussi particulièrement fait parler de lui pour ses attaques répétées contre d’Israël « le grand ennemi de tous les musulmans » et pour sa destruction du site de l’artiste Danois ayant dessiné les caricatures de Mahomet[15].

L'hacktivisme de censure[modifier | modifier le code]

Ce sont les hackers dont la raison d’être est la censure des internautes avec lesquels ils ne sont pas d’accord. Par exemple, le Hacker russe Hell a attaqué plusieurs blogueurs, journalistes et écrivains russes de différents bords politiques. Bien que le hacker l’ait nié, il est accusé de travailler pour le FSB.[16] Antileaks est un groupe de Hacker contre wikileaks et Julian Assange.

L’hacktivisme à la Chinoise[modifier | modifier le code]

La Chine connait une forme d’Hacktivisme particulier aux tendances collectivistes et plutôt favorable à l’État et aux entreprises nationales[17]. Cet hacktivisme nationaliste se déploie sur le plan international, quand les hacktivistes considèrent l’honneur de leur pays attaqué[18] ou en politique intérieur contre les membres corrompus du parti. Cette dernière forme d’hacktivisme est particulièrement tolérée dans le cadre de l’entreprise de lutte contre la corruption du président Chinois Xi Jinping. Ainsi l’hacktivisme à la chinoise concourt à fortifier l’État chinois plutôt qu’il ne l’assiège[19].

Quelques figures hacktivistes[modifier | modifier le code]

Personnes :

Groupes :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « cyberactivisme », Grand dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française (consulté le 3 octobre 2017)
  2. (en) « Black Lives Matter Protests Happening Today At SF's Civic Center And Downtown Oakland », SFist, {{Article}} : paramètre « année » ou « date » manquant (lire en ligne)
  3. (en) Jeff Shantz et Jordon Tomblin, Cyber Disobedience: Re://Presenting Online Anarchy, John Hunt Publishing, (ISBN 9781782795551, lire en ligne)
  4. Peter Ludlow "What is a 'Hacktivist'?" The New York Times. January 2013.
  5. « Hacktivisme », huyghe.fr,‎ (lire en ligne)
  6. Albert de Mereuil et Annabel-Mauve Bonnefous, « Anatomie d’une cyber-attaque contre une entreprise : comprendre et prévenir les attaques par déni de service », GÉRER & COMPRENDRE,‎ (lire en ligne).
  7. (en) Steve Ragan, « Hactivism Struggles With a Slippery Slope as Anonymous Targets Children's Hospital », CSO Magazine, vol. 13,‎
  8. Rukundo, Solomon, Electronic protests: Hacktivism as a form of protest in Uganda Computer Law and Security Review Vol 33 Issue 5 718-728 http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0267364916301704
  9. Oxblood Ruffin, « Hacktivism, From Here to There », (consulté le 19 avril 2008)
  10. Reuters, « Analysis: WikiLeaks — a new face of cyber-war? », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne)
  11. (en) Jay Leiderman, « Why DDoS is Free Speech », The Guardian, London,‎ (lire en ligne)
  12. « PGP Marks 10th Anniversary », Phil Zimmermann (consulté le 23 août 2010)
  13. (en) Sami Ben Gharbia, « Mirroring a Censored Wordpress Blog », Global Voices Advocacy (consulté le 9 février 2011)
  14. http://advocacy.globalvoicesonline.org/projects/advocacy-20-guide-tools-for-digital-advocacy/geo-bombing-youtube-google-earth/
  15. Albert de Mereuil, Comment une entreprise peut-elle éviter les attaques par déni de service ?, NEOMA BS
  16. (en) « Russia: Hacker Hell, Scourge of the RuNet », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ (lire en ligne)
  17. (en) Jack Linchuan Qiu, « The Internet in China: Data and Issues », Annenberg Research Seminar on International Communication,‎ (lire en ligne).
  18. (en) Nir Kshetri, « Cybercrime and cyber-security issues associated with China: some economic and institutional considerations », Electronic Commerce Research,‎ .
  19. Albert de Mereuil, « L’hacktivisme en Chine est-il une menace pour le régime? », knowckers.org,‎ (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]