Charles Claoué

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Charles Claoué (1897-1957) est un chirurgien français, précurseur de la chirurgie esthétique et réparatrice et défenseur des médecines alternatives.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles Claoué

Né le à Sète (Hérault), Charles Claoué fait ses études de médecine à l'université de Bordeaux pendant la première guerre. Son père, Raymond, médecin bordelais reconnu, lui conseille d'aller à Vienne, ville renommée pour son excellence en chirurgie du visage, notamment sur les mutilés de guerre. Il complète sa formation à Berlin auprès d'excellents chirurgiens.

Il épouse Isabelle Singrün le avec laquelle il a quatre fils. Devenu professeur d’anatomie à Bordeaux, il est nommé chef de service d’oto-rhino-laryngologie à la suite de son père et se spécialise dans la chirurgie réparatrice, pour refaire les « gueules cassées » de la Grande Guerre[1]. Il crée parallèlement le premier enseignement libre et privé de chirurgie réparatrice en collaboration avec des médecins tchèques. Il participe également à la création en 1931 de la Société française de chirurgie réparatrice, plastique et esthétique, dont il devient secrétaire général, ainsi que le premier Congrès international de chirurgie plastique. Il publie une technique de plastie mammaire puis ouvre un cabinet dans le XVIe arrondissement de Paris, 12 avenue Alphand, et acquiert une notoriété telle qu'il devient le chirurgien esthétique attitré de la haute société parisienne.

En outre, il participe activement à la naissance du cinéma scientifique en fondant avec Jean Painlevé la Cinémathèque scientifique française[2].

Cependant, la Seconde Guerre mondiale éclate. Germanophone et germanophile, il prend part, en tant que directeur de la “section scientifique”, au “groupement des énergies françaises pour l'unité continentale” fondé par Otto Abetz, autrement appelé Groupe Collaboration, qui réactive le Comité France-Allemagne d'avant-guerre[3]. Un moment inquiété par les autorités nazies dans l'affaire du sauvetage des petits-enfants du général Giraud, il échappe au camp de Drancy en partant pour Cognac (Charente), où la police allemande le retrouve finalement. Il est contraint, en échange d'une relative tranquillité, à attester de la mort accidentelle de la fille du général Giraud. Accusé de collaboration à la Libération, il sera relaxé par le tribunal.[réf. nécessaire]

En 1949, Charles Claoué, président du CEBEM (Centre d’études biologiques et médicales), décide avec Charles de Saint-Savin, magnétiseur, de regrouper les guérisseurs de France et crée le Groupement national pour l'organisation de la médecine auxiliaire (GNOMA)[4].

Grâce au travail de sa bru et collaboratrice Madeleine Meunier, il parvient à acquérir les 6 étages de l'immeuble où est installé son cabinet en seulement 3 mois et inaugure en 1950 la Clinique esthétique Alphand[5].

Il écrit plusieurs livres dont le plus connu est Le Mal d'Hippocrate, publié en 1950 aux éditions de la Liberté. Il se présenta à l'élection partielle de la deuxième circonscription de Paris les 22 juin et 6 juillet 1952[6].

Il meurt le en Seine-et-Oise à la suite d'un accident de voiture survenu porte Maillot le 23 janvier.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Avant-propos sur l'initiation sociale, 1948.
  • Pour un statut de la médecine libre, 1949.
  • Le Mal d'Hippocrate, éd. de la Liberté, 1950.
  • Une imposture : le malaise social de la médecine, 1952.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Témoignage de Madeleine Claoué, née Meunier, belle-fille de Charles Claoué (recueilli par Jonathan Lafarge, arrière-petit-fils de Charles Claoué, le ).[réf. nécessaire]
  • Pierre Taittinger, Et Paris ne fut pas détruit, Nouvelles éditions Latines, Paris, 1956.
  • Biographie des principales personnalités françaises décédées au cours de l'année 1957, Hachette, Paris, 1958.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Guirimand Nicolas « De la réparation des “gueules cassées” à la “sculpture du visage”. La naissance de la chirurgie esthétique en France pendant l'entre-deux-guerres » Actes de la recherche en science sociale, 2005/1 - no 156-157, p. 72-87. DOI:10.3917/arss.156.0072
  2. Hamery Roxane « Jean Painlevé et la promotion du cinéma scientifique en France dans les années trente » Revue 1895, no 47, 2005 et Hamery Roxane, Jean Painlevé : le cinéma au cœur de la vie, PUR, Rennes, 2009.
  3. Chevassus-Au-Louis Nicolas, Savants sous l'Occupation, Le Seuil, Paris, 2004, p. 55.
  4. Site du GNOMA
  5. La clinique est toujours en activité et est dirigée aujourd'hui par les petits-enfants de Charles Claoué.
  6. JORF, année 1952, n°69 Assemblée Nationale, publié le vendredi 11 juillet 1952, p. 3812 et 3877.