Confédération de Varsovie

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L'acte original de la Confédération de Varsovie.

La Confédération de Varsovie (en polonais : Konfederacja warszawska) est un acte juridique promulgué par la noblesse polonaise lors de la Diète de la convocation le . Cet accord, considéré comme le compromis le plus abouti dans le contexte des tensions religieuses nées de la Réforme en Europe, fixe les conditions d'élection du roi de la République des Deux Nations et garantit la liberté de religion à toutes les confessions.

Contexte[modifier | modifier le code]

Le roi Sigismond II de Pologne (Zygmunt August) meurt en 1572 sans descendance et avec lui s'éteint la dynastie Jagellon. L'enjeu est de maintenir l'unité d'un État où la haute noblesse est très puissante et où cohabitent plusieurs nationalités (Polonais, Lituaniens, Juifs, Allemands, Biélorusses, Ukrainiens, Tatars, Lettons, Arméniens), langues et religions. La Pologne et la Lituanie sont des terres catholiques, mais où demeurent d'importantes communautés orthodoxes et protestantes. La République des Deux Nations abrite aussi de nombreuses minorités religieuses persécutées dans le reste de l'Europe (anabaptisme, antitrinitarisme, judaïsme).

Convoquée en janvier 1573, la Diète accepta le principe de l'élection libre du roi par acclamation de l'ensemble de la noblesse de la République, ainsi que l'acte de ce que l'on appelle de Confédération de Varsovie, instituant la tolérance religieuse et l'interdiction de guerres de religion. Cet acte constitua donc une garantie juridique des relations politiques et religieuses existantes [1],[2] que chaque monarque élu au trône de la Pologne devait signer et jurer de respecter avant son couronnement.

Le premier souverain ainsi élu au trône polono-lituanien était le frère du roi de France Charles IX, Henri de Valois (le futur Henri III). Le nouvel élu, connu pour sa participation au Massacre de la Saint-Barthélemy, devait donc prêter serment sur le respect des lois du royaume et le maintien de la paix civile entre les religions d’abord à Paris pour confirmer l’élection, puis en Pologne lors de son couronnement. Face aux réticences d’Henri à prêter le serment, un ambassadeur polonais, Jan Zborowski, lui aurait répliqué que s’il ne jurait pas, il ne régnerait pas (si non jurabis, non regnabis)[3]. Le duc d'Anjou finit par céder : la cérémonie eut lieu à Notre-Dame de Paris en septembre 1573.

En 2003, le texte a été inscrit sur le registre « Mémoire du monde » de l’Unesco.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La Confédération de Varsovie du 28 janvier 1573 : garantie de la tolérance religieuse. », sur UNESCO (consulté le 27 août 2009).
  2. « Varsovie », sur Grand Larousse encyclopédique, Larousse (consulté le 19 avril 2011).
  3. Teresa Malinowski, La République de Pologne dans les imprimés français (1573-1795) : penser les relations entre gouvernants et gouvernés à l’époque moderne, Université Paris-Nanterre, Université Adam-Mickiewicz de Poznań, (lire en ligne), p. 162.