Cracksman

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Cracksman
Père Frankel
Mère Rhadegunda
Père de mère Pivotal
Sexe M
Naissance 2014
Pays de naissance Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Pays d'entraînement Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Éleveur Anthony Oppenheimer
Propriétaire Anthony Oppenheimer
Entraîneur John Gosden
Jockey Lanfranco Dettori
Record Timeform 136
FIAH 130
Nombre de courses 11
Nombre de victoires 8 (3 places)
Gains en courses 3 221 146 
Distinction Meilleur 3 ans européen de l'année (2017)
Principales victoires Champion Stakes
Coronation Cup
Prix Ganay

Cracksman (2014-) est un cheval de course pur sang anglais qui participe aux courses hippiques de plat. Né en Angleterre le , appartenant à son éleveur Anthony Oppenheimer, il est entraîné par John Gosden et monté par Lanfranco Dettori.

Carrière de courses[modifier | modifier le code]

Casaque d'Anthony E. Oppenheimer

Élevé par son propriétaire dans son haras Hascombe & Valiants Stud, Cracksman fait des débuts victorieux à 2 ans dans un maiden à Newmarket, monté par Robert Havlin, deuxième jockey de l'écurie Gosden, le premier jockey, Lanfranco Dettori, étant retenu sur le dos d'un certain Stradivarius qui finit quatrième ce jour-là, avant de devenir le meilleur stayer de sa génération. Dettori retrouve le poulain l'année suivante, alors que la saison est déjà bien avancée : Cracksman fait sa rentrée à Epsom dans une Listed, le Derby Trial qui, comme son nom l'indique, prépare au Derby d'Epsom. Le poulain, dont la réputation ne cesse de grandir, y laisse une impression mitigée, puisque, après un mauvais départ, il l'emporte mais de justesse, d'une courte tête face au dénommé Permian. Or ce même Permian allait quinze jours plus tard s'imposer dans les Dante Stakes, l'une des préparatoires les plus relevées au Derby. Voilà qui rehaussait nettement la performance de Cracksman, qui se présenta au départ du Derby, en juin, dans la peau du favori. Mais, encore un peu vert, il dut se contenter du deuxième accessit derrière deux poulains de Coolmore plus aguerris, Wings of Eagle et Cliffs of Moher. Cracksman doit encore progresser.

Et il progresse : dans l'Irish Derby, il échoue certes d'une encolure face à un autre poulains Coolmore, Capri, mais cette fois le Derby-winner Wings of Eagle termine derrière lui, à la troisième place. Et son écrasante victoire au cours de l'été dans les Great Voltigeur Stakes, un groupe 2 disputé à York, où il relègue à 6 longueurs Venice Beach, qui venait de terminer troisième du Grand Prix de Paris, le confirme. Le fils de Frankel a trouvé son style, et le moyen d'utiliser au mieux sa formidable puissance. Aussi, quand il débarque à Paris pour balayer ses adversaires dans le Prix Niel, la route vers le Prix de l'Arc de Triomphe semble toute tracée pour le 3 ans le plus impressionnant d'Europe. Mais, douche froide, son propriétaire annonce qu'il préfère préserver son champion en vue de l'Arc 2018. Cracksman, imitant le crack français Almanzor, qui avait suivi le même chemin l'année précédente, reste donc au chaud à Newmarket pour préparer les Champion Stakes, tandis que sa compagne d'écurie Enable se couvre de gloire dans l'Arc. Sa victoire dans les Champion Stakes sera le sommet de sa carrière : dans un style dévastateur, il relègue à quelque sept longueurs son dauphin Poet's Word, en passe de devenir l'un des meilleurs chevaux d'âge d'Europe, et le globe-trotter Highland Reel. Cette performance éblouissante lui vaut d'être sacré 3 ans européen de l'année, le troisième rating mondial de la FIAH (à égalité avec l'Américian Gun Runner, derrière l'Américain Arrogate et l'Australienne Winx, mais devant Enable) et un rating Timeform exceptionnel de 136, qui fait de lui le meilleur cheval du monde, à égalité avec le sprinter Battaash, mais devant Winx, Arrogate, Gun Runner et Enable[1], laquelle se consolent de ces ratings en étant sacrée cheval de l'année eu Europe.

