Wilfrid Laurier

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Wilfrid Laurier
Wilfrid Laurier en 1906.
Wilfrid Laurier en 1906.
Fonctions
7e Premier ministre du Canada
Monarque Victoria
Édouard VII
George V
Gouverneur John Campbell Gordon
Gilbert Elliot-Murray-Kynynmound
Albert Grey
Prédécesseur Charles Tupper
Successeur Robert Laird Borden
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Saint-Lin-Laurentides (Colonie du Canada-Uni)
Date de décès (à 77 ans)
Lieu de décès Ottawa (Ontario, Canada)
Nationalité Canadienne
Parti politique Parti libéral
Conjoint Zoé Lafontaine
Profession Avocat

Signature de Wilfrid Laurier

Wilfrid Laurier Wilfrid Laurier
Premiers ministres du Canada

Wilfrid Laurier, né Henry Charles Wilfrid Laurier le à Saint-Lin-de-Lachenaie (actuel Saint-Lin–Laurentides) au Québec et mort le à Ottawa en Ontario, est le septième Premier ministre du Canada, poste qu'il occupe du au 7 octobre 1911. Il est le premier francophone à accéder au poste de Premier ministre canadien[1].

Considéré comme l'un des plus grands hommes d'État canadiens, Wilfrid Laurier est bien connu pour ses politiques de réconciliation et de compromis entre francophones et anglophones du Canada. Il défend un partenariat entre les deux « peuples fondateurs » du Canada. Il est souvent présenté comme le premier ministre qui a fait entrer le Canada dans le XXe siècle[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et années de formation[modifier | modifier le code]

Wilfrid Laurier naît le dans une grande maison au bord de la rivière Achigan, près de Montreal, actuellement Saint-Lin-Laurentides. Il est le fils de Carolus Laurier et de Marcelle Martineau[1]. Il est baptisé deux jours après sa naissance, le , en l'église catholique de Saint-Lin : son parrain est Louis-Charles Beaumont, son oncle, et sa marraine est Marie-Zoé Laurier, sa tante, épouse de ce dernier[2].

Le père de Wilfrid, Carolus Laurier, fait partie de la majorité de la population qui sait compter, lire, écrire, et parler tant en français qu'en anglais. Arpenteur de métier, comme l'indique l'acte de baptême de son fils, il est aussi le premier maire du village. Wilfrid n'a que sept ans quand sa mère meurt — de la tuberculose, une maladie très répandue à l'époque. Son père se remarie avec Adeline Éthier, de qui il aura d'autres enfants. Pour Carolus, l'éducation est une priorité. Il s'endette donc pour que son fils ait accès à un certain niveau d'éducation. Wilfrid fait ses études primaires à Saint-Lin, il passe deux ans à New Glasgow, un village voisin principalement habité par des anglophones. « Wilfrid s’y pénétra d’une culture qu’il affectionnerait toujours et apprit rapidement la langue anglaise qu’il parlerait avec un brin d’accent écossais[1]. ». Il poursuit ensuite son cours classique au collège de l'Assomption. À l'école, le jeune Wilfrid se montre un élève fort assidu. En contrepartie, il a la santé très fragile, mais est doté d'une intelligence remarquable. Et déjà, à cette époque, il s'absente de classe pour aller entendre les orateurs « rouges »[1].

À compter de 1861, il entreprend des études de droit au McGill College (plus tard université McGill) de Montréal. À l'époque où Laurier y étudie, cette université est bilingue, c'est donc dans les deux langues que Laurier va parfaire son éducation (notamment en droit civil français). C'est à cette époque qu'il rencontre des membres de l'Institut canadien, un groupe politique libéral radical. Il côtoie entre autres Antoine-Aimé Dorion et Rodolphe Laflamme, son professeur de droit constitutionnel, l'un des maîtres de cette discipline à l'époque. Ce dernier accepte Laurier à titre de clerc dans son cabinet d’avocat[1]. Le jeune homme sera premier vice-président de l'Institut canadien, de mai 1864 à l’automne de 1866[1].

Laurier réussit ses études de droit avec plusieurs mentions d'honneur, mais sa santé est toujours aussi mauvaise, souffrant de bronchite chronique (dont il aura le diagnostic seulement quelques années plus tard)[1]. Il commence à exercer sa carrière d'avocat à Montréal en 1864, sans grand succès. Cette année-là, une coalition politique se forme entre les conservateurs québécois et ontariens, et les libéraux ontariens. Germe ensuite le projet de la Confédération canadienne. Laurier se battra, comme tous les rouges (formant le Parti libéral), contre une telle union. Début 1865, Médéric Lanctot, directeur du journal L’Union nationale (Montréal), qui s'oppose au projet de Confédération, le sauve de sa situation d'infortune et lui propose de s'associer à lui dans une nouvelle société[1].

Le 10 mars suivant, la Chambre d’assemblée du Canada-Uni approuva le projet de Confédération. C'est alors qu'Antoine-Aimé Dorion le prend sous son aile. En novembre 1866, il lui propose de remplacer son frère Jean-Baptiste-Éric, décédé, à la direction du journal Le Défricheur de la municipalité L’Avenir. Laurier accepte cette offre. C'est à Victoriaville qu'il publiera, à partir du 1er janvier 1867, Le Défricheur, dans lequel il rédigera «ses plus belles pages à la fois contre l’Union de 1841 et contre la Confédération »[1]. Le 21 mars suivant, Le Défricheur cesse de paraître, en raison d'abord de problèmes financiers et de l'opposition des ultramontains, mais aussi de l'état de santé de Laurier. Le 1er juillet, la Confédération canadienne fut officiellement proclamée.

