Censure d'Internet au Maroc

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La politique du Maroc quant à l'accès à Internet a été jusqu'à une date récente plutôt libérale, le gouvernement ayant encouragé le développement de ce média. Néanmoins, depuis plus de deux années la tendance s'est inversée et les cas de censure deviennent de plus en plus fréquents.

Les cas de censures sont principalement le fait de l'opérateur téléphonique et Internet dominant Maroc Telecom (une filiale de Vivendi, puis d'Etisalat, détenue par l'un puis l'autre à 51%), elle se pratique de manière totalement arbitraire et opaque, Maroc telecom prétextant des problèmes techniques en cas de réclamation. Elle se caractérise également par l'absence de recours à une décision de justice. Maroc Telecom a bloqué plusieurs sites de blogging, tels que LiveJournal. Google Earth est régulièrement bloqué par Maroc Telecom à une époque pour des raisons qui demeurent obscures, certaines hypothèses avancent que le but serait de rendre la localisation des palais royaux difficile, d'autres affirment que c'est pour cacher les emplacements de prisons secrètes. Ce blocage est totalement arbitraire et se fait en dehors de toute procédure judiciaire, ce qui ne peut que susciter les hypothèses les plus farfelues quant à ses réelles motivations.

Google Earth inaccessible depuis 2006 via Maroc Télécom, l'un des opérateurs marocains d'Internet[modifier | modifier le code]

La censure totale de Google Earth par Maroc Telecom est un cas unique au monde, alors que certains pays ont demandé à Google de ne pas afficher ou de flouter certains lieux ou bâtiments sensibles, le premier fournisseur d'accès au Maroc a choisi pour des raisons mystérieuses de bannir le site en totalité, mais comme il n'y avait pas de façon simple de le faire, il a opté pour un blocage des adresses IP, or comme ces adresse appartiennent à Google, ceci a comme conséquence de bloquer aussi de manière intermittente d'autres sites comme dl.google.com qui contient les logiciels de Google en téléchargement, il en est de même aussi parfois Gmail ou YouTube.

Des internautes marocains[1] ont créés un patch de Google Earth qui modifie deux octets que Maroc Telecom teste intentionnellement pour censurer le programme[2], il rend de ce fait le service à nouveau accessible. D'autre part, un simple remplacement des serveurs DNS permet d'outrepasser le problème.

Maroc Telecom oppose une fin de non recevoir à toute demande d'éclaircissement sur ce blocage, répétant inlassablement qu'elle ne bloque aucun site et prétextant parfois de manière maladroite de vagues problèmes techniques chez Google, problèmes totalement démentis par ce dernier. Ces explications sont d'autant moins plausibles que ces sites se remettent à fonctionner dès que l'on passe par des proxys, ils sont également accessibles depuis le Maroc par d'autres fournisseurs Internet.[réf. nécessaire]

Cette décision est rendue encore plus incompréhensible par le fait que les autres sites de fournitures d'images satellites comme ceux de Yahoo et Microsoft sont toujours accessibles.

Cette censure risque de devenir rapidement intenable vue la popularité des deux sites en question, ainsi que le nombre sans cesse croissant des sites et logiciels qui y font référence ou les utilisent, sites très souvent à caractère professionnel. Le Maroc entend développer le tourisme comme une activité stratégique pour le pays, et beaucoup de sites touristiques utilisent les sites bloqués. Le pays s'est également lancé dans une politique ambitieuse de promotion de l'offshoring informatique et des centre d'appels et cette attitude risque de ternir l'image du pays comme un Hub technologique fiable transparent et constant dans ses décisions.

Sites du Polisario censurés de 2005 à 2012[modifier | modifier le code]

Le , le Maroc a bloqué les sites principaux du Polisario, à savoir http://arso.org, http://spsrasd.info, http://cahiersdusahara.com et http://wsahara.net. Puis, rapidement après, il fait de même avec le site http://anonymiser.com lorsqu'il apprend qu'il est recommandé pour détourner le blocage[3].

