Claudine Munari

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Claudine Munari
Illustration.
Claudine Munari en décembre 2013 lors d'une conférence de l'OMC à Bali.
Fonctions
Députée de Mouyondzi (Bouenza)

(15 ans, 1 mois et 30 jours)
Élection
Réélection 5 août 2007
5 août 2012
Successeur Michel Mboussi Ngouari
Ministre du Commerce et des approvisionnements

(5 ans, 11 mois et 5 jours)
Président Denis Sassou-Nguesso
Premier ministre fonction supprimée
Prédécesseur Jeanne Dambendzet (en)
Successeur Euloge Landry Kolélas
Biographie
Nom de naissance Claudine Mabondzo
Date de naissance (66 ans)
Lieu de naissance Mouyondzi (Congo)
Nationalité Drapeau de la république du Congo Congolaise
Parti politique MUST (actuel)
UPADS
Diplômée de Université Panthéon-Sorbonne

Claudine Munari est une femme politique congolaise née le 7 décembre 1953 à Mouyondzi. Elle est présidente de la plateforme d'opposition Frocad depuis juillet 2016.

Entre 1992 et 1997, elle est directrice de cabinet du président Pascal Lissouba, avant de partir en exil quand celui-ci perd le pouvoir après la guerre civile. De retour au Congo, elle devient députée de la circonscription de Mouyondzi (2002-2017), puis créera également son propre parti, le Mouvement pour l'unité, la solidarité et le travail (MUST).

Nommée ministre du Commerce et des approvisionnements en 2009, elle est cependant limogée par le président Denis Sassou-Nguesso en 2015 après avoir critiqué son projet de changement de constitution.

Elle se présente par la suite à l'élection présidentielle de 2016, où elle recueille 1,54 % des voix.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse, débuts en politique et exil[modifier | modifier le code]

Née Claudine Mabondzo[N 1] le 7 décembre 1953 à Mouyondzi (Bouenza), elle est la fille d'un cadre des services agricoles[1] et fait partie du groupe ethnique des Beembe[2]. Après avoir obtenu un baccalauréat série D, elle part étudier en France où elle obtient un DESS en économétrie à l'Université Panthéon-Sorbonne[1]. De 1976 à 1981, elle travaille tour à tour pour l'entreprise Citroën (chargée d'études) ainsi que pour une entreprise de travaux publics (assistante du directeur financier). Elle rentre ensuite au Congo où elle occupe de 1982 à 1991 le poste de directrice administrative et financière du Ciata, un cabinet de conseil français[3],[4].

Lors de la Conférence nationale souveraine (1991), elle fait la connaissance de Pascal Lissouba. Elle participe avec lui à la création de l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), au sein duquel elle occupe le poste d'assistante chargée des finances et du matériel[1]. Quelques mois plus tard, elle devient directrice de cabinet de Pascal Lissouba à la suite de son élection à la présidence[3]. En 1996, elle sera également élue maire de sa ville natale de Mouyondzi[2]. Cependant, à la suite de la guerre civile et au départ forcé de Pascal Lissouba de la présidence en octobre 1997 au profit de Denis Sassou-Nguesso, elle doit partir en exil[5],[6].

Retour au Congo, députée et ministre (2001-2015)[modifier | modifier le code]

Claudine Munari revient au Congo en 2001 afin de participer au « dialogue national »[1], et se présente aux élections législatives de 2002 dans la circonscription de Mouyondzi en tant que candidate indépendante, tout en soutenant Denis Sassou-Nguesso[2]. Elle remporte l'élection dès le premier tour, et sera réélue lors des élections de 2007, toujours en tant que candidate indépendante. De 2007 à 2009, elle occupe également le poste de deuxième secrétaire de l'Assemblée nationale. C'est durant cette même période qu'elle créée son propre parti politique, le Mouvement pour l'unité, la solidarité et le travail (MUST)[3], sous l'étiquette duquel elle sera réélue députée lors des élections de 2012[7].

Le 15 septembre 2009, elle est nommée ministre du Commerce et des approvisionnements par Denis Sassou-Nguesso, succédant ainsi à Jeanne Dambendzet (en). Elle est reconduite à ce poste lors du remaniement du 25 septembre 2012[8]. Cependant, lorsqu'en 2015 le président souhaite faire changer la constitution du pays, afin notamment de pouvoir briguer un troisième mandat consécutif, Claudine Munari s'oppose à cette initiative, et participe à un « dialogue alternatif » avec des membres de l'opposition en juillet 2015[9]. À la suite de cela, elle est limogée de son poste de ministre le 10 août 2015 et remplacée par Euloge Landry Kolélas[8],[10]. La passation de pouvoir se déroule le 20 août 2015[11].