Laurier devait prendre position devant ce nouvel état de fait. Accepterait-il le nouveau régime politique qu'il avait tant combattu ? Comme son chef Antoine-Aimé Dorion et d’autres libéraux, il accepta le fait accompli. Autre tournant à prendre : « allait-il demeurer un adepte du rougisme, ce produit de l’Institut canadien en quasi-désintégration, de moins en moins prisé par la population ?[1]» Ici, la réponse serait négative. Il évoluerait donc vers un libéralisme modéré, « à la manière classique des whigs britanniques, respectueux des volontés populaires et, espérait-il, moins menaçant pour le clergé catholique »[1].

Un libéral au Québec[modifier | modifier le code]

Établi à Arthabaskaville en 1867, marié en 1868, Laurier prend racine dans son nouveau milieu de vie, tissant des liens avec les libéraux locaux. Il deviendra échevin, puis maire de sa ville, enfin préfet de comté en 1881[1]. Il met sur pied le bureau d'avocat où il pratiquera durant les trente prochaines années. Il caresse dès cette époque le projet de se lancer en politique active. Il ne sera cependant pas candidat aux premières élections à se tenir sous le nouveau régime confédératif.

Laurier se présente la première fois dans le district électoral de Drummond-Arthabaska à l'élection générale québécoise de 1871[1], où il est élu avec une majorité très fragile, bien qu'il ait une résidence à Arthabaska, près de Victoriaville. À l'Assemblée législative de Québec, il se montre comme un parlementaire à l'éloquence remarquable[réf. nécessaire]. Mais Laurier ne se fait pas d'illusions. Le Parti libéral demeure un parti marginal, sans programme politique concret, critiqué par les élites et le clergé.

Laurier décide donc de se présenter au niveau fédéral, où il croit que les chances de triomphe du libéralisme sont meilleures. Automne 1873. Le gouvernement Macdonald tombe à la suite du scandale du chemin de fer du Pacifique. Il est remplacé par une nouvelle administration, dirigée par le libéral Alexander Mackenzie. Des élections sont annoncées pour la fin janvier et le début de février 1873. Laurier quitte son poste à l'Assemblée législative de Québec et se lance dans la campagne à l'échelon fédéral dans la circonscription correspondante de Drummond-Arthabaska. Il est élu avec une majorité légèrement augmentée.

Laurier est alors très peu connu. Peu à peu, l'expérience parlementaire aidant, il sortira de cet anonymat. « Progressivement, jusqu’en 1877, ses performances à la Chambre révélèrent publiquement un homme politique modéré, lucide, supérieur à la moyenne, qui avait apprivoisé le milieu parlementaire. Il fallait cependant faire encore plus, s’imposer à l’intérieur même du parti, devenir la solution québécoise aux difficultés rencontrées par sa formation (...) [1]». Son fameux discours de Québec sur le libéralisme politique, prononcé le 26 juin 1877, allait faire de lui, du jour au lendemain, une figure nationale. Le 8 octobre suivant, le premier ministre Mackenzie le nomme ministre du Revenu en 1877, poste qu'il conserve jusqu'à la défaite des libéraux en 1878. Ayant perdu alors qu'il se présentait dans Drummond et Arthabaska, il allait l'emporter le 28 novembre 1877 dans Québec-Est. Cette circonscription allait être la sienne jusqu'à sa mort en 1919.

Lors des élections du 17 septembre 1878, les libéraux subissent une cuisante défaite. Laurier, qui dirigeait son parti au Québec, ne put sauver que 18 sièges dans la province. Après cette défaite, l'indolence et l'inaction prennent Laurier. Il est découragé et désabusé. Il est certes un secrétaire parlementaire efficace du chef libéral de l'époque, Edward Blake, mais il n'a pas l'éloquence et la fougue qu'on lui connaîtra lorsqu'il sera Premier ministre. Cette traversée du désert prendra fin en 1885. L'affaire Riel le voit reprendre le combat. « Le 7 juillet 1885, il y prononça l’allocution la plus longue de sa vie parlementaire. Il s’exprima en chef actif des libéraux de la province de Québec. Un doigt vengeur dirigé contre Macdonald[1], il l’accusa de mépriser les Métis et d’être ni plus ni moins le responsable de la rébellion[1]

Macdonald annonça des élections générales pour le 22 février 1887, qu'il remporta à nouveau. Edward Blake, malade, démissionne le 2 juin 1887. Un nouveau chef doit être choisi. Blake désigne Laurier. Ce dernier commence par refuser, disant qu'un Canadien français ne peut pas remplir une telle fonction, mais face à l'obstination du chef sortant, il finit par accepter, « en précisant qu’il assumait temporairement la fonction et qu’il la remettrait à Blake aussitôt sa santé revenue[1] ».

