Cor de basset

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Cor de basset
Image illustrative de l’article Cor de basset
Cor de basset moderne, système allemand
fabriqué par Richard Müller (Brême).
Les 4 clés d'extension des notes de basset sont à l'arrière.

Variantes historiques
  • Tonalités historiques: ré, mi bémol, mi, sol, la
  • Tonalité usuelle : fa
Classification Instrument à vent
Famille Clarinettes
Tessiture
écrit
sonnant cor de basset en fa
Œuvres principales Mozart : Requiem...

Felix Mendelssohn : Konzertstücke (1833)

Instrumentistes bien connus Jacques Millon, Suzanne Stephens (en)
Facteurs bien connus Buffet Crampon, Herbert Wurlitzer, Leitner & Kraus, Schwenk & Seggelke


Le cor de basset fait partie de la famille des clarinettes, instrument à vent de la famille des bois à anche simple. Basset signifie « petite basse », le cor de basset ayant un son plus grave que la clarinette classique.

Le cor de basset est peu utilisé de nos jours, sauf pour jouer le répertoire classique (le compositeur allemand Richard Strauss l'intègre ainsi dans l'orchestration de certains de ses opéras, notamment dans Elektra (1909) (où il y en a deux), Le Chevalier à la rose en alternance avec la clarinette basse ou La Femme sans ombre. On peut compter dans son répertoire de nombreuses pièces de Mozart, en musique de chambre notamment. On peut aussi citer les concertos pour cor de basset et orchestre d'Alessandro Rolla et d'Heinrich Backofen, ainsi que les deux Konzertstücke (1833) de Felix Mendelssohn pour clarinette, cor de basset et piano.

Le cor de basset le plus courant et le plus pratiqué est celui comprenant un pavillon en laiton.

Histoire[modifier | modifier le code]

Cor de basset par Jakob Friedrich Grundmann (1787).

L'invention du cor de basset est attribuée à Anton et Johan Stadler vers 1770. La clarinette existe alors depuis près de 70 ans. Néanmoins Anton et Michael Mayrhofer de Passau, « inventeurs » autoproclamés, ont construit quatre instruments de type cors de basset courbes vers 1760 et n’étaient pas officiellement des facteurs d’instruments à vent (c'est-à-dire des tourneurs)[1], [2].

Très peu de cors de basset ont été fabriqués et utilisés en France dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle[3] par rapport à l'Allemagne et à la Bohême. Les premiers modèles étaient en mi, en mi bémol ou en ré.

Boîte d'un cor de basset placée à l'extrémité de l'instrument pour allonger le tube.

Les premiers cors de basset étaient de forme courbe en faucille terminée par une boîte formant un méandre pour allonger le tube et des clefs supplémentaires au pouce pour atteindre les notes graves supplémentaires jusqu'à l'ut grave (Michel Amlingue en France); ils présentaient une forme peu esthétique et surtout peu pratique. Ils eurent ensuite deux corps droits reliés par un compartiment coudé. On arriva finalement à une clarinette allongée droite, comportant des clés supplémentaires, et se terminant par un pavillon en métal (ce dernier permettant une meilleure projection du son).

Le cor de basset fut la première clarinette « non droite » et qui bénéficiait du système de pavillon courbé. Les premiers modèles étaient de forme courbe et de tonalité mi, mi bémol ou . On retrouve ensuite des modèles en sol et en la. Sonnant une tierce en dessous de la clarinette en la, et donc instrument transpositeur en fa qui est la tonalité qui s'imposera au XIXe siècle, le cor de basset peut-être considéré comme un premier pas vers la clarinette basse, inventée à la fin du XVIIIe siècle.

De nos jours certains fabricants reviennent aux sources et confectionnent des cors de basset droits et entièrement en ébène. Le son provenant du bois serait plus chaud et plus tendre, prétendument comme ce que connut Mozart.

