Château de Belcastel (Aveyron)

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Château de Belcastel
Image illustrative de l’article Château de Belcastel (Aveyron)
Le château de Belcastel surplombant le village.
Protection Logo monument historique Inscrit MH (1928)[1]
Site web https://www.chateaubelcastel.com/
Coordonnées 44° 23′ 20″ nord, 2° 20′ 10″ est
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Aveyron
Commune Belcastel
Géolocalisation sur la carte : France
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Château de Belcastel
Géolocalisation sur la carte : Occitanie
(Voir situation sur carte : Occitanie)
Château de Belcastel
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(Voir situation sur carte : Aveyron)
Château de Belcastel
Vue générale du château de Belcastel et du pont du village.

Le château de Belcastel est un ancien château fort, aujourd'hui en ruine, dont les vestiges se dressent sur la commune française de Belcastel dans le département de l'Aveyron, en région Occitanie.

À l’origine, simple chapelle au IXe siècle, puis forteresse au XIe siècle remaniée au XVe siècle, ruine au XIXe siècle restaurée au XXe siècle, le château de Belcastel connut nombre de transformations et de propriétaires au cours des siècles. Malgré l’appellation de « beau château », la signification originelle du nom différait radicalement. En occitan, ou langue d’Oc, « bel » signifiait en effet guerrier, puissant et « castel » signifiait forteresse. Ainsi, Belcastel ne fut pas construit pour servir de château d’agrément, mais bien de forteresse militaire.

Le château, tel qu’on peut le voir aujourd’hui, résulte de la volonté et de la vision du célèbre architecte Fernand Pouillon qui le restaura, pierre après pierre, dans les années 1970. L’œuvre de F. Pouillon inspira également la restauration du village de Belcastel, reconnu désormais comme « l’un des Plus Beaux Villages de France ».

Le château resta la propriété privée de Fernand Pouillon jusqu’à son décès, au village, le . En 2005, deux galeristes américains l’achetèrent et l’ouvrirent au public en tant que monument historique et galerie d’art florissante. L’intérieur du château a été enrichi par des expositions d’art et de sculptures tout en permettant à la forteresse médiévale et à la remarquable restauration architecturale de Fernand Pouillon de garder tout leur cachet.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le château adhérant de l'association la « Route des Seigneurs du Rouergue » regroupant dix-neuf châteaux, se dresse sur un éperon rocheux dominant le village de Belcastel, dans la vallée encaissée de l’Aveyron sur la rive nord, dans le département français de l'Aveyron. Il était un des jalons sur la route du sel[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Vue générale du château de Belcastel en septembre 2018.

Ce château du Moyen Âge (dont les fondations remonteraient au IXe siècle) a été attaqué par les Anglais pendant la guerre de Cent Ans, mais on pense qu'il ne fut jamais conquis.

Belcastel appartenait à une famille de ce nom dont un rameau a subsisté jusqu'au XVIIe siècle.

Le fief a été « acquis, en 1251, de Raymond de Belcastel, ruiné en croisades, par le comte Hugues IV de Rodez, et donné, en 1385 par Jean III d'Armagnac, comte de Rodez à Guillaume II de Saunhac[3] », écuyer du comte d'Armagnac, petit-fils de Guilhaume de Saunhac, grand-maître de l'ordre du Temple.

Après avoir appartenu à la famille de Saunhac, il passe dans la famille de Morlhon à la suite du mariage le de Marie de Saunhac de Belcastel avec Jean III de Morlhon, seigneur de Sanvensa et de Castelmary, sénéchal de Quercy et de Rouergue, puis dans celle de Buisson de Bournazel par le mariage le de leur fille Florette de Morlhon avec François Ier de Buisson, marquis de Bournazel, gouverneur et sénéchal de Rouergue, qui n'y résidera pas[4].