C'est un chef de l'opposition hors pair. Il attaque sans relâche le gouvernement conservateur, marque des points, fait des gains. Dès cette époque, il réfléchit à une politique économique. Ce sera l’union commerciale avec les États-Unis, inspirée du courant libre-échangiste. Mais une telle option divise les Canadiens et ne s'imposera pas. Dans l'affaire des écoles françaises du Manitoba -- le gouvernement libéral de Thomas Greenway avait déposé, au début de 1890, deux projets de loi dont l’un abolissait le français comme langue officielle et l’autre créait un système d’enseignement non confessionnel, dirigé et financé par l’État --, Laurier accepta la décision du gouvernement de confier l’affaire aux tribunaux et il s’en lava les mains. Laurier consolide l'organisation du parti libéral. « La conversion de la province de Québec au Parti libéral prit donc progressivement un élan irrésistible (...). » Aussi, la défaites des libéraux de Laurier aux élections générales du 5 mars 1891 fut-elle une déception, malgré des gains significatifs en Ontario et au Québec. Après un passage à vide, Laurier retrouva sa combativité. En 1893, un grand congrès réunissant les libéraux de partout au Canada adopta « un nouveau programme où la réciprocité totale, atténuée pour satisfaire plusieurs libéraux (...), s’inscrivit désormais dans la perspective du développement des ressources naturelles du pays et dans celle de la nécessité d’un tarif douanier pour le revenu du Canada[1]. » Le développement de l'Ouest canadien devenait une priorité. Laurier « le visita en septembre et octobre 1894, et lui offrit un programme en trois volets : relâcher l’étreinte de la Politique nationale, ouvrir le marché américain, accélérer l’immigration ».

C'est le retour au premier plan de la question des écoles du Manitoba qui allait contribuer au succès électoral de Laurier. En 1895, le comité judiciaire du Conseil privé confirme que le gouvernement fédéral a le droit d’intervenir afin de réparer l’injustice causée en 1890 par la loi du gouvernement Greenway. Les conservateurs de sir Charles Tupper présentèrent, début 1896, un projet de loi réparatrice. Un geste courageux et généreux. « Laurier, oscillant, se posa cependant en défenseur des droits provinciaux et en symbole de l’espoir de la minorité. Il proposa le renvoi dans six mois de l’étude du projet et il s’employa à prolonger indûment le débat en utilisant l’obstruction systématique, ce qui tua le projet de loi[1].» Il avait joué la carte de la modération et de l'apaisement.

Lors des élections générales du 23 juin 1896, Laurier remporta l'élection par une marge de 30 sièges. Le Parti conservateur recueillit cependant plus de voix, soit 46,1 % contre 45,1 %. Il était le premier francophone à accéder jusque-là au poste de Premier ministre fédéral. Son premier cabinet compte quelques anciens premiers ministres provinciaux : Joly de Lotbinière (Québec), Mowat (Ontario), Fielding (Nouvelle-Écosse), Blair (Nouveau-Brunswick)[3].

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Statue de Laurier sur la colline du Parlement, à Ottawa (Ontario).

Wilfrid Laurier dirige le Canada durant une période de forte croissance mondiale, d'industrialisation accélérée et d'immigration massive. Sa longue carrière politique correspond à une ère de changement politique et économique majeure. En tant que Premier ministre, il contribuera grandement à faire entrer le Canada dans le XXe siècle et à donner à celui-ci un statut international, en manifestant notamment une plus grande autonomie face au Royaume-Uni.

Les écoles du Manitoba[modifier | modifier le code]

Le premier problème que devra résoudre Laurier après son arrivée au pouvoir, sera de trouver une solution définitive à la question des écoles catholiques de langue française au Manitoba, question qui avait causé la chute du gouvernement Tupper, plus tôt, en 1896. Il réussit à conclure, avec le gouvernement manitobain, un compromis. Le règlement Laurier-Greenway ne rétablit pas les écoles séparées. Il permet cependant aux francophones catholiques du Manitoba de bénéficier d'une éducation catholique si le nombre d'élèves le justifie, chaque école étant jugée au cas par cas. Dans les écoles à majorité anglophone, les Canadiens français peuvent obtenir une demi-heure d'enseignement religieux à la fin des classes. Dans les écoles fréquentées par dix enfants parlant français ou une autre langue que l’anglais, l’enseignement peut être donné en anglais et dans la langue maternelle, d’après le système bilingue[1].

Cet accord est vu par plusieurs comme étant la meilleure solution possible compte tenu des circonstances, satisfaisant à la fois les francophones et les anglophones. Laurier, afin de résoudre le conflit, adopte « une démarche dans laquelle il privilégie les négociations, la diplomatie et le compromis plutôt que d’imposer les choses par la loi », démarche qu'il désigne par l'expression « voie ensoleillée »[4].

Le règlement Laurier-Greenway est, en général, très mal accepté, tant dans le Canada anglais que dans le Canada français. Les anglophones jugent que ce compromis est une atteinte à l'autonomie des provinces; les francophones le voient comme insuffisamment favorable aux leurs. En réalité, le gouvernement fédéral de Laurier renonce à son rôle de protecteur de la minorité francophone, dont les droits sont pourtant inscrits dans la constitution. Cette affaire n'est qu'un exemple du dialogue de sourds qui a existé entre anglophones et francophones tout au long du règne de Laurier[1].

La minorité franco-catholique du Manitoba exprime sa colère. Au Québec, l'hostilité est manifeste. Mgr Langevin, archevêque de Saint-Boniface, et la hiérarchie catholique, font entendre leur opposition[1]. A la demande de Laurier, le Saint-Siège envoie un enquêteur, Mgr Rafael Merry del Val, afin d'étudier la question manitobaine. S'appuyant sur les résultats de cette enquête, le pape Léon XIII rédige l’encyclique Affari vos[5]. « Sa conclusion : le compromis Laurier-Greenway était imparfait et insuffisant, mais il devait être accepté et amélioré avec le temps selon les normes de la modération[1]. » C'était donner raison à Laurier. Mais cette victoire du premier ministre n'était pas sans nuage. « Quoi qu’on en ait dit, ce règlement demeurait, ainsi que l'écrit l'historien Réal Bélanger, un précédent dangereux car, par lui, se voyait confirmée l’émergence d’un Canada de plus en plus uniculturel et anglophone, la vision tronquée du Canada conçu par les Pères de la Confédération[1]. »

La guerre des Boers et le renouveau de l'impérialisme[modifier | modifier le code]

Monument à Wilfrid Laurier (1953), sculpture d'Émile Brunet, au square Dorchester à Montréal.

