Château de Tiffauges

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Château de Tiffauges
Image illustrative de l’article Château de Tiffauges
Entrée du château de Tiffauges
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIIe siècle
Fin construction XVIe siècle
Propriétaire initial Geoffroy de Thouars
Propriétaire actuel Conseil départemental de la Vendée
Destination actuelle Lieu culturel
Protection Logo monument historique Classé MH (1957)
Site web http://chateau-barbe-bleue.vendee.fr
Coordonnées 47° 00′ 59″ nord, 1° 06′ 53″ ouest
Pays Drapeau de la France France
Région historique Bas-Poitou
Région Pays de la Loire
Département Vendée
Commune Tiffauges
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de Tiffauges

Le château de Tiffauges est un château fort situé sur la commune de Tiffauges, dans le département de la Vendée. Il est parfois appelé «château de Barbe bleue», en référence au surnom de Gilles de Rais, son résident le plus célèbre.

Le château fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [1].

Géographie[modifier | modifier le code]

L'ouvrage[2] est positionné sur une butte, au confluent de la Sèvre nantaise et la Crûme. Cet emplacement lui confère une protection accrue face aux assaillants.

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est Geoffroy de Thouars qui construit le château au XIIe siècle et le village, situé le long de la Crume, au pied du promontoire, est ainsi protégé par un rempart muni de tours.

Le château est la dot de Catherine de Thouars qui épouse Gilles de Rais en 1420. C'est le lieu où ce dernier aurait perpétré ses atrocités. Après sa mort le , sa veuve Catherine de Thouars se remarie avec Jean II de Vendôme, vidame de Chartres. Celui-ci fait élever en 1520 la tour qui porte son nom, la tour du vidame.

Par la suite, le château entre en la possession de Jean III, fils de Catherine et de Jean II. Le fief passe ainsi de mains en mains tout au long de l'histoire.

En 1563, c'est le duc de Thouars qui en hérite. Celui-ci le cède par la suite à Bérande de Ferrière qui le remet à son frère, Jean de Ferrière. Le château est attaqué à maintes reprises et incendié en 1569 pendant les guerres de religion. Il est démantelé par ordonnance royale en 1626.

Le château joue encore un rôle dans la bataille de Torfou, dernière victoire vendéenne, le [3].

Architecture[modifier | modifier le code]

À l'angle sud de l'enceinte s'élève le donjon roman. Construit au XIIe siècle, celui-ci mesure initialement 18 mètres de côté pour une hauteur de 24 mètres. Il ne mesure plus que 18 mètres de haut. Il se caractérise par des contreforts aplatis sur ses angles, ce qui permet de l'inscrire dans la tradition des châteaux de Thouars. Le donjon subit une première destruction pendant la guerre de Cent Ans, puis Richelieu fait araser sa partie supérieure en 1626, le comblant ainsi de plusieurs tonnes de gravats. À la suite de la destruction partielle du donjon au début du XVe siècle, les seigneurs décident de renforcer la défense de ce dernier en construisant une chemise autour de l'édifice, nouvelle muraille doublant la première. Ce mur enserre le donjon sur ses faces nord, est et sud, le front ouest étant protégé par la tour-porte. Pour permettre de franchir l'enceinte, la chemise est flanquée d'une tour carrée à pont-levis à flèches formant une saillie : le châtelet[4].

Les ruines de la chapelle castrale Saint-Vincent sont à l'est du châtelet. Édifiée au XIIe siècle, cette chapelle seigneuriale se composait d'une nef, aujourd'hui disparue, d'un transept à bras très courts, d'un chœur et d'une abside où se trouve une des rares cryptes romanes subsistant en Vendée[4].

Au nord de l'enceinte, à l'opposé du donjon, se trouve la tour du Vidame, la plus grosse tour du château. Il s'agit d'une énorme tour d'artillerie édifiée vers 1520 et dont le plan dessine un fer à cheval, comme d'ailleurs la plupart des tours flanquant l'enceinte mais qui sont de taille plus modeste. Cette grosse tour d'artillerie aux murs considérablement épais, est typique de la fin du XVe siècle et du tout début du XVIe siècle, juste avant que le plan bastionné soit inventé en Italie. On peut observer de beaux exemples de ces fortes tours en fer à cheval dans l'Ouest de la France, notamment en Bretagne (châteaux de Nantes ou de Fougères). Un chemin de ronde porté sur 37 mâchicoulis coiffe le sommet des murs de la tour du Vidame et un curieux effet d'acoustique permet de communiquer à voix basse d'une extrémité à l'autre de ce chemin de ronde[3].

Au XXe siècle[modifier | modifier le code]

Le château est resté longtemps abandonné en ruines. La grande surface intérieure du château a même été utilisée pendant une période comme terrain de football du club local du Réveil sportif teiphalien (RST).

Le château connaît un essor touristique à partir des années 1990. Depuis 2002, il est la propriété du conseil départemental de la Vendée[5]. Il accueille une série de spectacles ainsi qu'un conservatoire de machines de guerre médiévales[6].

Le groupe de black metal symphonique Cradle of Filth, sur son album Godspeed on the Devil's Thunder (album hommage à Gilles de Rais), a une partie instrumentale intitulée Tiffauges.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA00110281, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Nicolas Faucherre - Le château de Tiffauges - p. 269-288, dans Congrès archéologique de France. 151e session. Vendée. 1993 - Société Française d'Archéologie - Paris - 1996
  3. a et b Yves Blomme 2000.
  4. a et b Panneau de présentation sur site
  5. « Une position stratégique », sur www.sitesculturels.vendee.fr (consulté le 16 septembre 2018)
  6. « Tiffauges, le plus grand conservatoire de machines médiévales en fonctionnement », sur jeveuxsauverlaplanete.fr, (consulté le 31 décembre 2018)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Auguste Billaud (abbé), Le château de Gilles de Retz et son histoire, Fontenay-le-Comte, Imprimerie P. et O. Lussaud, 1962, 64 p.
  • Joseph Aubert, Le Vieux Tiffauges, Sitol-Guibert, 1976, 158 p.
  • Yves Blomme, Poitou gothique, Paris, Éditions Picard, coll. « Les monuments de la France gothique », , 384 p. (ISBN 978-2708404397)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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