Chapelle Saint-Michel d'Épinal

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Chapelle Saint-Michel d'Épinal
La chapelle Saint-Michel d'Épinal
La chapelle Saint-Michel d'Épinal
Présentation
Culte Catholique romain
Type Chapelle
Rattachement Diocèse de Saint-Dié
Début de la construction XV°
Fin des travaux XIX°
Style dominant gothique
Protection  Inscrit MH (1992)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Vosges
Ville Épinal
Coordonnées 48° 10′ 49″ nord, 6° 27′ 45″ est

Géolocalisation sur la carte : Vosges

(Voir situation sur carte : Vosges)
Chapelle Saint-Michel d'Épinal

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Chapelle Saint-Michel d'Épinal

La chapelle Saint-Michel d’Épinal est une chapelle catholique de style gothique, construite entre 1477 et 1479 sur un éperon de grès rose, Mont-le-Duc, à proximité du centre d’Épinal, dans les Vosges. C’est la seule chapelle médiévale qui subsiste dans la périphérie de la ville. Ses voûtes sont ornées de peintures murales du XVe siècle[2]. Une travée supplémentaire, de style néo-roman, a été ajoutée en 1876. La chapelle Saint-Michel est inscrite à l’inventaire des monuments historiques depuis le 6 mai 1992.

Elle a été appelée aussi « chapelle du patronage » ou « chapelle des Dominicains »[3].

Historique[modifier | modifier le code]

Cette chapelle est fondée le 18 mars 1479 par le bourgeois René Molot, un des quatre jurés-gouverneurs de la ville d’Épinal entre 1464 et 1476, après accords du chapitre d’Épinal puis du duc de Lorraine René II[4]. On y dit deux messes par semaine pour le repos de son âme[5]. La chapelle est dès l’origine dédiée à saint Michel dont le culte connaît à la fin du Moyen Âge un renouveau dans le Nord-Est de la France, notamment à cause de son rôle dans la spiritualité de Jeanne d’Arc[6].

Dès le XVe siècle, la chapelle donne son nom au faubourg en contrebas jusque-là appelé faubourg de la Fontaine[7] puis à la rue et ensuite au cimetière érigé au moment de la Révolution[5].

Le 20 décembre 1791, la chapelle est vendue comme bien national ; elle est utilisée durant 80 ans comme bâtiment à usage agricole.

Le 22 décembre 1876, l’abbé Michel Auguste Brenier, curé d’Épinal, la rachète. Il mène une campagne de restauration de 1876 à 1880. Il fait notamment ajouter une travée supplémentaire de style néo-roman qui forme la façade ouest de la chapelle donnant sur la ville. La chapelle est rendue au culte. À la mort de son nouveau propriétaire, le 15 septembre 1900, elle est donnée à la paroisse. Un bâtiment est ajouté à l’est pour servir de salle aux activités de patronage.

Un gardien habite sur place jusqu’en 1987 mais la chapelle est progressivement abandonnée. Le vandalisme dont elle est l’objet décide l’association propriétaire à réagir. La chapelle est inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1992[1]. M. Gérard Adam entreprend sa rénovation à partir de 1993. Le bâtiment adjacent est démoli et les alentours sont aménagés.

Fresques et mobilier[modifier | modifier le code]

Les fresques[modifier | modifier le code]

Les fresques qui ornent les voûtes du chœur et de la dernière travée de la nef, datées du XVe siècle, figurent parmi les mieux conservées du département[8] mais « mériteraient d'être rénovées »[9]. Celles du chœur représentent le Jugement dernier, l’entrée au Paradis où figurent Saint Michel et Saint Pierre, ainsi que des anges musiciens. Celles de l’avant-chœur offrent une représentation des quatre évangélistes.

La mise au tombeau[modifier | modifier le code]

Cet ensemble pictural était complété par une mise au tombeau, vraisemblablement installée dans la chapelle du flanc sud, adjacente et contemporaine du chœur et de l'avant-chœur [4]. Elle comprenait huit personnages : Joseph d’Arimathie et Nicodème encadrant le corps du Christ reposant sur un sarcophage formaient un premier groupe, la Vierge, Saint Jean, Marie-Madeleine, Marie-Cléophas et Marie-Salomé constituant un second groupe en arrière-plan. Cette mise au tombeau a pris place en 1809 dans l’actuelle basilique Saint-Maurice d’Épinal pour y remplacer une précédente mise au tombeau détruite en 1792[4]. Elle s’y trouve toujours et a été classée monument historique au titre des objets immobiliers avec l’ensemble de l’église dès 1846.

La statuaire[modifier | modifier le code]

Les autres statues anciennes ont également été vendues en 1809, de sorte que les quelques statues remarquables de la chapelle aujourd’hui n’y figurent que depuis la dernière campagne de rénovation.

En 1996 une statue en bois de tilleul représentant Saint Michel, commandée à l’artiste Monik Grandemange, vient occuper la petite chapelle où se trouvait la Mise au tombeau[10]. En 2004 sont ensuite installées trois statues de pierre provenant de la façade de l’école de la Bourse, place Jeanne d’Arc à Épinal, où elles avaient été posées en 1872 : l’une représente une Vierge à l’enfant, une autre Jeanne d’Arc et la troisième Saint Vincent de Paul.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Notice no PA00107346, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. « Chapelle Saint-Michel », sur Base MédiatheK (consulté le 30 novembre 2016)
  3. « Carte postale ancienne », sur bmi.agglo-epinal.fr (consulté le 30 novembre 2016)
  4. a b et c Julien Louis, « La Mise au tombeau de la basilique Saint-Maurice d’Épinal », Annales de la Société d'émulation du département des Vosges, série Nouvelle série, no 16,‎ , p. 19-29 (ISSN 1146-7258)
  5. a et b Jean Bossu, « Rue Saint-Michel : une chapelle lui donna son nom », dans Chronique des rues d’Épinal, vol. 3, Épinal, Jeune chambre économique d'Épinal et de sa région, , IX-268 p., p. 162-165
  6. Catherine Guyon, « Le Culte de saint Michel dans la France de l'Est (Champagne, Lorraine, Alsace, Bourgogne, Franche-Comté) », dans Ex animo : mélanges d'histoire médiévale offerts à Michel Bur, Langres, D. Guéniot, , 526 p. (ISBN 978-2-87825-451-8), p. 437-518
  7. Frédéric Untereiner, Occupation du sol et peuplement dans le bassin d’Épinal des origines à la Guerre de Cent ans, Nancy, Université de Nancy 2, , p. 139
    Travail d'étude et de recherche sous la direction du professeur Michel Bur
  8. Ilona Hans-Collas, La Peinture murale en Lorraine du XIIIe au XVIe siècle, vol. V, Strasbourg, Université de Strasbourg, , p. 1464
    Thèse inédite. Ilona Hans-Collas cite des éléments du dossier de classement de 1992 établi par Mireille-Bénédicte Bouvet.
  9. Bernard Perrin, Chapelles des Vosges : histoire, légendes, traditions, pèlerinages, Essey-lès-Nancy, Imprimerie Christmann, , p. 87
  10. « La Chapelle Saint-Michel à Epinal », sur petit-patrimoine.com (consulté le 30 novembre 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]