Laurier devient premier ministre au moment où on assiste, en Grande-Bretagne, à un renouveau de la pensée impérialiste. Pour la métropole, il s'agit d'associer les colonies à un projet de fédération impériale, politique, mais aussi militaire et économique[1]. Lors de la Conférence coloniale de 1897, Laurier avait rappelé l'attachement légitime du Canada à la Couronne britannique[6]. En 1899, les Anglais attaquent les Boers, qui habitent le Transvaal et l'État libre d'Orange, en Afrique australe. Ils espèrent un appui militaire de la part du Canada, en tant que membre de l'Empire britannique. Des Canadiens anglais, d'obédience impérialiste, militent fortement en faveur d'une intervention militaire du Canada aux côtés du Royaume-Uni. Les Canadiens français sont, pour leur part, isolationnistes et s'opposent majoritairement à toute participation à ce conflit. Ils s'identifient au peuple qu'on agresse et voient cette guerre comme un rappel de leur défaite lors de la Guerre de Sept Ans. Le député libéral Henri Bourassa est un critique féroce de l'impérialisme, et il s'oppose par principe à toute participation canadienne à une guerre menée par l'Angleterre. Laurier, pris entre deux feux, décide d'envoyer, sans l'accord du parlement, une force militaire constituée de volontaires, au lieu des milices que souhaitent les Britanniques[7]. Pour Bourassa, c'en est trop. Il quitte son siège de députés à la Chambre des Communes, « en arguant qu’il s’agissait là bel et bien d’un précédent qui ravalait le Canada au rang de colonie dépendante[1] ». Les deux hommes seront, à compter de ce jours, des adversaires acharnés. La position défendue par Laurier lors de la guerre des Boers ne compromet pas sa réélection. Lors des élections du 7 novembre 1900, il obtient une majorité de 53 sièges. Le Québec l'appuie aussi massivement et lui donne 57 députés. Henri Bourassa est lui aussi réélu[1].

Durant les années Laurier, la personnalité internationale du Canada s'affirme, dans un contexte où la métropole est guidée par une volonté impérialiste de plus en plus manifeste. Lors de la conférence coloniale de 1902, Laurier défend, avec les autres colonies, l'idée d'une coopération volontaire avec Londres. Il refuse ainsi le projet de Conseil impérial, que cherche à imposer le ministre des Colonies, Joseph Chamberlain, ainsi que la mise sur pied d’une force navale impériale et celle d'une union commerciale. Le Canada, on le voit, n'hésite plus à prendre ses distances des politiques mises de l'avant par Londres[8]. Mais le gouvernement britannique n'allait pas se compter pour battu, ainsi que nous le verrons plus bas.

Le développement de l'Ouest et la construction de chemins de fer transcontinentaux[modifier | modifier le code]

Sur le plan économique, Laurier, profitant d'une conjoncture favorable, échafaude un grand projet mobilisateur pour le Canada. Avec Clifford Sifton, son efficace ministre de l’Intérieur, il s'agit de développer économiquement, humainement, l’Ouest du pays, essentiellement grâce à l’agriculture. A cette fin, on recrutera de manière intensive les immigrants, en provenance du monde entier. Durant la seule année 1901, 55 747 d'entre eux s'établiront au Canada. Entre 1900 et 1914 le phénomène dominant sur la scène canadienne sera le peuplement des territoires de l'Ouest. Il constituera aussi le moteur de la croissance économique importante du pays[1].

L'augmentation de la population de l'Ouest crée des besoins nouveaux. L'activité économique s'accroît par la nécessité de transporter vers l'Est le blé produit en abondance en Alberta et en Saskatchewan. La colonisation qui progresse nécessite de nouveaux moyens de communications. De nouvelles infrastructures de transport sont aussi nécessaire. Le Canadien Pacifique ne suffisant plus, il faut construire un autre chemin de fer transcontinental. Laurier y tient. En 1903, il confie à la compagnie du Grand Tronc la tâche de mener à bien le projet. Les tronçons est et ouest du chemin de fer seront achevés en 1913 et 1914. Par ailleurs, une compagnie privée dirigée par William Mackenzie et Donald Mann entreprend, en même temps, la construction d'un autre transcontinental. Celui de la Canadian Northern Railway Co. sera achevé en 1915[9]. L’électorat se montre satisfait. Laurier est réélu aux élections du 3 novembre 1904, avec une majorité de 64 sièges, son résultat le plus éclatant à ce jour[1].

Création des provinces de l'Alberta et de la Saskatchewan[modifier | modifier le code]

En 1905, Laurier préside à l'entrée de l'Alberta et de la Saskatchewan au sein de la Confédération, les deux dernières provinces à être créées à partir des Territoires du Nord-Ouest. La question des écoles de la minorité catholique va à nouveau se poser.