Cracksman commence son année de 4 ans sur les chapeaux de roue, par une nouvelle démonstration, dans le Prix Ganay, remporté de 4 longueurs. La saison s'annonce bien, avec l'Arc en point de mire. Mais la sortie suivante du cheval sonne comme un premier avertissement. Certes, Cracksman remporte ce jour-là dans la Coronation Cup, la septième victoire de sa carrière, la cinquième consécutive. Mais la manière n'y est pas. Le lot n'est pas exceptionnel et le partenaire de Frankie Dettori doit s'employer pour arracher la victoire d'une encolure aux dépends du brave Salouen, un bon cheval certes, mais qu'un Cracksman des bons jours aurait écrasé[2]. John Gosden révèlera plus tard que son protégé s'était cogné dans sa stalle de départ, et a donc couru en étant quelque peu étourdi[3]. Il doit donc rassurer lors de sa prochaine sortie, trois semaines, plus tard, dans les Prince of Wales's Stakes, mais c'est le contraire qui arrive : il mord la poussière, sans action ni réaction face à l'accélération de Poet's Word. Le champion a une circonstance atténuante le terrain est trop léger pour ses aptitudes, mais ceci ne peut expliquer complètement qu'il soit battu par un cheval de fait au sommet de sa forme (il remportera les King George un mois plus tard), mais qu'il avait relégué à sept longueurs huit mois plus tôt. Dès lors, sa participation aux King George est annulée, comme celle aux International Stakes, puisque le soleil brille et que le terrain est annoncé léger[4]. Quand à l'Arc de Triomphe, il devient évident qu'il n'y prendra par qu'au seul cas où le terrain serait bien souple. Mais l'été sans fin qui règne sur la France laisse peu d'espoir de voir enfin Cracksman affronter Enable, et quelques jours avant la grande épreuve, son nom disparait de la liste des engagés[5]. En lieu et place d'une rencontre avec sa rivale à distance, qui réalise le doublé dans l'Arc, Cracksman se présente tente quant à lui le doublé dans les Champion Stakes, dans ce qui sera sa dernière apparition en compétition. Il s'y présente muni d’œillères, car le cheval, depuis quelque temps, s'intéresse moins à son travail, fait parler sa nature d'étalon et perd de l'influx dans le voisinage émoustillant des pouliches - ce qui peut expliquer aussi ses performances en demi-teinte[6]. Mais il est tout à son travail pour ses adieux publics ; mieux, on retrouve le grand Cracksman, ce rouleau-compresseur qui cloue sur place ses rivaux - lesquels, terminant à six longueurs, ont pour nom Crystal Ocean et autres Capri, une vieille connaissance. Cette performance lui vaut de terminer, à égalité avec Winx, en tête du bilan mondial de l'année selon la FIAH, avec un rating de 130, identique à celui de 2017[7]. Ainsi prend fin la carrière de cet authentique surdoué, avec le regret de ne pas l'avoir vu se produire dans l'Arc, où un affrontement avec l'autre phénomène de sa génération, Enable, aurait probablement marqué l'histoire des courses.

Palmarès[modifier | modifier le code]

Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni

Drapeau de la France France

Drapeau de l'Irlande Irlande

Au haras[modifier | modifier le code]

Cracksman entame sa première année de monte au haras de Dalham Stud, à Newmarket, au tarif de £ 25 000[8].

Origines[modifier | modifier le code]

Cracksman ressort de la première production, forcément très attendue, du phénomène Frankel, l'un des meilleurs chevaux de l'histoire des courses.

Article détaillé : Frankel.

Sa mère, Rhadegunda, fut une compétitrice honorable, lauréate au niveau Listed, qui outre Cracksman a donné Fantastic Moon (Dalakhani), vainqueur des Solario Stakes, un groupe 3 pour les 2 ans. Il s'agit de la même souche maternelle que l'autre joyau de Hascombe & Valiants Stud, Golden Horn, lauréat de l'Arc en 2015, ainsi que du Derby, des Irish Champion Stakes et des Eclipse Stakes. Cracksman et lui ont en effet pour quatrième mère la matronne Lora, d'où descendent en ligne directe On The House (1000 Guinées, Sussex Stakes) ou Rebecca Sharp, lauréate des Coronation Stakes et deuxième des Queen Elizabeth II Stakes. Il s'agit aussi, via la jument-base Courtessa, de la famille de la grande sprinteuse Habibti (Prix de l'Abbaye de Longchamp, July Cup, Moyglare Stud Stakes...), et des champions australiens Danewin et Octagona (cheval de l'année en Australie en 1996).

Origines de Cracksman
Père
Frankel
2008
Galileo
1998
Sadler's Wells Northern Dancer
Fairy Bridge
Urban Sea Miswaki
Allegretta
Kind
2001
Danehill Danzig
Razyana
Rainbow Lake Rainbow Quest
Rockfest
Mère
Rhadegunda
2004
Pivotal
1993
Polar Falcon Nureyev
Marie d'Argonne
Fearless Revival Cozzene
Stufida
St Radegund (GB)
1994
Green Desert Danzig
Foreign Courier
On the House Be My Guest
Lora (Famille: 9-c)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en-GB) « Global Horse Racing Rankings 2017 », Timeform,‎ (lire en ligne)
  2. « Arc 2018 : Cracksman ou l'art du contre-pied », L'Équipe,‎ (lire en ligne)
  3. (en) David Milnes, « Gosden reveals Cracksman hit head in stalls before Coronation Cup victory », sur www.racingpost.com, (consulté le 20 octobre 2018)
  4. « Cracksman et Roaring Lion impériaux à Ascot avant le haras », sur France sire (consulté le 20 octobre 2018)
  5. « Arc 2018 : Cracksman out, Enable in et servie par le tirage au sort », L'Équipe,‎ (lire en ligne)
  6. « Dettori et Cracksman en grands champions », L'Équipe,‎ (lire en ligne)
  7. « World's Best Rankings - 4th nov 2018 », sur International Federation of Horseracing Authorities, (consulté le 7 novembre 2018)
  8. (en) James Thomas, « Champion Cracksman to stand at Darley's Dalham Hall Stud in 2019 », sur www.racingpost.com (consulté le 10 novembre 2018)