Youtube bloqué pendant quelques jours en 2007[modifier | modifier le code]

Le 25 mai 2007, l'opérateur historique Maroc Telecom (détenu a 51 % par Vivendi Universal) a bloqué tout accès à YouTube. Aucune raison justifiant ce blocage n’a été donné mais certains[Qui ?] spéculent que les vidéos postées par le groupe séparatiste Polisario (qui soutient le mouvement d’indépendance du Sahara occidental) et des vidéos critiquant le roi Mohammed VI en sont à l’origine, d'autres[Qui ?] soutiennent la thèse selon laquelle un gros ponte de Maroc Télécom aurait trouvé une vidéo embarrassante de lui-même ou l'un de ses proches. Cette censure gouvernementale n’a pas touché les deux autres fournisseurs privés : Wana et Meditel[réf. nécessaire] . YouTube est redevenu accessible le 30 mai 2007, après que Maroc Télécom ait annoncé officieusement qu’il s’agissait d’un problème technique. Cette censure aura provoqué au passage une immense émotion ainsi qu'une mobilisation des Internautes marocains. Cet évènement très relayé par la presse écrite[réf. nécessaire] et la blogosphère marocaine (appelée également Blogoma), est considéré comme l'évènement fondateur pour la lutte contre la censure d'Internet au Maroc.

Blocage des appels via les application VoIP[modifier | modifier le code]

Maroc Telecom, Inwi ainsi que Méditel ont procédés au blocage des appels via les applications VoIP telles que Skype, FaceTime, Viber ou WhatsApp sur leurs réseaux 3G et 4G depuis le début de 2016 et sur l'ADSL (depuis le 25 février 2016) [4]

Blocage des applications VoIP[modifier | modifier le code]

Depuis le 5 Janvier 2016, les opérateurs marocains ont bloqué l'utilisation d'applications VoIP gratuites tels que WhatsApp, Viber, Skype, Facetime, etc... sur 3G/4G puis sur ADSL. Cette décision, qui a suscité un mouvement de colère parmi les internautes a été justifié par l'Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications par une loi datant de 2004, et a précisé dans un communiqué publier le 7 Janvier de la même année que que "l'acheminement de tout trafic téléphonique à destination du client final ne peut être assuré que par des exploitants de réseaux publics de télécommunications, dans les conditions fixées par les cahiers des charges des licences dont ils sont attributaires. (...) Les dispositions réglementaires régissant la fourniture des services de téléphonie (Voix sur IP ou autres) sont claires et lesdits services ne peuvent être fournis que par les exploitants détenteurs de licences de télécommunications".

Des arguments rejetés par plusieurs avocats et ingénieurs marocains qui insistent que ces applications ne font pas de "l'exploitation commerciale puisque ces dernières sont gratuites". D'un point de vue légal, cette décision est vue comme une action qui tend à limiter l'accès au marché ou le libre exercice de la concurrence par d'autres entreprises, ou encore à limiter ou contrôler la production, les débouchés, les investissements ou le progrès technique.

Plusieurs personnalités connues du web marocain, ont considéré cette action comme une entente entre les opérateurs vu le manque à gagner, et ont appelé au boycott de ces opérateurs. En effet, la cérémonie de remise des prix de la 9ème édition des Maroc Web Awards a été annulée après que plusieurs participants se sont retirés de la compétition vu que le sponsor officiel des MWA était Inwi, 3e opérateur national.

Depuis le blocage, plusieurs applications et logiciels VPN ont été aussi bloqués par le régulateur marocain.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.youtube.com/watch?v=9c6VodOLmh4
  2. http://www.casafree.com/modules/newbb/viewtopic.php?topic_id=51503
  3. Plus aucun de ces sites n'est censuré. (en) Naomi Sakr, Arab media and political renewal: community, legitimacy and public life, I.B.Tauris, , 208 p. (ISBN 1845113276, lire en ligne), p. 60
  4. (fr) « Les appels via VoIP sont bloqués chez Maroc Telecom (IAM), meditel et inwi », sur http://www.tic-maroc.com/ (consulté le 6 janvier 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]