Laurier aurait souhaité la mise sur pied d'écoles confessionnelles subventionnées par l'État. Abandonnant la défense du principe de la protection des droits provinciaux, invoqué à propos du Manitoba, et mettant l’accent sur l’article 93 de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, il s'efforçait de protéger les écoles séparées de la minorité catholique, qui ne formait plus que le septième de la population des nouvelles provinces. Mais l'hostilité des hommes politiques et de l'opinion publique canadienne-anglaise eut raison de lui. Son ministre Sifton, « qui croyait à la canadianisation de l’Ouest selon la manière anglo-saxonne centrée sur l’école neutre[1] », démissionna du gouvernement et s'engagea dans la lutte. Laurier finit par reculer. Au bout du compte, « toutes les écoles seront sous le contrôle de l'État; le groupe majoritaire dans une localité possédera l'école publique; la minorité pourra se construire des écoles séparées; partout, on aura la liberté d'enseigner le catéchisme après la classe régulière; l'enseignement du français sera permis, une heure par jour, à la demande des parents »[10]

Henri Bourassa rompt alors définitivement avec Laurier. « Pour lui, avec raison, l’épisode des écoles de l’Ouest représentait l’achèvement du cycle d’épreuves des minorités catholiques et françaises hors Québec. Pire, le pays avait probablement raté sa dernière chance de se doter de moyens concrets pour devenir une nation vraiment bilingue et biculturelle[1]. »

Cet échec de Laurier l'entraînait sur une pente descendante. S'il fut réélu avec une majorité de 50 sièges lors des élections du 26 octobre 1908, certains signaux inquiétants étaient néanmoins perceptibles : « perte de 14 sièges, écart de seulement 42 136 voix séparant les libéraux des conservateurs, majorité infime de 7 sièges hors Québec[1] ». Laurier sortit éprouvé de cette dure bataille électorale. Il songea sérieusement à démissionner mais son entourage l'en dissuada[1]. « Laurier comprit que son destin était indissociable du pays et du parti qu’il avait tellement contribué à façonner[1]

Deux questions allaient cependant hâter la fin du règne de Laurier : la marine royale canadienne et la réciprocité avec les États-Unis.

Marine royale canadienne[modifier | modifier le code]

Wilfrid et sa femme, en 1907.

La pression impérialiste venant de la métropole ne faiblissait pas. Les conférences coloniales étaient devenues une institution permanente au sein de l'Empire britannique. À partir de 1909, elle seraient désignées sous le nom de « conférences impériales ». Lors de la conférence de 1911, le premier ministre néo-zélandais Joseph Ward suggère de transformer l'Empire en un État fédéral. Opposition de Laurier, qui rappelle qu'alors, « les gouvernements respectifs des "Dominions" ne seraient plus que des agents d'exécutions muets ». La proposition est finalement rejetée[11].

La question de l'impérialisme s'est aussi posée à propos de la création d'une marine canadienne. La rivalité navale entre le Royaume-Uni et l'Empire allemand s'était accrue dans les premières années du XXe siècle. En 1909, l'Angleterre organise à Londres une conférence spéciale au sujet de la défense[12]. Afin de contribuer au renforcement de la flotte impériale, Laurier propose un projet de loi, le 12 janvier 1910, visant à créer une marine canadienne pouvant combattre où l’Angleterre est engagée. Cette marine consisterait initialement en une force de cinq croiseurs et six destroyers[1]. Cette idée, grandement louée à la conférence Impériale sur la défense, est très impopulaire au Canada, tant chez les francophones que chez les anglophones. Pour les conservateurs de Robert Borden, une telle marine serait à la fois coûteuse et inefficace. Il est préférable, pour eux, que le Canada verse directement à l'Angleterre une contribution financière afin qu'elle puisse acquérir de nouveaux vaisseaux de guerre. Les nationalistes du Québec, inspirés par Henri Bourassa, qui vient de fonder le quotidien Le Devoir, s'oppose à la loi navale de Laurier car ils rejettent toute participation aux guerres européennes.[13] La loi est finalement adoptée aux Communes. Mais cette question sera l'un des causes principales de la défaite électorale de Laurier lors des élections de 1911.

Réciprocité et défaite[modifier | modifier le code]

Affiche électorale de Wilfrid Laurier.

Une autre controverse, plus grave encore celle-là[1], est suscitée par l'appui de Laurier à la réciprocité commerciale avec les États-Unis. À la suite d'un voyage dans l’Ouest canadien à l’été de 1910, ce dernier tente de négocier avec les Américains le libre-échange pour « les fruits, les céréales, le poisson, les animaux de ferme et certains produits manufacturés »[14].Le 26 janvier 1911, le ministre Fielding annonce au Parlement qu'un accord a été conclu, « qui laisserait pénétrer en franchise dans les deux pays la plupart des produits, dits naturels, et quelques produits manufacturiers seulement »[1].

Le Parti conservateur s'y oppose, de même que les hommes d'affaires libéraux ; les agriculteurs, eux, appuient fortement l'entente[15]. Alors que l'opposition enfle, Laurier, désireux d'en appeler à l'opinion publique sur la question, dissout le parlement le 29 juillet et annonce des élections générales pour le 21 septembre suivant. La campagne électorale est féroce. On dénonce un risque d'annexion aux États-Unis[1]. « On assiste alors à une étrange alliance des conservateurs qui s'opposent à la réciprocité et des nationalistes du Québec qui refusent la loi navale[15]. » La campagne se termine par une victoire des conservateurs de Borden, avec une forte majorité. Laurier redevient chef de l'opposition.

Opposition et guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Wilfrid Laurier à Montréal, .

