Berthe Mouchel

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Berthe Mouchel
Naissance
Décès
Nom de naissance
Marie Berthe Mouchel
Nationalité
Française
Activité
Maître
Élève
Mouvement
Fratrie

Berthe Mouchel, née le à Elbeuf (Seine-Maritime), et morte le à Sainte-Marie-sur-Mer (Loire-Atlantique), est une artiste peintre française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née à Elbeuf le [1] fille de Louis Charles Mouchel (fabricant de draps en activité depuis la fin des années 1850) et d’Anne Adélaïde Baudouin (mariés à Elbeuf le ), Marie Berthe Mouchel fut la sœur de Charles Mouchel, maire de la ville de 1894 à 1911 et député en 1910-1911.

Tentée par la peinture, elle se heurte à l’interdiction faite aux femmes (jusqu’en 1897) d’étudier à l’École Nationale des Beaux-arts. Elle s’inscrit donc dans une école privée, l’Académie des Beaux-arts des Champs-Élysées, à Paris, dans laquelle elle reçoit un enseignement très académique. Elle suit notamment les cours de Jean-Joseph Benjamin-Constant, Jules Lefebvre et Tony Robert-Fleury, peintre d’histoire mais aussi de genre. Parallèlement, elle obtient en 1884 le certificat d’aptitude à l’enseignement du dessin, ce qui lui permet de devenir professeur à la Société industrielle d’Elbeuf, qui forme des ouvriers et contremaîtres. Elle donne également des cours privés dans son atelier situé au 4 rue Henry, à Elbeuf. Le peintre René Olivier fut son élève[2].

Berthe Mouchel devient sociétaire des artistes français en 1888 et expose assez régulièrement[3]au Salon de Paris[4] (au Grand Palais) entre les années 1888 et 1931, ainsi qu'au Salon des artistes rouennais à partir de 1889. Dans les années 1890-1910, elle réalise de nombreuses toiles mettant en scène le milieu ouvrier dans l'industrie textile elbeuvienne, à travers lesquelles elle dépeint les maux qui le frappent : pauvreté, alcoolisme, travail des enfants… Elle s’inspire certainement de personnages rencontrés dans les rues d’Elbeuf. Le choix de ces sujets doit être mis en relation avec l'engagement socialiste de son frère, Charles Mouchel, et peut être rapproché des romans d'Émile Zola (notamment L'Assommoir, publié en 1877). On lui doit aussi une très grande toile (sans titre), retrouvée dans les combles de la mairie d’Elbeuf en 1995, montrant une campagne électorale (1906) : des militants ouvriers distribuent des tracts au milieu de bourgeois en chapeaux et hauts de forme ; deux petites filles en robe blanche se fraient un passage dans cette assemblée d’hommes, dont on peut supposer que certains constituent de véritables portraits de personnalités locales.

D'un point de vue formel, Berthe Mouchel se rapproche du mouvement du naturalisme : d'une texture épaisse, sa peinture garde le souvenir des expériences impressionnistes. Fortement marquée par sa formation académique, elle s’en tient toutefois aux règles de la peinture promues par l'institution des Beaux-Arts.

Elle s’intéresse par ailleurs à de nombreuses techniques : peinture à l’huile, pastel, mosaïque, fresque, peinture sur étoffe. Proche des milieux industriels textiles, elle met au point un procédé pour la peinture des toiles et étoffes de coton, capable de résister au lavage.

Mais elle réalise aussi des compositions florales ou des scènes religieuses. On lui doit quelques compositions monumentales, telle une fresque dominant la plaque commémorant les morts de la paroisse durant la Grande Guerre (église de l’Immaculée-Conception d’Elbeuf en 1920), la mosaïque du tympan de l’église Notre-Dame-de-Lourdes de Sotteville-lès-Rouen en 1929, ainsi le décor de la chapelle des Assomptionnistes de Scherwiller (Bas-Rhin) en 1932.

Elle demeure longtemps rue Henry (jusqu’en 1895) puis au 15 rue Magenta et enfin rue des Trois-Cornets (1901), toujours à Elbeuf. Puis, dans les années 1920, elle peint des marines en Bretagne, où elle passe la fin de sa vie, notamment aux environs de Trégastel. Elle présente des toiles sur ce thème aux Salons de 1924, 1926 et 1927. En 1931, année de son dernier salon parisien, elle expose une toile intitulée La Seine à Oissel.

