Aurore Dessureault-Descôteaux

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Aurore Dessureault-Descôteaux
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L'auteure Aurore Dessureault-Descôteaux
Naissance
St-Narcisse
Décès (à 88 ans)
Grand-Mère
Activité principale

Aurore Dessureault-Descôteaux naît à St-Narcisse, dans la municipalité régionale Les Chenaux, le 10 mai 1926[1], et morte le 24 avril 2015 à Grand-Mère. Auteur, journaliste, historienne, conférencière, elle est reconnue pour sa grande implication sociale dans son milieu et dans celui de l’éducation qui était une de ses constantes préoccupations. Fondamentalement indépendantiste, elle dira : « Nous sommes un peuple jeune qui se fait [2]». Elle est devenue célèbre après avoir été nommée, en 1969, "Femme canadienne-française de l’année" de la revue Châtelaine dont elle a fait la première page. Elle sera aussi reconnue à travers le Québec pour son téléroman Entre chien et loup diffusé à Télé-Métropole dans les années 1980-90.


Biographie[modifier | modifier le code]

Aurore Dessureault-Descôteaux naît dans la municipalité de St-Narcisse, dans la municipalité régionale Les Chenaux le . Elle est la deuxième d’une famille qui comprend dix enfants : Raoul, Aurore, Thérèse, Jean-Noël, Yvette et Clément (jumeaux), Anita, Paul, Marie-Rose, Claude. Sa mère, Cora L’Heureux-Dessureault, née à Waterbury, est sage-femme et elle assiste le médecin dans plus de cent accouchements tout au long de sa vie. Son père, Hygin, est éduqué pour l’époque, il a étudié jusqu’à l’âge de seize ans : il lit la bible et s’intéresse à la politique[3]. « À la résidence de Laurier, à Arthabaska, il prononce le discours d’accueil à William Lyon Mackenzie King, chef libéral du Canada et successeur de Wilfrid Laurier[3] ». Bien qu’il soit attiré par la politique, Hygin Dessureault, renonce à cette carrière pour se consacrer à l’agriculture sur la terre ancestrale, mais il sera quand même conseiller municipal, marguillier, président de la commission scolaire, etc [3].


Les parents d’Aurore Dessureault-Descôteaux font l’élevage de vaches à lait et la culture maraîchère. Son père, Hygin, est un grand conteur et il agrémente les longues soirées de ses récits qui sont parfois épeurants[4]. La jeune Aurore va à l’école du troisième rang. Elle fait montre, très jeune, de connaissances étendues grâce à son père éduqué qui enseigne à ses enfants les choses de la terre. À l'âge de seize ans, elle fait la rencontre de celui qui deviendra son époux et qui partagera sa vie pendant cinquante-quatre ans, Rosario. Rosario et Aurore se fréquentent pendant deux ans pendant qu'Aurore Dessureault continue à vivre sur la ferme familiale[5].


En 1944, à l'âge de dix-huit ans, elle se marie avec Rosario Descôteaux, dans la paroisse de St-Narcisse, le 27 décembre 1944. Elle vivra toute sa vie à Grand-Mère et aura ses cinq premiers enfants : Gisèle, Raymonde, Gilles, Jean-Denis, Marie-Noëlle. Elle souffre d'une maladie pulmonaire dont les médecins de l'époque lui disent qu'elle est incurable. Elle est malade pendant plusieurs années. Pendant cette période, elle lit tout ce qui lui tombe sous la main, livres, essais, journaux dont Le Soleil et La Presse [5]. Durant cette même période, elle écrit régulièrement sur ce qui l'inspire, ses joies, ses inquiétudes, ses sentiments, tout ce qui lui vient en tête, comme une sorte de journal[5].


Engagée socialement toute sa vie, très jeune elle sera membre de la Ligue ouvrière catholique (LOC) et ce, pendant vingt ans, puis membre du Mouvement des travailleurs chrétiens, vice-présidente du comité féminin de la C.S.N. [6]. Aurore Dessureault-Descôteaux élève sa famille tout en continuant à écrire. Elle crée des pièces de théâtre qu’elle soumet à des producteurs qui ne donnent pas suite [7].