Mais cette défaite ne fut guère synonyme de repos pour Laurier. Au contraire, comme il le dit lui-même dans une lettre à son député Ernest Lapointe dans les jours qui suivirent la défaite : Je veux une autre bataille contre les tories. Laurier réorganisa donc complètement l'administration du parti, créant un comité central d'organisation, sous la présidence de William Lyon Mackenzie King. Cependant, il toucha très peu au programme du parti. Il « communiqua régulièrement avec les leaders de toutes les régions. Entre 1912 et 1914, il tint une trentaine d’assemblées et banquets politiques au Québec et en Ontario. Plus que tout, cependant, il agit fébrilement à la Chambre.[1]»

Malgré ces efforts, Laurier éprouve une difficulté incroyable à maintenir l'unité de son parti. Les Québécois formant un bastion libéral depuis 1887, il n'a guère d'autre choix que de défendre la souveraineté canadienne au sein de l'Empire britannique, tandis que l'Ontario et l'Ouest considèrent la politique impériale de Borden comme acceptable. Bien qu'il soit le premier Canadien français à accéder au poste de premier ministre Canada, plusieurs Québécois jugent ses orientations politiques trop teintées d'impérialisme. Une partie de ses appuis au Québec ira donc chez les conservateurs. En effet, Robert Laird Borden, pour contrer l'influence libérale au Canada français, promet une forte représentation francophone dans son cabinet. Plusieurs nationalistes anti-impérialistes sont nommés ministres, notamment Frédérick D. Monk. D'autres, sur la scène provinciale, comme Israël Tarte et Henri Bourrassa, attaquent, eux aussi, de manière virulente la politique de Laurier.

En décembre 1912, le gouvernement Borden propose de voter une contribution d'urgence de 35 millions de dollars afin que la Grande-Bretagne, qui se sent toujours menacée par le programme naval allemand, puissent construire trois navires de guerre. Laurier s'y oppose au nom de l’autonomie canadienne. Il mènera, durant six mois, à la Chambre des Communes un combat contre cette décision du gouvernement Borden. Les sénateurs libéraux, majoritaires, rejetèrent définitivement le projet de loi le 29 mai 1913. Borden sortit affaibli de cet épisode. Il perdit son ministre Monk et l’appui des nationalistes de Bourassa. La situation des libéraux s'améliora. La capture du pouvoir devenait à nouveau envisageable. Mais la Première Guerre mondiale allait faire fondre ces espoirs[1].

Au début du conflit, en communion avec le reste de la population canadienne, Laurier offre son entière collaboration à l'effort de guerre au premier ministre Borden. Malheureusement, la prolongation de la guerre et la baisse du recrutement volontaire conduisent le premier ministre conservateur à imposer, à l'été de 1917, la conscription militaire[1].

Pour Laurier, la Grande Guerre aura brisé les deux plus importants fondements de [sa] carrière [...] : l’unité nationale et l’unité du Parti libéral. Entre 1914 et 1918, Laurier vécut les pires épreuves de sa vie[1].

Loin de se laisser abattre, Laurier tente de reconstruire son parti divisé par la conscription. Il se met activement au travail : « Même affaibli par la maladie à partir de l’été de 1918, il reprit sa correspondance avec des leaders régionaux. Puis quand vint l’armistice du 11 novembre, il s’enthousiasma. Il commença à mettre en branle les prémices d’un grand congrès qui définirait les structures et le programme de sa formation afin de la mieux réunifier.[1]»

Vie privée[modifier | modifier le code]

S'étant établi à Arthabaskaville (Arthabaska) en septembre 1867, Laurier songe ensuite à se marier. Le , il épouse Zoé Lafontaine, qu'il connaît depuis ses années d'études, à Montréal, en la cathédrale Saint-Jacques[16]. Il avait jusque-là refusé de demander sa main en raison de son état de santé qu'il jugeait déficient et de sa pauvreté matérielle. Apprenant qu'elle songe à épouser un autre homme, il se décide enfin à la demander en mariage. Les Laurier n'auront pas d'enfants et ce sera pour eux une cause de tristesse. Mais la vie conjugale ne fut pas pour Laurier un grand fleuve tranquille. L'historien Réal Bélanger évoque en effet la passion qu'il éprouva pour Émilie Barthe, l'épouse de son associé, l'avocat Joseph Lavergne. La liaison romantique « la plus célèbre de l'histoire politique canadienne » entre deux êtres d'exception. La rumeur a couru à l'époque que de leur relation serait né Armand Lavergne, qui devint plus tard un journaliste bien connu. À partir de 1897, alors que cette passion s'estompe, les deux époux se rapprochent l'un de l'autre. Zoé mourut deux ans après son mari, à Ottawa, le 1er novembre 1921[1].

En juillet 1902, Laurier finança avec sa femme, le voyage d'études musicales en Europe, de sa nièce Éva Gauthier qui devint par la suite une célèbre cantatrice.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Le 16 février 1919, alors qu'il était toujours à la tête d'un Parti libéral en pleine reconstruction, il est foudroyé par une hémorragie cérébrale[1]. Il meurt le lendemain et est par la suite inhumé au cimetière Notre-Dame à Ottawa, en Ontario[17].

Héritage[modifier | modifier le code]

Tombeau de Laurier au cimetière Notre-Dame. Auteur : Alfred Laliberté.

Les Québécois ont donné à Laurier des majorités parlementaires souvent écrasantes. Pendant plusieurs décennies, l'impact qu'a la présence d'un Canadien français au poste de premier ministre (sous la bannière des Libéraux) continue. Ainsi, les Québécois votent fortement pour les Libéraux jusqu'en 1984, sauf pour un épisode exceptionnel en 1958. D'ailleurs, dans les années soixante et soixante-dix, le chef du ralliement créditiste, Réal Caouette, déclare à la télévision d'état « Les Québécois votent libéral car leurs grands-parents ont serré la main de Wilfrid Laurier.».

Laurier, bien qu'il fût considéré comme « progressiste » pour son temps, pourrait être considéré comme un conservateur de nos jours. Exemple :

Plusieurs lois progressistes à l'égard de la langue française sont par lui refusées. Par exemple :

  • refus de rendre les monnaies et postes bilingues,
  • refus d'obliger les haut-gradés militaires à comprendre et parler le français,
  • refus d'accorder les droits scolaires des minorités francophones hors-Québec.