Célibataire, comme son frère Charles, elle décède le à Sainte-Marie-sur-Mer (ancienne commune de Loire-Atlantique rattachée aujourd’hui à Pornic), alors qu’elle était sur le point de fêter ses 87 ans, sans héritier.


Œuvres[modifier | modifier le code]

Collections publiques[modifier | modifier le code]

• Elbeuf :

◦ église de l'Immaculée-Conception : Monument aux morts de la paroisse, 1920, peinture murale (première chapelle du bas-côté Est).

◦ hôtel de ville : Bouquet de fleurs, huile sur toile.

musée d'Elbeuf :

Le soir de la paye, 1897, huile sur toile, exposé au Salon de 1897 ;

▪ Le Rattacheur [ou Rattaqueux], vers 1890, huile sur toile ;

Sans titre [Jour d'élection], vers 1906, huile sur toile (293 x 205cm) ;

Paysage marin, vers 1930, huile sur toile ;

Paysage avec entrée d'une église, huile sur toile (date ?)

Rouen, musée des Beaux-Arts : Marine, coucher du soleil [Trégastel], huile sur toile (1929).

• Église Notre-Dame de Lourdes à Sotteville-lès-Rouen, fresques de la voûte (1926) et du chœur (1930) [restaurées en 1993] ; mosaïque du tympan (1936).

• Décor de la chapelle des Assomptionnistes de Scherwiller (Alsace) en 1932.

Christ-Roi, Chapelle du château-mairie de Neufgrange (Moselle).

Collections particulières [modifier | modifier le code]

Portrait de mon père (1888)

Basses Alpes (1888)

A la procession (1894)

La part de Dieu, s’il vous plaît (1895)

La complainte et Raisins (panneau décoratif), (1896)

Fleur de novembre (1898)

Les temps durs ; autour du brûloir à café (1899). Fleurs d’aster (1899)

Mädchen in Blumen, huile sur toile (date ?)

Le roseau brisé (1900)

Matin d’été (1901)

L'Invention de la machine à filer (vers 1900), huile sur toile (89 x 113cm).

Chanson de la rue (La croix illustrée, n°229, )

Ophélia, huile sur toile, vers 1915

Summer flowers in a barrel, huile sur toile (date ?)

Nature morte aux fleurs, huile sur toile (date ?)

Le Normand

Les roses blanches

Bouquet de roses

Poule et poussins, huile sur carton

La Seine à Oissel (42x90cm), (1931)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives départementales de la Seine-Maritime, Registre des naissances, année 1864 (cote 3E 00999).
  2. Centre d’archives Patrimoniales, Elbeuf, Fabrique des Savoirs (collection Jacques Guillet, petit-fils du photographe Edeline).
  3. Elle ne participe pas au Salon de Paris en 1889-1893, ni dans les années 1902-1907 par exemple.
  4. La remarquable série annuelle du Catalogue illustré du salon (en partie disponible sur le site Gallica de la Bnf), permet d’apercevoir et de dater les œuvres qu’elle y présenta.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Patrick Pellerin, « Berthe Mouchel, la Zola de la peinture », Journal d’Elbeuf,
  • Muriel Bouché, « Les artistes elbeuviens dans la 2e moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1850-1950) », Bulletin de la Société d'Histoire d'Elbeuf, n° 38, , p. 31-48.
  • Muriel Bouché, « Les artistes elbeuviens dans la 2e moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle (1850-1950) », mémoire de maîtrise d’Histoire, mention Documentation, sous la direction de A. Becchia, Université de Rouen, 2001.
  • Sylviane Lierville et Pierre Largesse, « Une œuvre sans titre signée Berthe Mouchel (1906) », Bulletin de la Société d'Histoire d'Elbeuf, no 24, .
  • L’Elbeuvien, n° du .
  • Henri Saint-Denis, Histoire d’Elbeuf, Elbeuf, Impr. H. Saint-Denis, t. XII, 1905, p. 224 et 511.
  • Catalogue illustré du Salon, Paris, Ludovic Beschet éditeur, années 1879-1907.
  • Dossier Berthe Mouchel, Centre de Documentation du Musée d’Orsay.
  • Site de la Société de l’Histoire d’Elbeuf : https://shelbeuf.wordpress.com/