Cabaret Voltaire (groupe)

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Cabaret Voltaire
Pays d'origine Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre musical Musique industrielle[1], cold wave, post-rock, avant-funk, electro, acid house
Années actives 19741994, depuis 2014
Labels Industrial Records, Rough Trade, Some Bizzare/Virgin, Factory Records, Mute Records
Composition du groupe
Membres Richard H. Kirk
Anciens membres Chris R. Watson
Stephen W. Mallinder

Cabaret Voltaire est un groupe de musique industrielle et cold wave britannique, originaire de Sheffield, Yorkshire, en Angleterre. Il est actif entre 1974 et 1994, puis depuis 2014.

Empruntant son nom au café dadaïste Cabaret Voltaire, situé à Zürich, le groupe de Sheffield s'inspire, comme de nombreux groupes classés « musique industrielle » (SPK, Throbbing Gristle, Leather Nun, Non, Clock DVA), de thèmes dominés par les violences politiques, économiques et sociales connues par les anciennes villes du primaire et du secondaire dès la fin de la seconde guerre (l'histoire de Sheffield est liée à la production de l'acier).

Le groupe tel qu'il était entre 1973 et 1994 n'a effectué que peu de passages en France[réf. nécessaire] : en résidence au Gibus Club à Paris en avril 1979, puis en novembre (où il est notamment passé aux 120 Nuits à Paris) et décembre (au Transmusicales de Rennes) de l'année 1983.

Richard H. Kirk, comptera après Cabaret Voltaire parmi les figures emblématiques du « son de Sheffield » tel que l'établit le label Warp Records. Kirk publie régulièrement et depuis 1981 des albums solo, parfois sous son propre nom et parfois sous un nombre important de pseudonymes (parmi les pseudos plus importants : Sandoz et Electronic Eye). Il réactive Cabaret Voltaire (sous la forme d'un projet solo) en 2014 pour le festival Berlin Atonal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ère industrielle (1974–1981)[modifier | modifier le code]

Le groupe est formé en 1974[1], ou 1973 selon les sources[2] et emprunte son nom au café dadaïste Cabaret Voltaire, situé à Zürich, en Suisse. Le groupe s'inspire également du mouvement dadaïste[1]. Il fait ses premières armes avec une musique plutôt industrielle, et distordue. La compilation 1974-76 est sortie sur le label Industrial Records en 1978 ; elle est produite et enregistrée entre juillet 1974 et août 1976 par Cabaret Voltaire, dans le loft de Chris Watson. Tous les titres sont composés par Cabaret Voltaire. Toujours en 1978, Cabaret Voltaire sort FAC-2 - A Factory Sample, qui est techniquement un double mini 33 tours. Il s'agit du premier disque sorti par le label Factory Records dont la pochette papier sous plastique transparent est signée Peter Saville. Cabaret Voltaire occupe une face (produite par Cabaret Voltaire), les autres groupes présents étant Joy Division, The Durutti Column et John Dowie.

En 1978, le groupe signe au label Rough Trade, et commencent à enregistrer des morceaux expérimentaux[1]. Ils publient leur premier album studio, Mix-Up, en 1979, au label Rough Trade/Mute Records[3]. L'album est produit et enregistré aux studios Western Works entre juillet et août par Cabaret Voltaire[3]. Tous les titres sont composés par Cabaret Voltaire sauf No Escape et Photophobia. Il fait participer Haydn Boyes-Weston à la batterie. L'EP Nag Nag Nag sort la même année chez Rough Trade/Celluloïd ; tous les titres sont composés par Cabaret Voltaire et produit par Jeoff Travis et Mayo Thompson. Les photos de couverture du disque sont prises lors du concert du groupe au Gibus Club à Paris, en avril 1979, par Richard Waters.

En 1980, le groupe sort son premier album live, Live at the YMCA[4]. Sorti sur le label Rough Trade Records, cet album est produit et enregistré aux studios Western Works entre juillet et août 1979 par Cabaret Voltaire. Tous les titres sont composés par Cabaret Voltaire sauf Here She Comes Now de Lou Reed et No Escape de Saxon, Reeder et Laurence. Ce live est enregistré par Scott Pearing sur un enregistreur cassette. La même année sort The Voice of America, leur deuxième album studio, chez Rough Trade, qui est produit et enregistré à Western Works, à Sheffield, entre mars et avril 1979 par Cabaret Voltaire. Il fait participer Haydn Boyes-Weston à la batterie. The Voice of America atteint la troisième place des charts britanniques indépendants[5]. Toujours en 1980, le groupe publie l'EP Three Mantras, produit et enregistré à Western Works, à Sheffield, en janvier 1980[6]. Tous les titres sont composés par Cabaret Voltaire, et font participer John Clayton pour la batterie et de Jane pour un enregistrement du marché de Jérusalem.