Rôle de député et parlementaire[modifier | modifier le code]

Député des circonscriptions[18]

Début Fin Législature Circonscription Fonction
1911 1917 12e législature du Canada Québec-Est et Soulanges Chef de l'opposition officielle

Honneurs[modifier | modifier le code]

Musée Laurier à Victoriaville, résidence personnelle de Sir Wilfrid Laurier à Arthabaska
Musée Laurier à Victoriaville, [19]

Archives[modifier | modifier le code]

Écrits[modifier | modifier le code]

Wilfrid Laurier est l'auteur de plusieurs articles parus dans les journaux et revues de son époque de même que de discours et de conférences qui ont été rassemblés en volumes. Des extraits de sa correspondance ont également été publiés après sa mort.

  • Wilfrid Laurier on the Platform. 1871-1890, Québec, Turcotte & Ménard, 1890, 624 p.
  • Wilfrid Laurier à la tribune. 1871-1890, Québec, Turcotte & Ménard, 1890, 617 p.
  • Discours à l'étranger et au Canada, Montréal, Librairie Beauchemin, 1909, 472 p.
  • Discours de Sir Wilfrid Laurier, Montréal, Librairie Beauchemin, 1920, 2 volumes.
  • Letters to my father and mother, Toronto, Ryerson Press, 1935, 148 p.
  • Lettres à mon père et à ma mère, 1867-1919, Arthabaska, Imprimerie d'Arthabaska, 1935, 349 p.
  • Dearest Émilie. The love-letters of Sir Wilfrid Laurier to Madame Lavergne, Toronto, NC Press, 1989, 159 p.
  • Chère Émilie. Une correspondance de Sir Wilfrid Laurier, Montréal, Éditions du Méridien, 1991, 156 p.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]

  • Réal Bélanger, «Sir Wilfrid Laurier», L'encyclopédie canadienne, Toronto, Historica Canada, 23 mars 2015.
  • André Pratte, Wilfrid Laurier, Montréal, Éditions du Boréal, 2011, 204 p.
  • Roderick Stewart, Wilfrid Laurier. Oeuvrer pour l'unité du Canada, Montréal, XYZ éditeur, 2008, 190 p. -- Ttraduit de l'anglais par Hélène Rioux.
  • Wilfrid et Émilie. De cœur et d'esprit, Montréal, CinéFête, 2007, 30 min.
  • Jean Roy et Daniel Proulx, 100 Québécois qui ont fait le XXe siècle. Les géants, Montréal, Office national du film du Canada, 2006, 51 min.
  • Sylvie Arend, Julianna Drexler, Sir Wilfrid Laurier. Une bibliographie choisie et annotée = Sir Wilfrid Laurier. An Annotated and Selected Bibliography, Toronto, Éditions du Gref, 2002, 344 p.
  • Paul-Émile Racan-Bastien, Généalogie ascendante de Sir Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada, originaire du Québec, Longueuil, Éditions historiques et généalogiques Pepin, 2001, 95 p.
  • Stéphane Kelly, Les fins du Canada selon Macdonald, Laurier, Mackenzie King et Trudeau, Montréal, Éditions du Boréal, 2001, 287 p.
  • Dominique Godbout, Benjamin Franklin, le Grand «Illuminé». Son acolyte à Montréal, l'imprimeur Fleury Mesplet. Son frère «Rose-Croix» de la Loge des Neuf sœurs à Paris, l'infâme et pervers Voltaire. Nos «Illuminés» canadiens, Louis-Joseph Papineau et Wilfrid Laurier, La Sarre, Édition privée, 2001, 129 p.
  • Réal Bélanger, « Laurier, sir Wilfrid », Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 1998. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Laurier Lucien Lapierre, Sir Wilfrid Laurier. Portrait intime, Montréal, Éditions de l'Homme, 1997, 400 p. -- Traduit de l'anglais par Jacques Vaillancourt.
  • « Laurier, Wilfrid », dans Dictionnaire des auteurs de langue française en Amérique du Nord, Éditions Fides, 1989.
  • Réjean Olivier, Wilfrid Laurier, ancien élève du Collège de l'Assomption. 22e cours, 1854-1860, L'Assomption, Collège de l'Assomption, 1987, 83 p.
  • Réal Bélanger, Wilfrid Laurier. Quand la politique devient passion, Québec, Presses de l'Université Laval, 1986, 484 p. -- 2e édition revue et mise à jour en 2007.
  • Martin Spigelman, Wilfrid Laurier, Montréal , Lidec, 1979, 62 p. -- Traduction de Gabrielle et François Raymond ; rédaction de Bernard-Pierre Paquet.
  • Jean-Jacques Lefebvre, « Famille Laurier. Sir Wilfrid Laurier (1919), sa famille et ses proches alliés », dans Mémoires de la Société royale du Canada, 4e série, tome 6, section 1, 1968, p. 143-158.
  • Joseph Schull, Laurier, Montréal, Éditions HMH, 1968, 530 p. -- Traduit par Hélène J. Gagnon.
  • Frère Antoine, S.C., Laurier, citoyen d'Arthabaska, Victoriaville, [s.n.], 1961, 167 f.
  • Raymond Tanghe, Laurier. Artisan de l'unité canadienne, 1841-1919, Tours, Mame, 1960, 191 p.
  • Abbé Élie-Joseph Auclair, « Wilfrid Laurier », dans Figures canadiennes. Deuxième série, Montréal, Éditions Albert Lévesque, 1933, p. 112-121.
  • Robert Rumilly, Sir Wilfrid Laurier, Canadien, Paris, Ernest Flammarion, 1931, 209 p.
  • Alfred Duclos DeCelles, Laurier et son temps, Montréal, Librairie Beauchemin, 1920, 228 p. (en ligne)
  • Laurent-Olivier David, Laurier. (sa vie, ses oeuvres), Beauceville, L'Éclaireur, 1919, 268 p. (en ligne)
  • Henri Bourassa, La conférence impériale et le rôle de M. Laurier, Montréal, Le Devoir, 1911, 80 p. (en ligne)
  • Laurent-Olivier David, Laurier et son temps, Montréal, Cie de publication de La Patrie, 159 p. (en ligne)
  • Henri Moreau, Sir Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada, Paris, Plon-Nourrit et cie, imprimeurs-éditeurs, 1902, 299 p. (en ligne)

