Pasteur Ntumi

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Pasteur Ntumi
Pastor Ntumi in 2007.jpg

Pasteur Ntumi en 2007

Biographie
Naissance
Nationalité
Activité

Le Révérend Pasteur Ntumi, de son nom de naissance Frédéric Bintsamou, est un pasteur, chef de milice et homme politique congolais né le à Brazzaville. « Ntumi » signifie « messager » en lari[1].

Il a dirigé de 1998 à 2005 les « Ninjas » engagés dans une guerre civile contre Denis Sassou Nguesso, présentée comme la « guerre de libération du Pool ». Entre 2007 et 2016, il a participé à la vie politique du pays, avant de devoir à nouveau prendre le maquis après l'élection présidentielle de mars 2016.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dans les années 1990, le pasteur recueillait les handicapés mentaux dans les rues de Brazzaville et les soignait.

En 1997, âgé de 33 ans, le Pasteur dit avoir eu une révélation de Dieu lui ordonnant de se réfugier dans le département du Pool et d'y préparer les « jeunes » à se défendre contre une invasion militaire. Par « les jeunes », il avait, dans un premier temps, estimé qu'il s'agissait de ses patients. Mais l'ordonnance se précisant et se clarifiant de plus en plus incluait les Ninjas réfugiés dans la région du Pool.

Il convainc plusieurs de ces ninjas, auparavant ralliés à Bernard Kolélas, ainsi que son entourage, pour la plupart ses anciens patients, et des jeunes désœuvrés, réputés être des fumeurs de drogues.

Guerre du Pool[modifier | modifier le code]

Entre 1998 et 2003, les ninjas du Pasteur Ntumi ont participé à la « Guerre du Pool », un conflit de basse-intensité prolongeant la Guerre civile du Congo-Brazzaville[2].

Ils ont été accusés d'exactions diverses à l'encontre des populations de la région, notamment pillages, viols et meurtres[3].

Implication politique[modifier | modifier le code]

En , Ntumi a signé un accord avec le gouvernement, par lequel il obtenait un poste de vice-ministre en échange du désarmement de sa milice, forte de 5 000 combattants[4]. Cet accord n'a pu être appliqué immédiatement. Ntumi a enfin occupé son poste de « Délégué général chargé de la promotion des valeurs de paix et de la réparation des séquelles de guerre » le [5].

Candidat du parti politique issu des Ninjas, le Conseil National des Résistance (CNR), il a été élu le 28 septembre 2014 conseiller départemental du Pool dans la circonscription de Mayama[6].

Il a fait campagne pour Guy-Brice Parfait Kolélas à l'élection présidentielle de mars 2016[7], qu'il estime avoir été truquée au profit du président Denis Sassou Nguesso[8]. Le gouvernement l'a accusé d'être responsable des affrontements qui ont suivi à Brazzaville (au moins 17 morts)[2]. Le président l'a démis de ses fonctions de Délégué général le 6 avril[7], un mandat d'arrêt a été émis contre lui[1],[9] et ses partisans ont repris les armes dans le Pool. Ils ont été accusés de l'attaque d'un train en septembre 2016 (14 morts)[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Political Violence Roils the Republic of Congo, Margaux Benn & Caroline Chauvet, The New York Times, 2 juin 2016.
  2. a et b (en) Congo-Brazzaville: Ex-government minister, Claudine Munari, accuses authorities of 'genocide', Elsa Buchanan, International Business Time, 14 avril 2016.
  3. (en) Congo-Brazzaville: Who are the 'Ninja' militiamen fighting government forces?, Elsa Buchanan, International Business Time, ' avril 2016.
  4. (en) John James, "Ninja leader due in Congo capital", BBC News, 10 September 2007.
  5. "Retour à Brazzaville du pasteur Ntumi", Radio France Internationale, 29 décembre 2009.
  6. "Résultats des élections locales du 28 septembre 2014", ADIAC, 6 octobre 2014.
  7. a et b Sassou démet le pasteur Ntumi de ses fonctions, VoAfrique.com, 7 avril 2016
  8. Congo : Le “pasteur” Ntumi : « Sassou a réarmé les rebelles Ninjas » (Interview), La Nouvelle Centrafrique, 6 avril 2016.
  9. Pasteur Ntumi au Congo-Brazzaville: «Nous ne sommes pas des terroristes», Congo Actuel, 6 octobre 2016.
  10. (en) Congo train attack kills 14 including children, AFP, repris par http://zeenews.india.com, 3 octobre 2016.

Liens externes[modifier | modifier le code]