Leur troisième album studio, Red Mecca, est publié en 1981, toujours chez Rough Trade/Mute[7]. Il est enregistré à Western Works, à Sheffield, en mai 1981[7], et reprend les codes des précédents, avec l'apport notables de cuivres et d'instruments à vent. Chris Watson quitte le groupe[1] à la fin de l'année 1981, et devient ingénieur-son pour la télévision et la radio. Il continue d'exercer ce métier depuis mais n'a pas abandonné sa carrière de musicien. Il publie encore des albums (le plus souvent sous son propre nom).

Ère electrofunk (1982–1987)[modifier | modifier le code]

L'ère electrofunk marque la période durant laquelle le groupe mélange musique industrielle, synthpop et electrofunk. C'est la période la mieux renseignée et la plus connue du groupe. Sous forme de duo et accompagné en live par un batteur, Cabaret Voltaire connait pendant cette période un certain succès d'estime avec des albums comme Micro-Phonies ou The Covenant, The Sword and The Arm of the Lord.

Leur quatrième album studio, 2x45, est produit et enregistré à Western Works, à Sheffield, par Cabaret Voltaire et Phil Bush, et publié en mai 1982[8]. Cet album tient son nom de son format d'origine, c'est-à-dire deux EP 45 tours vinyles. C'est la dernière participation de Chris Watson à Cabaret Voltaire. C'est également un album de transition, le groove se fait plus présent et le côté funky du groupe commence peu-à-peu à apparaitre. 2x45 atteint la 98e place des charts britanniques[5].

Sorti sur le label Some Bizarre Records, leur cinquième album, The Crackdown, est publié en 1983, et produit et enregistré à Western Works entre juillet et août 1982 par Cabaret Voltaire et Flood. Il est le premier album du groupe à distiller la dimension brute et industrielle dans des morceaux de nature plutôt électrofunk. The Crackdown atteint la 31e place des charts britanniques[5]. Cet album est accompagné dans sa version vinyle 33 tours originale d'un EP maxi 45 tours nommé Doublevision.

L'album qui suit, intitulé Micro-Phonies, est publié en 1984 sur Virgin Records et Some Bizarre ; l'album est produit et enregistré à Western Works, à Sheffield, entre février et mars 1984 par Cabaret Voltaire et Flood. Tous les titres sont composés par Cabaret Voltaire (Kirk et Mallinder). Dans cet album, Richard H. Kirk est à la guitare et aux claviers, Stephen W. Mallinder à la basse et au chant. Micro-Phonies atteint la 69e des charts britanniques[5].

The Covenant, the Sword and the Arm of the Lord (1985 ; 57e des charts britanniques[5]) sort aussi sur Virgin Records et Some Bizarre, et renoue avec le côté plus abrasif des toutes premières production, tout en gardant le style des productions electro des deux prédécesseurs[9]. Pour l'album qui suit, intitulé Code, le groupe signe un contrat de distribution avec EMI/Parlophone en 1986[1], et le publie en 1987[10]. Il est produit et enregistré à Western Works, à Sheffield en 1987 par Cabaret Voltaire et Adrian Sherwood. Tous les titres sont composés par Cabaret Voltaire (Kirk et Mallinder). Cet album marque une prise de parti vers l'electro plus dansante et beaucoup moins industrielle qu'auparavant.

Ère techno (1988–1994)[modifier | modifier le code]

L'ère techno marque la période durant laquelle le groupe s'adapte au style dominant de la musique électronique de ce début de décennie 1990. Toujours sous la forme d'un duo, cinq albums et plusieurs EP sont publiés pendant cette période. Les sons de ces albums varient entre techno, house, tech-house, bleep et IDM.

Sorti chez EMI/Parlophone en 1990, l'album Groovy, Laidback and Nasty[11] est produit et enregistré à Western Works/Sheffield ainsi qu'à Chicago en 1989, par Cabaret Voltaire, Marshall Jefferson, James Reynolds, Robert Gordon et Mark Brydon. Tous les titres sont composés par Cabaret Voltaire (Kirk et Mallinder). Cet album marque l'entrée de Cabaret Voltaire dans la house music, le groupe s'incluant totalement et pour la première fois dans un mouvement musical qui lui est contemporain. La version CD comprend en piste bonus le morceau Rescue Me (City Lights).

