Commission de recherche sur l'espace et la haute atmosphère

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Logo de la SUPARCO
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Nom officiel Space and Upper Atmosphere Research Commission (SUPARCO)
پاکستان خلائی و بالافضائی تحقیقی ماموریہ
Nom en français Commission de recherche sur l'espace et la haute atmosphère
Siège social Islamabad
Création 16 septembre 1961
Budget annuel 4,7 milliards de roupies pakistanaises
(2018-2019)
Directeur général Qaiser Anees Khurrum
(depuis le 15 août 2015)

La Commission de recherche sur l'espace et la haute atmosphère (en anglais, Space and Upper Atmosphere Research Commission abrégée SUPARCO ; en ourdou : سپارکو) est l'agence spatiale pakistanaise, responsable du programme spatial pakistanais. Elle a été créée en septembre 1961 sur ordre du président Muhammad Ayub Khan avant de devenir autonome en 1964. Son siège se situe à Islamabad.

L'agence a notamment développé des missiles à partir de 1962 puis des satellites d'observations et de communications à partir de 1990. Elle possède des bureaux à Lahore et à Karachi et est membre de l'Organisation de coopération spatiale Asie-Pacifique opérationnelle en 2008. Elle coopère surtout avec la Chine pour ses lancées et obtenir les technologies nécessaires.

Historique[modifier | modifier le code]

Le missile Rehbar en 1962.

Débuts[modifier | modifier le code]

Avant la création d'une agence spéciale, la recherche spatiale au Pakistan était limitée à des travaux entrepris en 1957 par le département de physique de l'Université du Pendjab. Depuis 1958, le physicien et futur lauréat du prix Nobel Abdus Salam incite les autorités à créer une agence spatiale publique. Il réussit à convaincre le président Muhammad Ayub Khan qui créé le 16 septembre 1961 une section de recherches en sciences spatiales (Space Sciences Research Wing) qui est alors incluse au sein de la Commission pakistanaise de l'énergie atomique (Pakistan Atomic Energy Commission)[1]. En coopération avec la NASA, la nouvelle section spatiale lance son premier missile baptisé Rehbar-I le 7 juin 1962[2]. Il s'élève à 130 kilomètres d'altitude en portant 36 kilogrammes de sodium. Un second missile Rehbar-II, est lancé deux jours plus tard[1].

En 1964, une agence spatiale indépendante est instaurée : la Commission de recherche sur l'espace et la haute atmosphère (Space and Upper Atmosphere Research Commission)[3]. Son siège se situe alors à Karachi[2]. Le 25 juillet 1964, elle est placée directement sous l'autorité du président de la République et quitte donc le champ de compétence de la Commission sur l'énergie atomique. Le 8 mars 1966, une résolution place la commission sous le contrôle du gouvernement et un texte du 19 avril 1967 fixe ses règles internes et de gouvernance[1].

Premiers satellites[modifier | modifier le code]

En 1984, sous le régime militaire de Muhammad Zia-ul-Haq, le pouvoir décide de couper des fonds de la commission qui parvient tout de même à travailler sur son premier satellite expérimental en orbite basse à partir de 1986. Baptisé Badr-1, il est lancé le 16 juillet 1990 grâce au lanceur chinois Longue Marche 2 et complète sa mission en 35 jours[1]. Son nom faire référence à la bataille de Badr[4]. Un satellite plus durable était censé le suivre rapidement, mais l'agence fait alors face à d'importants délais. Le Pakistan lance finalement son deuxième satellite le 10 décembre 2001 depuis le cosmodrome de Baïkonour grâce au lanceur ukrainien Zenit 2. Baptisé Badr-B, il a pour mission d'observer la Terre mais aussi d'analyser les rayonnements ionisants du Soleil et le champ magnétique terrestre[5]. Cependant, le contact avec le satellite est perdu au bout de deux ans seulement alors que sa mission devait en durer cinq, sans que la cause du problème ne soit révélée[6].

Le satellite Paksat-1.

Dans le même temps, l'agence développe son projet de satellite de télécommunications en orbite géostationnaire baptisé Paksat. Lancé dans les années 1980, le programme est cependant un échec et officiellement abandonné en 1993. L'agence spatiale choisit alors d'acheter un ancien satellite indonésien déjà placé en orbite en 1996. Celui-ci était détenu par Hughes Network Systems et Boeing et est repositionné pour le Pakistan le 20 décembre 2002 en étant rebaptisé Paksat-1[7].

En 2008, l'agence pakistanaise reprend le développement de son propre satellite de télécommunication pour remplacer Paksat-1. Dans ce but, elle signe un contrat de collaboration avec la société de sciences et technologies aérospatiales de Chine le 15 octobre. Nommé PakSat-1R, il est lancé le 12 août 2011 depuis la base de lancement de Xichang avec le lanceur Longue Marche 3B. Il se place avec succès en orbite pour une mission de quinze ans. Il couvre une région comprenant l'Asie du Sud, l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique de l'Est et établit des réseaux de télévisions et internet notamment[7].