Au moment de la Révolution, le château était la possession de Claude de Buisson, marquis de Bournazel, dernier seigneur de Belcastel, mort le à Villefranche-de-Rouergue à l'âge de 91 ans[4].

Le château n'était plus habité ni entretenu depuis au moins le XVIIe siècle.

L'architecte Fernand Pouillon (1912-1986) le découvre en 1974 dans un état de ruine très avancé, et entreprend de le restaurer ainsi que le village. Le chemin d'accès et les ruelles étaient également en très mauvais état. « Il n'y a pas de chemin carrossable jusqu'au château. Je côtoie pédestrement les bords escarpés de l'Aveyron. (…) Un détestable sentier, rapiécé, décousu, reprisé par-ci par-là d'empierrements, … »[5].

Sa restauration est exemplaire en cela qu'il est impossible de déterminer quel est l'apport moderne à ce qui n'était plus qu'un champ de ruines (Pierre de Lagarde dans l'émission Chefs-d'œuvre en péril avait dit que vouloir restaurer le château de Belcastel équivaudrait à « vouloir vider la mer à la petite cuiller ». Bien qu'il ait déposé les permis de construire pour toutes les maisons en ruine du village, il n'eut le temps d'en restaurer entièrement qu'une seule au-dessus du château (modifiée depuis par les actuels propriétaires), mais il avait aussi consolidé la plupart des autres ruines du village qui furent ensuite rachetées par la commune notamment grâce à des fonds européens pour être restaurées et louées à l'année.

Cet imposant château fut la demeure de la famille de Saunhac. Il est depuis 2005 la propriété de deux galeristes new-yorkais. Il est ouvert au public du début avril jusqu'à mi-novembre. Il a reçu en 2008, 15 000 visiteurs.

Description[modifier | modifier le code]

Les ruines du château construit en grès ont été inscrites à l'inventaire des monuments historiques le mais l'opération de restauration du château par Fernand Pouillon a eu pour effet de désinscrire le château de cet inventaire tandis que l'ensemble du site de Belcastel est, lui, resté inscrit.

La forteresse est dominée par son donjon carré. Elle a conservé sa chapelle pré-romane et sa chapelle haute, toutes deux restaurées par Fernand Pouillon.

Le château a été un lieu de tournage pour le film Le trophée de Rochecombe[6] qui était réalisé par les scouts d'Europe.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice no PA00093962, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  2. Josyane et Alain Cassaigne, 500 châteaux de France : Un patrimoine d'exception, Éditions de La Martinière, , 395 p. (ISBN 978-2-7324-4549-6), p. 42.
  3. Documents historiques et généalogiques sur les familles et les hommes remarquables du Rouergue dans les temps anciens et modernes, Hippolyte de Barrau, éd. Ratery, 1853.
  4. a et b Bonald, Documents généalogiques sur des familles nobles du Rouergue.
  5. Charles Géniaux, Les Témoins du passé, Tours, Alfred Mame, , p. 12.
  6. « Le Trophée de Rochecombe (film) - Scoutopedia, l'Encyclopédie scoute ! », sur fr.scoutwiki.org (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre-Christian d'Yzarn-Freissinet (marquis de) Valady, Les Châteaux de l'ancien Rouergue.... Aquarelles du Comte R. de Lévezou de Vézins, Rodez, P. Carrère, , vol. : 22 pl. gr. h.-t. ; in-4 (BNF 41686968).
  • France Arudy, Château de Belcastel. Vol. 1, Histoire ancienne et moderne : Belcastel, Aveyron, Belcastel, Éd. SARL Belcastel, , 12 p., ill. en coul., couv. ill. en coul. ; 21 cm (BNF 36184026).
  • Catherine Sayen, Château de Belcastel. Vol. 2, Matériaux et formes architecturales de la restauration : Belcastel, Aveyron, Belcastel, Éd. SARL Belcastel, , 12 p., ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 21 cm (BNF 36184031).
  • Guide historique du château de Belcastel (disponible seulement au château).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]