Capénates

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Capène et le sanctuaire de Lucus Feroniae aux alentours de l'an 400 av. J.-C., au croisement des terres étrusques, falisques, sabines et latines.

Les Capénates (Capenae Veteres) sont un peuple d'Italie centrale dont la capitale est Capène (Capena), une petite ville dans la basse vallée du Tibre[1], à 35 kilomètres au nord de Rome, sur la rive droite du Tibre, non loin de la cité étrusque de Véies et de Faléries, capitale des Falisques. Le site de la ville antique de Capène se trouve aujourd'hui sur la colline de Civitucola[2].

Le territoire de Capène (Capenas Ager) s'étire le long de la rive droite du Tibre, bordé au nord par celui des Falisques de Faléries, à l'est par le Tibre et les Sabins, et au sud-ouest par le territoire étrusque de Véies. C'est un peuple linguistiquement sabin[1] sous la domination étrusque de Véies à la fin du IVe siècle av. J.-C., ayant aussi des liens avec la culture latine. La fondation de la ville de Capène est parfois attribuée à Véies, tandis que d'autres lient les origines de la ville au roi étrusque Properce[a 1].

« Hos [lucos Capenos] dicit Cato Veientum iuuenes condidisse auxilio regis Propertii, qui eos Capenam, cum adoleuissent, miserat. »

— Maurus Servius Honoratus, Commentaire de Servius sur l'Enéide, VII, 697 citant Caton l'Ancien, Origines.

La cité de Capène tombe sous domination romaine au début du IIIe siècle av. J.-C., à la suite de la chute de Véies en 396 av. J.-C.[3] Le territoire des Capénates est peut-être intégré à la tribu romaine Stellatina créée en 387/386 av. J.-C..

Selon l'archéologie de son arrière-pays rural, les objets funéraires des cimetières environnants, ainsi que sur la base de sources littéraires, Capène est une ville prospère, située à proximité du Tibre et du sanctuaire de Lucus Feroniae, à partir de sa fondation à l'Âge du Fer jusqu'à la fin de l'Empire romain d'Occident. Des fouilles archéologiques ont mis en évidence d'importantes structures enterrées, telles que des routes, des bâtiments et des rangées d'habitations, sur le plateau de l'ancienne ville pour une superficie d'environ 9 hectares[2].

Les Capénates dans l’histoire romaine[modifier | modifier le code]

Intervention dans la guerre entre Rome et Véies (402 - 396)[modifier | modifier le code]

Cette cité apparaît pour la première fois dans le récit de Tite-Live lors de la troisième guerre opposant Rome à Véies, entre 406 et 396 av. J.-C.

Le siège de Véies par les Romains commence en l’an 405 et les autres cités étrusques décident pour le moment de s'abstenir de toute intervention. Jusqu'en 403, le siège est soutenu tandis que les Romains combattent par ailleurs les Volsques[a 2]. En 403, la cité étrusque, face aux conflits politiques qui la secoue et à la guerre contre Rome, décide de se désigner un roi. La personnalité de ce roi amène les autres cités étrusques à refuser tout soutien tant qu'il dirige Véies[a 3].

C'est alors qu'en 402, les Capénates et les Falisques, se sentant menacés par l'expansion romaine, attaquent l'armée romaine de siège, encourageant par ailleurs les Véiens à faire une sortie et prendre à revers les soldats romains. Des dissensions entre les commandants romains mènent à de lourdes pertes humaines côté Romains et une partie des lignes de fortifications est perdue[a 4].

« Ce sont deux nations [les Falisques et les Capénates] de l’Étrurie qui, étant plus à proximité des Véiens, se voient, après la destruction de ce peuple, le plus en butte aux armes romaines. »

— Tite-Live, Histoire romaine, V, 8, 5 - trad. Charles Nisard - 1864.

En 399, de nouveaux combats tournent à l'avantage des Romains et les alliés de Véies sont repoussés[a 5]. L'année suivante, Faléries, capitale des Falisques, et Capène sont pillés par Lucius Valerius Potitus et Marcus Furius Camillus[a 6].

« Deux habiles généraux, Potitus et Camille, rapportèrent, l’un de Faléries, l’autre de Capènes, un immense butin ; ils n’avaient rien laissé debout, que le fer ou le feu eût pu détruire. »

— Tite-Live, Histoire romaine, V, 14, 7 - trad. Charles Nisard - 1864.

En 396, une armée romaine tombe dans une embuscade tendu par les Capénates et les Falisques, sans grande perte. À Rome, les rumeurs annoncent le massacre de l'armée entière, la perte des fortifications près de Véies et l'avancée d'une armée sur Rome[a 7]. L'eau du lac albain répandue dans la campagne, Marcus Furius Camillus est nommé dictateur. Il met en déroute les Capénates et les Falisques, reprend en main la direction du siège de Véies et fait ordonner de creuser un tunnel sous la ville[a 8]. Attaquant la ville de toute part, les Romains empruntent le tunnel, débouchent à l'intérieur du temple de Junon dans la citadelle, et leurs forces prennent l'ascendant sur celles de Véies[a 9].

Soumission de Capène (395)[modifier | modifier le code]

Après la chute de Véies, Rome délègue la guerre contre Capène aux tribuns consulaires Marcus Valerius Lactucinus Maximus et Quintus Servilius Priscus Fidenas, qui ravagent les terres de cette cité. Capène demande alors la paix[a 10].

« [Les tribuns consulaires Valerius et Servilius] n’essaient contre les villes ni assauts, ni sièges ; ils se contentent de ravager la campagne et d’enlever toutes les richesses, ne laissant pas sur pied un arbre à fruit, pas une récolte dans la plaine. Ces ravages domptent le peuple de Capène ; il demande la paix, qui lui est accordée. »

— Tite-Live, Histoire romaine, V, 24, 2-3 - trad. Charles Nisard - 1864.

Rome établit sa mainmise sur le territoire de Capène[3], qui n'apparaît plus dans les récits antiques romains.

La Porte Capène à Rome[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Porte Capène.

C'est une porte dans le mur servien au pied de la colline du Cælius, au sud de la ville, là où la voie Appienne pénètre dans Rome sous la République romaine. L’origine du nom de cette porte est la cité de Capène, pourtant située à l’opposée de Rome, au nord, en Étrurie méridionale.

Cette porte donne son nom à la région à laquelle elle appartient lorsque Auguste découpe administrativement Rome en quatorze régions en 7 av. J.-C. : I - Porte Capène.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  • Sources modernes
  1. a et b Dominique Briquel dans François Hinard, Histoire romaine des origines à Auguste, Fayard, 2000, p. 205.
  2. a et b University of Cape Town, « Capena Excavation Project » (consulté le 5 mars 2011).
  3. a et b Dominique Briquel dans François Hinard, Histoire romaine des origines à Auguste, Fayard, 2000, p. 206.
  • Sources antiques

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • (en) University of Cape Town,
  • (it) Maria Cecilia Mazzi et G. Giacomo Pani, Capena e il suo territorio, Edizioni Dedalo, 1995.
  • Annette Flobert (préf. Jacques Heurgon), Histoire romaine, Flammarion, , volume I, « Livres I à V, de la fondation de Rome à l'invasion gauloise », 643 p.  (ISBN 978-2-080-70840-3)

Articles connexes[modifier | modifier le code]