Derniers projets[modifier | modifier le code]

Dans un discours sur l'avenir de l'agence, le Premier ministre Youssouf Raza Gilani a annoncé en janvier 2012 les projets futurs dans un programme baptisé « vision 2040 ». Celui-ci vise à lancer un nouveau satellite de télécommunication d'ici à 2021 pour remplacer PakSat-1R et l'agence ambitionne de concevoir, construire et lancer un satellite en toute autonomie. Le pays espère également se doter de trois satellites de télédétection avec des lancés tous les trois ans[6]. En 2018, le pays lance un projet de satellite de communication PakSat- MM1 (Pakistan Multi-Mission Satellite) dans le but de réduire sa dépendance aux satellites étrangers et créé un nouveau centre de recherche à Karachi[8].

Le 8 juillet 2018, le pays lance le Pakistan Remote Sensing Satellite (PRSS) avec pour mission la surveillance terrestre, remplaçant ainsi Badr-B quinze ans après sa perte. D'un poids de 1 200 kilogrammes, il est lancé par un Longue Marche 2C depuis la base de lancement de Jiuquan[9]. Alors que celui-ci est développé avec la Chine, le Pakistan lance au même moment le satellite expérimental PakTES-1A cette fois entièrement conçu dans le pays[10].

Rôle et mission[modifier | modifier le code]

Le missile de croisière Hatf 7.

La première mission de la SUPARCO a été de créer des missiles balistiques alors qu'elle était encore liée à la Commission pakistanaise de l'énergie atomique et que les militaires ont une importante influence sur elle, étant souvent dirigée par un général de l'armée pakistanaise[1]. L'agence a également établit une coentreprise avec les industries militaires du pays pour développer les missiles de croisière à capacité nucléaire de type Hatf. Les objectifs militaires de la SUPARCO comprennent la surveillance terrestre, notamment du rival indien[8]. L'agence vise également à établir un réseau de communication autonome, afin de s'affranchir de la dépendance des pays avec lesquels elle est obligée de coopérer[6].

Pour son budget annuel s'étendant du 1er juillet 2018 au 30 juin 2019, l'agence spatiale a été dotée de 4,7 milliards de roupies pakistanaises soit 32,4 millions d'euros[8].

Coopération internationale[modifier | modifier le code]

L'agence spatiale coopère avec plusieurs autres agences étrangères. C'est d'abord avec l'aide des États-Unis que le pays a débuté son programme spatial et de missiles. Les relations entre les deux pays se tendent toutefois nettement dans les années 1990 dans le contexte de la course à l'arme nucléaire. En 1991, l'administration George H. W. Bush impose des premières sanctions à la SUPARCO et celles-ci sont renforcées en 1998 sous la présidence de Bill Clinton. L'agence cherche alors des fournisseurs via l'Europe et se fournit illégalement auprès de la Corée du Nord. Toutes les sanctions sont finalement abandonnées en 2010[11].

L'agence pakistanaise collabore surtout avec la Chine, qui effectue la plupart de ses lancées et avec laquelle elle a développée le satellite PakSat-1R. En 2006, les deux pays ont signé des accords de coopération avec l'espoir pour le Pakistan de bénéficier de transferts de technologies chinoises alors que la puissance asiatique établira en échange une station de traçage de ses satellites au Pakistan[12]. Ce dernier nourrit aussi l'espoir de voir le premier Pakistanais dans l'espace à bord d'une mission chinoise.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e (en) History sur le site officiel de la SUPARCO
  2. a et b (en) Maninder Dabas, « Here Is The Story Of SUPARCO, Pakistan’s Space Agency Founded Before ISRO And Why It Failed », sur Indiatimes.com, (consulté le 25 septembre 2018)
  3. (en) Usman Ali Khan, « Pakistan’s space initiative », sur South Asia Journal, (consulté le 25 septembre 2018)
  4. (en) Badr-B sur eoportal.org
  5. (en) Badr B sur space.skyrocket.de
  6. a, b et c (en) Salman Siddiqui, « Lagging behind: 2040 - Pakistan’s space od[d]yssey », sur The Express Tribune, (consulté le 25 septembre 2018)
  7. a et b (en) PAKSAT-1 & PAKSAT-1R Communication Satellites sur globalsecurity.org
  8. a, b et c (en) Kalbe Ali, « Rs4.7bn allotted for Suparco projects », sur Dawn.com, (consulté le 25 septembre 2018)
  9. (en) Naveed Siddiqui, « Pakistan launches remote sensing satellite in China », sur Dawn.com, (consulté le 25 septembre 2018)
  10. (en) Bilal Karim Mughal, « Pakistan steps forward in astronomy and space sciences », sur Dawn.com, (consulté le 25 septembre 2018)
  11. (en) Space and Upper Atmosphere Research Commission (SUPARCO) sur nti.org
  12. (en) Syed Fazl-e-Haider, « China, Pakistan cooperate in space », sur Asia Times, (consulté le 25 septembre 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]