En 1960, elle écrit une lettre aux lecteurs du journal Le Nouvelliste: D'où vient l'argent de la caisse électorale[8]. Dix ans plus tard après son dernier accouchement (1951), elle aura trois autres enfants: Marc, Pierre et Katheline. En 1963, elle participe à un concours de contes de Noël au journal ''Le Nouvelliste'' de Trois-Rivières: Prière de l'Enfant Jésus. Elle gagne une mention spéciale et un montant de cinq dollars [5],[7] et son conte est publié dans ce même journal. Elle continue à écrire des recueils de poésie et des textes sur l’histoire suite à cette parution.

En 1964, elle écrit un roman qu'elle envoie pour le Prix du Cercle du livre de France. On lui retourne son manuscrit. On lui dit qu'elle devait corriger certaines lacunes de son écriture et qu'elle devait se perfectionner [5]. De 1965 à 1967, elle mobilise les gens autour du projet d'une bibliothèque pour la ville de Grand-Mère. Elle participe aux séances du Conseil de ville et tient son bout tant et si bien que la bibliothèque municipale voit le jour en 1967.


En 1969, elle participe au concours de Madame Châtelaine, concours mis de l’avant par le magazine du même nom. Elle gagne le premier prix: "Femme canadienne-française de l’année", et fait la première page. Au mois d'août 1969, elle est invitée à participer à la neuvaine de l'Assomption au Cap-de-la-Madeleine. Elle est ainsi la première femme à prononcer une homélie au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap. Le thème qu'elle aborde est: Une vie qui certainement réussira[9]. Elle dira « Quand je vois tout ce qu'on fait pour obtenir la paix, soulager la faim et toutes les souffrances physiques et morales, tout cela donne espérance [10]. »


Au cours des années 1970, Aurore Dessureault-Descôteaux, férue de patrimoine québécois et de l'histoire, fait de la recherche dans les villages, auprès des gens, sur les valeurs traditionnelles québécoises. En 1971, elle est invitée à participer à l'émission de télévision de Radio-Canada, animée par Aline Desjardins, Femmes d'aujourd'hui. En 1973, elle fait partie de l'équipe qui met sur pied un Centre de plein air à Grand-Mère[11].


En 1974, elle écrit une lettre dans le journal Le Libérateur, intitulé La femme et le marché du travail, lettre dans laquelle elle défend le droit des femmes à travailler[12]. Toujours en 1974, la Fédération des Femmes organise un concours portant sur l'évolution de la femme au Québec, sous le thème Où en sommes-nous ? Elle envoie un texte La Québécoise et son évolution. Son texte est déclaré hors catégorie, mais, au Ritz-Carlton de Montréal, elle reçoit quand même une mention spéciale du jury des mains du ministre Lalonde[5] et une lettre de félicitations du ministre d'État aux Affaires sociales, Mme Lise Bacon[13].


En 1976, elle suit des cours de graphologie dont elle reçoit son diplôme[14]. Ce diplôme lui permettra d'aller dans les Salons d'artisans, dans des soirées et de faire de la grapho-analyse pendant quelques années. En 1977, elle est membre du comité fondateur du premier festival des Artisans à Grand-Mère[15]. Toujours en 1977, elle participe au concours organisé par la chaîne FM de la radio de Radio-Canada: écrire une émission dramatique d'une demi-heure pour l'émission La Fenaison. Son texte, Avant l'automne est diffusé et raconte l'histoire d'un couple de personnes âgées, Célina et Narcisse, qui vieillit dans le fond d'un rang[5] après avoir élever dix filles et garçons. Pendant plusieurs mois, elle avait recueilli les dialogues regroupés dans son texte chez ses parents: Hygin, âgé de 86 ans et Cora, 77 ans [2].


Passionnée d’histoire, elle fait de la recherche auprès de deux cents familles québécoises, pour remonter aux sources. Elle apprend ainsi «  la mentalité et l’humour de nos vieux… et à percevoir l’âme du temps [16] .» Elle prépare deux monographies sur le sujet. Suite au succès de son texte Avant l'automne, « elle rédigea… plusieurs articles sur l'ancien temps pour la revue Image de la Mauricie[5] » et elle devait en assumer la recherche, les déplacements, les entrevues, etc. Travail qu'elle fit pendant environ trois ans. En 1978, elle s'inscrit alors à des cours de français à domicile de l'Université de Montréal et elle obtient ses crédits.