Après la sortie de Groovy, Laidback and Nasty, le groupe parvient à attirer l'intérêt du label belge Les Disques du Crépuscule, auquel ils sortent l'album Body and Soul en 1991. Tous les titres sont composés par Cabaret Voltaire (Kirk et Mallinder). Cet album est largement influencé par la scène tech-house et bleep très populaire dans les milieux de la musique électronique d'alors. C'est également le dernier album sur lequel figure au chant Stephen Mallinder. La version CD comprend en pistes bonus les morceaux Don't Walk Away, Alien Nation Funk et What Is Real (Dreamtime Mix).

Post-séparation (1994–2013)[modifier | modifier le code]

Après la séparation de Cabaret Voltaire en 1994, Stephen Mallinder met en pause sa carrière dans la musique. Il apparait cependant sur quelques albums, jouant par exemple de la basse en 2003 pour l'album Amateur Night In The Big Top, composé entre autres de Shaun Ryder (chanteur des Happy Mondays). En 2009, il rejoint Wrangler, groupe composé de Benge (ex-John Foxx and The Maths) et de Phil Winter.

Certains des albums abstract du groupe datant des années 1970 sont réédités en coffret trois disques sous le titre de Methodology ’74/’78, publié par Mute Records en 2002[2].

Renouveau (depuis 2014)[modifier | modifier le code]

Après vingt ans d'absence, Cabaret Voltaire revient en 2014, et se constitue désormais du seul Richard H. Kirk. Contrôlant les séquenceurs et jouant uniquement de nouveaux morceaux, il effectue des concert épars. Il a notamment joué le 24 mai 2015 à la Grande Halle de la Villette dans le cadre du festival Villette Sonique.

En mai 2014, le groupe sort un album de musique électronique expérimentale (proche de l'ère industrielle de Cabaret Voltaire) nommé L.A Spark. Afin d'assurer la promotion de cet album, le groupe assure quelques rares concerts pendant lesquels sont interprétés au moins un morceau de Cabaret Voltaire (souvent Crackdown, Nag Nag Nag ou encore Sensoria). En juillet 2014, le festival Berlin Atonal annonce l'arrivée de Cabaret Voltaire[12].

En septembre 2016, Wrangler sort un deuxième album plus pop, White Glue.

Membres[modifier | modifier le code]

Membre actuel[modifier | modifier le code]

Anciens membres[modifier | modifier le code]

  • Stephen W. Mallinder - chant (ou voix), basse (1974–1994)
  • Christopher Richard Watson (Christopher Richard Watson) - claviers, chant (ou voix) (1974–1981)

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

Compilations[modifier | modifier le code]

EP et 45 tours[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (en) John Bush, « Cabaret Voltaire - Biography », sur AllMusic (consulté le 5 février 2018).
  2. a et b (en) « Cabaret Voltaire - Electropunk to... Review », sur Pitchfork (consulté le 5 février 2018).
  3. a et b (en) « Cabaret Voltaire - Mix-Up Review », sur AllMusic (consulté le 5 février 2018).
  4. (en) Wilson Neate, « Cabaret Voltaire - Live at the YMCA Review », sur AllMusic (consulté le 5 février 2018).
  5. a, b, c, d et e David Roberts, British Hit Singles and Albums, Londres, Guinness World Records Limited, (ISBN 1-904994-10-5), p. 89.
  6. (en) Wilson Neate, « Cabaret Voltaire - Three Mantras Review », sur AllMusic (consulté le 5 février 2018).
  7. a et b (en) Wilson Neate, « Cabaret Voltaire - Red Mecca review », sur AllMusic (consulté le 5 février 2018).
  8. (en) « Cabaret Voltaire - 2x45 Review », sur AllMusic (consulté le 5 février 2018).
  9. (en) Ned Raggett, « Cabaret Voltaire - The Covenant, the Sword and the Arm of the Lord review », sur AllMusic (consulté le 5 février 2018).
  10. (en) Bill Cassel, « Code review », sur AllMusic (consulté le 5 février 2018).
  11. (en) John Bush, « Cabaret Voltaire - Groovy, Laidback and Nasty review », sur AllMusic (consulté le 5 février 2018).
  12. (en) « Cabaret Voltaire to play first gig in 20 years at Berlin festival », NME.com (consulté le 6 juillet 2014).

Liens externes[modifier | modifier le code]