Opposition et élection présidentielle (depuis 2016)[modifier | modifier le code]

Désormais membre de l'opposition, Claudine Munari se porte candidate lors de l'élection présidentielle de mars 2016 sous l'étiquette de son propre parti, le MUST. Seule femme à se présenter, elle souhaite être « la présidente de l'unité et de la lutte contre le chômage des jeunes »[12] et a pour objectif de « changer radicalement le Congo »[13]. Elle recueille 1,54 % des voix, arrivant 7e sur neuf candidats. Elle n'accepte cependant pas la réélection de Denis Sassou-Nguesso, et appelle avec quatre autres candidats de l'opposition à contester de manière pacifique le résultat en faisant une « opération villes mortes »[14]. Puis, en avril 2016, elle publie un communiqué où elle fustige davantage la réélection de Denis Sassou-Nguesso, qu'elle qualifie de « forfaiture », car ce dernier n'aurait selon elle pas obtenu suffisamment de voix pour être réélu dès le premier tour[15].

Le 15 juillet 2016, elle accède à la présidence du Front républicain pour le respect de l'ordre constitutionnel et l'alternance démocratique (Frocad), une plateforme d'opposition[16],[17].

Lors des élections législatives de 2017, l'alliance Frocad-IDC (Initiative pour la démocratie au Congo) appelle au boycott des élections, arguant que « le contentieux électoral de 2016 n’a toujours pas été soldé » et que la crise que connaît le département du Pool, déchiré par des affrontements entre les forces de l'ordre et les miliciens du Pasteur Ntumi, ne permet pas des élections sereines[18],[19]. Claudine Munari ne se représente donc pas dans la circonscription de Mouyondzi, et est remplacée le 19 août par Michel Mboussi Ngouari (MNLC) - lui aussi ancien candidat à la présidentielle de 2016[20],[21].

En juin 2018, son parti, le MUST, est visé par l'application d'une loi de 2017 interdisant les formations politiques n'ayant pas d'élus pour les représenter[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Pascal Azad Doko, « Claudine Munari : « En tant que femmes, il nous appartient de revendiquer et prendre toute notre place » », La Semaine africaine, no 2752,‎ , p. 5 (lire en ligne [PDF])
  2. a b et c (en) John F. Clark et Samuel Decalo, Historical Dictionary of Republic of the Congo, Scarecrow Press, coll. « Historical Dictionaries of Africa », , 570 p. (ISBN 978-0-8108-7989-8, lire en ligne), p. 302
  3. a b et c Nancy France Loutoumba, « Qui est Claudine Munari ? », sur brazzaville-adiac.com,
  4. « Biographie de Claudine Munari Mabondzo », sur frocadidc.org
  5. « Claudine Munari - Femme politique, femme de courage », sur lesdirigeantes.com,
  6. Christophe Boisbouvier et Florence Morice, « Présidentielle au Congo-B: Claudine Munari (MUST)/ Parfait Kolelas (MCDDI) », sur rfi.fr,
  7. « JO de la République du Congo (p.8) » [PDF], sur sgg.cg,
  8. a et b « Les gouvernements du congo », sur izf.net
  9. « Congo-Brazzaville: les conclusions du dialogue de Sibiti remis au président », sur rfi.fr,
  10. Trésor Kibangula, « Congo-Brazzaville : qui face à Denis Sassou Nguesso à la présidentielle ? », sur jeuneafrique.com,
  11. lopelle Mboussa Gassia, « Commerce et approvisionnements : la concertation et la négociation, au cœur de l'action du nouveau ministre », sur adiac-congo.com,
  12. « Présidentielle au Congo-Brazzaville: Claudine Munari dévoile ses ambitions », sur rfi.fr,
  13. Firmin Oyé, « Election présidentielle : Claudine Munari propose douze engagements pour changer le Congo », sur adiac-congo.com,
  14. « Congo : 5 candidats appellent à contester pacifiquement la réélection de Denis Sassou Nguesso », sur jeuneafrique.com,
  15. Daouda MBaye, « Congo : Claudine Munari rejette la victoire de Sassou », sur lesafriques.com,
  16. Patrick Eric Mampouya, « L'intronisation officielle de Madame Claudine Munari comme présidente du FROCAD », sur dac-presse.com,
  17. Gos-Gaspard Lenckonov, « FROCAD : Claudine Munari prône un nouveau départ », sur portail242.info,
  18. Trésor Kibangula, « Législatives au Congo-Brazzaville : « J’y vais… j’y vais pas ? » », sur jeuneafrique.com,
  19. Dominique Tchimbakala, « Législatives : l'opposition congolaise en désordre de marche », sur information.tv5monde.com,
  20. Germaine Mapanga, « Législatives 2017 : voici la liste définitive des députés élus », sur lesechos-congobrazza.com,
  21. Bertrand Boukaka, « Congo – Assemblée Nationale : Isidore Mvouba accède au perchoir », sur lesechos-congobrazza.com,
  22. Arsène Séverin, « Une loi interdit des partis "non représentatifs" à Brazzaville », sur voaafrique.com,

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Parfois orthographié « Mabondzot ».

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