Vers la fin des années 1970, elle rassemble tous ses personnages de ses œuvres (Ti-Gus Collo, Sautreau, Joseph Bernier, etc.) et leur donne un nouveau moyen de communication, le téléroman [7]. En effet, en 1978, elle soumet son projet de téléroman historique (Entre chien et loup) à Radio-Canada, mais le projet sera refusé. Ce même projet remanié sera soumis plus tard à Télémétropole qui l’acceptera et il deviendra entre 1984 et 1992, le téléroman à succès Entre chien et loup, émission qui se tiendra en tête des cotes d’écoute pendant toutes ces années[17]. « Plus de trois millions de téléspectateurs suivaient Entre chien et loup les lundis soirs [18]. Entre chien et loup est basé sur « l'histoire de son grand-père qui disait constamment que l'argent était aux « États » et qui, lorsque les temps étaient difficiles, bouclait ses bagages et partait gagner de l'argent pour faire vivre sa famille[5]». Le téléroman raconte l’histoire d’une famille québécoise au début du XXe siècle vivant dans un petit village de la Mauricie[18]. Les scènes étaient tournées dans les studios de TVA sur la rue Maisonneuve. Les scènes extérieures étaient tournées majoritairement au Village québécois d'antan, à Drummondville.


En 1982, elle publie à compte d'auteur, le récit du rang où elle est née: St-Narcisse, Histoire du Troisième Rang "En suivant les roulières"[3] ». Elle avait dédié son livre à son père Hyggin, alors âgé 86 ans, et qui était présent lors du lancement. En 1985, elle publie son roman Entre chien et loup, Lauriane mon amour. L’histoire de ce livre repose sur une histoire vraie : c’est l’histoire d’une jeune fille qui épouse son oncle. Cette histoire est basée sur la vie de la tante d’Aurore Dessureault-Descôteaux qui avait épousé son propre oncle.

Elle reçoit un prix de l’Association France-Canada pour sa version de la légende mauricienne de Ti-Gus Collo (un personnage qui sera présent dans le téléroman) [7].

De 1988 à 1996, Aurore Dessureault-Descôteaux se promène à travers le Québec pour donner des conférences. De la Gaspésie à l’Abitibi, de la Côte-Nord à l’Estrie, elle parcourt la province pour transmettre ses connaissances et sa philosophie.

À la fin des années 1980 et au début des années 1990, elle collabore à la chronique dans Le Nouvelliste : Sous le signe des temps.

Toute sa vie elle s’intéresse à l’histoire et elle dira : « Ce n’est pas pour faire un retour en arrière que j’écris sur le sujet, mais plutôt pour récupérer la philosophie de nos ancêtres[7].

Écrivaine[modifier | modifier le code]

Son goût d'écrire, Aurore Dessureault-Descôteaux l'a dès son plus jeune âge[5]. Son père, agriculteur, allait vendre ses produits au marché de Grand-Mère et en rapportait des revues dont "La revue Moderne" dans laquelle elle découvre le poème de Paul Géraldy: Baisse un peu l'abat-jour, poème qui la touche profondément. Elle dit: « Est-ce possible que de si simples mots véhiculent d'aussi beaux sentiments : Baisse un peu l'abat-jour, veux-tu ? / Nous serons mieux; / C'est dans l'ombre que les cœurs causent[5]

La lecture de ce poème est l'élément déclencheur de sa carrière d'écrivaine (Modèle:P. 4)[5].».

Vie sociale[modifier | modifier le code]

Elle s’implique dans son milieu de façon intensive : «… elle collaborera à la fondation de l’Aféas Saint-Paul de Grand-Mère. Elle pilotera le projet d’une bibliothèque municipale dans la ville du rocher (Grand-Mère). Elle sera l’instigatrice du Festival des artisans. Présidente fondatrice du comité d’animation de la bibliothèque Hélène B. Beauséjour, elle a donné des cours de formation religieuse au P.EP. de Shawinigan. Animatrice à Nouveau Départ au Cégep de Shawinigan, elle donne également des cours de formation de bénévoles en plus d’être une conférencière recherchée, etc[6]. »

Conférencière[modifier | modifier le code]

De 1980 à 2015, Aurore Dessureault-Descôteaux se promène à travers le Québec pour donner des conférences. De la Gaspésie à l’Abitibi, de la Côte-Nord à l’Estrie, elle parcourt la province pour transmettre ses connaissances et sa philosophie.

