Coup d'État au Niger en 2010

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Localisation du Niger

Le coup d'État au Niger en 2010 est mené par le commandant Salou Djibo en février 2010, dans un contexte de crise économique et de crise institutionnelle.

Le coup d'État est condamné par l'Union africaine, mais reçoit le soutien de certains membres de l'opposition. À la suite de ce coup d'État, le Niger est dirigé par Salou Djibo, en tant que président du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie, qui organise une élection présidentielle en janvier 2011.

Contexte[modifier | modifier le code]

Ce coup d'État a lieu alors que le Niger, un des plus pauvres pays d'Afrique, est frappé à nouveau par la famine[1], et traverse, dans le domaine politique, une crise institutionnelle de 9 mois qui a vu la dissolution de l'Assemblée nationale, un référendum pour une modification de la Constitution[2], une annulation du référendum par la Cour constitutionnelle, et enfin une dissolution de la Cour constitutionnelle. Peu de temps avant le coup d'État, Mamadou Tandja menaçait de se rapprocher de l'Iran et de la Chine, et notamment de vendre aux Iraniens son uranium brut[3].

Fin 2008, une campagne des supporters de Tandja, les Tazarchistes (de l'haoussa "Tazarché", continuité[4]), commence pour demander une extension de son mandat. Selon la constitution de 1999, le président ne peut avoir plus de deux mandats de 5 ans[5],[6]. En mars 2009, il annonce qu'il ne se présenterait pas pour un troisième mandat[7]. Mais début mai, il déclare : « Le peuple demande que je reste, je ne peux pas rester insensible à son appel »[8]. Une série de manifestations commence initialement dirigé par le PNDS-Tarayya, parti d'opposition mais il est rejoint par le CDS, un parti soutenant la coalition gouvernementale et permettant au MNSD d'avoir une majorité[9]. Le 25 mai 2009, dans un avis, la cour constitutionnelle nigérienne déclarait que le référendum était anticonstitutionnel et qu'il allait contre le serment que Mamadou Tandja avait prêté sur le Coran[10]. Le 26 mai, le chef de l'État dissout l'assemblée nationale[11]. Le 5 juin, le Conseil des ministres et le président approuvent un référendum qui doit se tenir le 4 août, pour la modification de la constitution pour permettre au président de se présenter une troisième fois[12].

Les événements de 2010[modifier | modifier le code]

Selon Moussa Mounkaila, chauffeur de la présidence, des militaires seraient intervenus le 18 février 2010 à la fin d'un conseil des ministres[13]. Le président Mamadou Tandja est arrêté [14]. Au moins trois militaires sont tués au cours de fusillades [2],[15].

C’est le premier coup d’État nigérien opéré sans le concours de l’état-major de l’armée. Le nouvel homme fort du Niger, Salou Djibo n'est que le commandant d'une compagnie, mais une compagnie dont la mission est décisive, la 5e compagnie de commandement d’appui et de services, chargée de la protection de la capitale et de la sécurisation des institutions. À ce titre, il contrôlait une part importante de l’arsenal militaire du Niger[1],[16].

La Constitution est suspendue, et toutes les institutions qui en dépendent sont dissoutes le soir même[14]. Le Niger est à présent gouverné par un Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD) [17].

Le coup d'État est condamné par l'Union africaine, mais reçoit le soutien de certains membres de l'opposition - tels Mahamadou Karijo[1].

Les suites du coup d’État[modifier | modifier le code]

À la suite du coup d'État, le Niger est dirigé par Salou Djibo, en tant que président du Conseil suprême pour la restauration de la démocratie[18],[19].

Des élections présidentielles sont organisées et se déroulent en janvier 2011.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Sabine Cessou, « Au Niger, les origines du putsch », Libération,‎ (lire en ligne)
  2. a et b Rédaction Le Monde.fr, « Le président du Niger renversé par un coup d'État militaire », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. http://www.temoust.org/echec-du-dialogue-inter-nigerien,13421
  4. Des Nigériens manifestent pour la mise en place d’une transition politique de trois ans dans leur pays par APANEWS sur jeuneafrique.com
  5. Article 36 : Le président de la République est élu pour cinq (5) ans au suffrage universel libre, direct, égal et secret. Il est rééligible une seule fois. [...]
  6. Le Président Tandja reste muet sur les appels en faveur d’une prolongation de son mandat par APANEWS sur jeuneafrique.com
  7. APA, « Je suis prêt à partir à la fin de mon mandat », affirme le Président nigérien », sur congoplus.info
  8. «Il faut un référendum, parce que le peuple demande que je reste» interview par Thomas Hofnug sur liberation.fr
  9. Declaration du Bureau Politique CDS Rahama sur le schéma « Tazartché » proposé au président de la république... sur tamtaminfo.com
  10. AVIS n° 02/CC du 25 mai 2009 de la Cour Constitutionnelle sur rfi.fr
  11. (en) Niger's Tandja dissolves parliament par reuters.
  12. Au conseil des ministres : le corps électoral convoqué pour le mardi 4 août 2009 - la campagne référendaire ouverte le lundi 13 juillet 2009 à 00 heure et close le dimanche 2 août 2009 à 24 heures sur le Sahel Dimanche
  13. Coup d'État au Niger par l'Associated Press cité sur yahoo.fr
  14. a et b Rédaction Le Monde.fr, Reuters et AFP, « Coup d'État au Niger, le président arrêté », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  15. Le Monde.fr, AFP et AP, « Niger : la junte assure vouloir rétablir la démocratie », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  16. Cherif Ouazani, « À ses militaires, le Niger reconnaissant », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  17. (en) "Military coup ousts Niger president Mamadou Tandja", British Broadcasting Corporation, 19 février 2010
  18. « Un Conseil militaire prend le pouvoir au Niger », Radio France international,‎ (lire en ligne)
  19. Agence France-Presse, « Niger : le chef d'escadron Salou Djibo, "président" du CSRD », Le Matin,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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