Mozart et le cor de basset[modifier | modifier le code]

Wolfgang Amadeus Mozart était très sensible aux instruments à vent, et particulièrement à la clarinette. Le cor de basset provoqua chez lui un véritable engouement. La première utilisation par Mozart du cor de basset date de 1781. C′est pour la Sérénade KV 361 no 10 en si bémol, dite « Gran partita », qu'il utilise treize instruments à vent dont deux clarinettes en si bémol et deux cors de basset. Le mélange des deux timbres donnera lieu à une alchimie et à un certain nombre de combinaisons très douces.[réf. nécessaire]

Cette utilisation est un succès. Mozart utilisera le cor de basset (ainsi que la clarinette de basset) dans la plupart de ses pièces de musique de chambre pour instruments à vent. L'apothéose de sa passion pour cet instrument se trouve dans son œuvre ultime, son requiem, inauguré par un duo de cors de basset.

Répertoire ancien[modifier | modifier le code]

Répertoire contemporain[modifier | modifier le code]

Franz Schreker a utilisé le cor de basset dans quelques œuvres, dont les opéras Die Gezeichneten (1918) et Irrelohe (en) (1919). Roger Sessions a inclus un cor de basset pour son Concerto pour violon (1935), où il ouvre le mouvement lent dans un long duo avec le violon solo. Dans le dernier quart du XXe siècle et la première décennie du XXIe siècle, Karlheinz Stockhausen a beaucoup écrit pour le cor de basset, lui donnant une place de choix dans son cycle d'opéras Licht (1977-2003) et d'autres pièces (Traum, Formel (1981), Evas Spiegel (1984), Susani (1984), Die 7 Lieder Der Tage (1986), Freia (1991), In Freundschaft (1977)[4]).

  • Carl Maria von Weber, Sérénade sur Oberon pour cor de basset et deux guitares, op. 28, arrangée par Heinrich Neumann.
  • Alessandro Rolla, Concerto en fa majeur (1829), BI. 528, pour cor de basset et orchestre
  • Joseph Holbrooke, Sérénade pour 12 instruments, op. 61b (1915) ; cette pièce fait appel à la fois aux cors de basset et au hautbois d'amour.
  • Havergal Brian, Symphonie gothique (en) (1919–1927 - éd. 1932); cette œuvre fait appel à deux cors de basset.
  • Peter Schat, Etudes pour piano et orchestre, op. 39, (1992) ; cette pièce emploie 3 cors de basset dans l'orchestre.
  • Osvaldo Golijov, Dreams and Prayers of Isaac the Blind (1994) pour clarinettiste solo (clarinettes soprano, cor de basset et clarinette basse) et quatuor à cordes; arrangé plus tard pour clarinettiste solo et orchestre à cordes[5]
  • George Benjamin, Into the Little Hill (2006), opéra pour soprano, contralto et ensemble

Dans l'orgue[modifier | modifier le code]

Le « cor de basset » ou « corno di bassetto » est un jeu d'anches semblable à la clarinette. Il a un corps cylindrique.

Littérature[modifier | modifier le code]

Le nom italien de l'instrument, corno di bassetto, a été utilisé par George Bernard Shaw comme pseudonyme lorsqu'il écrivait des critiques musicales.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Thomas Graß et Dietrich Demus, « Musik-Katalog für Bassetthorn und Bassettklarinette », dans Das Bassetthorn. Seine Entwicklung und seine Musik“, Bod, Hrsg. T. Grass und D. Demus, (ISBN 3-8311-4411-7, lire en ligne [PDF])

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Cors de basset français et clarinettes altos en Fa », sur clariboles-et-cie.blogspot.com, (consulté le ).
  2. (de) « Bassetthorn von Anton und Michael Mayrhofer », sur objektkatalog.gnm.de (consulté le ).
  3. Jean Jeltsch, enseignant Université Charles-de-Gaulle – Lille 3, « Tentative de datation du cor de basset « A MELINGUE / A PARIS » E 2002.11.12 », Journée d’étude Dater l’instrument de musique, Cité de la musique,‎ , p. 48-59 (lire en ligne [PDF], consulté le ).
  4. « Stockhausen et le cor de basset », sur crescendo-magazine.be, (consulté le ).
  5. (en) Cheryl North, « Oakland Symphony performs a clarinetist's 'Dream' », Inside Bay Area,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]