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

  • Passé et Présent au Féminin, Aurore Dessureault-Descôteaux et Yolande Buist-Bordeleau, Éditions du bien public, 1979.
  • St-Narcisse, Histoire du Troisième Rang "en suivant les roulières", Aurore Dessureault-Descôteaux, Édition : Publicité Paquet Inc, Shawinigan, 12 octobre 1982, 246 pages
  • Entre chien et loup, Lauriane mon amour, Aurore Dessureault-Descôteaux, Les éditions Flammarion Ltée-CFTM 10, 1985, Montréal, 217 pages * Entre chien et loup, Lauriane mon amour[4].

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Marche par-là Graziela (1988)
  • Du foin pour les Mongrain (1989)
  • La revanche de Graziela (révisée le 25 mars 1991)

Radio[modifier | modifier le code]

  • Avant l'automne, texte dramatique gagnant d’un concours organisé par la radio de Radio-Canada pour la série La Fenaison,

Télévision[modifier | modifier le code]

  • Entre chien et loup, téléroman (1984-1992)

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de baptême no B-42 du feuillet 10v de l'année 1926 de Saint-Narcisse de Marie-Aurore-Annette Dessureau. Baptisée le 11 mai 1926 et née la veille. Sur le site de généalogie Ancestry.
  2. a et b Doris Hamel, « Belle histoire d’amour : Aurore Descôteaux fière de notre patrimoine », Le Nouvelliste, Trois-Rivières,‎
  3. a, b, c et d Aurore Dessureault-Descôteaux, St-Narcisse, Histoire du Troisième Rang, en suivant les roulières, Shawinigan, Publicité Paquet Inc., , 246 p., p. 106
  4. a et b Aurore Dessureault-Descôteaux, Entre chien et loup, Lauriane mon amour, Montréaléditeur=Les éditions Flammarion Ltée, , 217 p. (ISBN 2-89077-027-3)
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Jocelyne Robert-Gélinas, « Entrevue avec Aurore Dessureault-Descôteaux et Rosario Descôteaux », Le Petit Robert, édition spéciale,‎ .
  6. a et b Pierre Dubois, « Aurore Dessureault-Descôteaux ou la certitude que tout est possible », Le Nouvelliste, Trois-Rivières,‎
  7. a, b, c, d et e Gilles Dessureault, « Entre chien et loup, le patrimoine mauricien raconté sur le réseau TVA », Le Nouvelliste, Trois-Rivières,‎
  8. Aurore Dessureault Descôteaux, « D'où vient l'argent de la caisse électorale? », Le Nouvelliste,‎
  9. Gilles Dessureault, « "Vive nouvelle", thème de la neuvaine de l'Assomption », Le Nouvelliste, Trois-Rivières,‎
  10. « Assomption », Revue Notre-Dame du Cap, Reine du Saint-Rosaire, Trois-Rivières, vol. 7,‎ , p. 10
  11. D.L., « Grand'Mère compte son centre », Le Nouvelliste, Trois-Rivières,‎
  12. Aurore Dessureault-Descôteaux, « La femme et le marché du travail », Le libérateur, Shawinigan,‎
  13. Modèle:Langue=français
  14. Modèle:Langue=français
  15. Denis Pronovost, « Le premier festival des Artisans », Le Nouvelliste, Trois-Rivières,‎
  16. Suzanne Gauthier, « Aurore Desaulniers (sic)-Descôteaux, une femme qui n’a pas peur des mots. », Journal de Montréal, supplément du samedi, Montréal,‎
  17. Linda Corbo, « Décès d'Aurore Dessureault-Descôteaux », Le Nouvelliste, Trois-Rivières,‎ (lire en ligne)
  18. a et b Emmanuelle Plante, « Entre chien et loup, Saga familiale d’un début de siècle », Journal de Montréa, Montréal,‎