En anglais[modifier | modifier le code]

  • Christopher Pennington, The Destiny of Canada. Macdonald, Laurier, and the Election of 1891, Toronto, Allen Lane Canada, 2011, 336 p.
  • Roy MacSkimming, Laurier in Love. A Novel, Toronto, Thomas Allen, 2010, 284 p.
  • Roderick Stewart, Wilfrid Laurier. A Pledge for Canada, Montréal, XYZ éditeur, 2002, 175 p. (aperçu)
  • Sylvie Arend, Julianna Drexler, Sir Wilfrid Laurier. Une bibliographie choisie et annotée = Sir Wilfrid Laurier. An Annotated and Selected Bibliography, Toronto, Éditions du Gref, 2002, 344 p.
  • J.L. Granatstein, Norman Hillmer, Prime Ministers : Ranking Canada's Leaders, 1999, p. 46-60. (ISBN 0-00-200027-X)
  • Laurier Lucien Lapierre, Sir Wilfrid Laurier and the romance of Canada, Toronto, Stoddart, 1996, 384 p.
  • Barbara Robertson, Sir Wilfrid Laurier. The Great Conciliator, Toronto, Oxford University Press, 1991, 160 p.
  • Richard Clippingdale, Laurier, His Life and World, Toronto et Montréal, McGraw-Hill Ryerson, 1979, 224 p.
  • Craig Brown, Ramsay Cook, Canada : 1896-1921 A Nation Transformed, 1983, standard history ;
  • Martin Spigelman, Wilfrid Laurier, Don Mills, Ont., Fitzhenry & Whiteside, 1978, 62 p.
  • Herbert Blair Neatby, Laurier and a Liberal Quebec. A Study in Political Management, Toronto, McClelland and Stewart, 1973, 244 p. [lire en ligne]
  • John Arndt et Richard Woeller, A Laurier bibliography, Warterloo, Ontario, The Library, 1973, 24 p.
  • Paul Douglas Stevens, Laurier and the Liberal party in Ontario, 1887-1911, thèse de doctorat, University of Toronto.
  • Joseph Schull, Laurier. The First Canadian, Toronto : Macmillan, 1965, 658 p.
  • « Sir Wilfrid Laurier », dans William Stewart Wallace (dir.), The Encyclopedia of Canada, volume III, Toronto, University Associates of Canada, 1948, p. 394-396.
  • Elizabeth H. Armstrong, The Crisis of Quebec, 1914-1918, 1937. ; réimprimé en 1973.
  • John Willison, Sir Wilfrid Laurier, Toronto : Oxford University Press, 1926, 526 p.
  • John Wesley Dafoe, Laurier. A Study in Canadian Politics, Toronto, Thomas Allen, 1922, 182 p. (en ligne)
  • Oscar Douglas Skelton, Life and letters of Sir Wilfrid Laurier, Toronto, S.B. Gundy, 2 vol.. (en ligne: vol. 1 et 2)
  • Peter Busby Waite, Canada, 1874-1896 : Arduous Destiny, 1971, standard history ;
  • Peter McArthur, Sir Wilfrid Laurier, London, J.M. Dent & Sons, 1919, 183 p. (en ligne)
  • Oscar Douglas Skelton, The Day of Sir Wilfrid Laurier. A Chronicle of Our Own Times, Toronto, Glasgow, Brook & Co., 1916, 340 p. (en ligne)
  • John Stephen Willison, Sir Wilfrid Laurier and the Liberal Party: A Political History, Toronto, George N. Morang and Company, 1903, 2 vol. (en ligne: vol. 1 et 2)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab, ac, ad, ae, af, ag, ah, ai, aj, ak, al, am, an, ao, ap, aq, ar, as et at Réal Bélanger, « LAURIER, sir WILFRID », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 14, Université Laval/University of Toronto, 2003–
  2. Extrait du registre paroissial de l'église Saint-Lin-de-Lachenaie (1841) : baptême 128 - Henry Charles Wilfrid Laurier - Ce vingt deux novembre mil huit cent quarante un, nous prêtre soussigné avons baptisé Henry Charles Wilfrid né avant hier du mariage de Sieur Carolus Laurier, clerc arpenteur, et de Dame Marie Marcelle Martineau de cette paroisse. Parrain Louis Charles Beaumont, Marraine Marie Zoë Laurier soussignés ainsi que le père. Signé : L.C. Beaumont ; M. Zoé Laurier Beaumont ; Carolus Laurier ; G. Chabot, prêtre.
  3. Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois, Canada-Québec. Synthèse historique 1534-2000, Sillery, Septentrion, , p. 375
  4. « La voie ensoleillée - Les discours de sir Wilfrid Laurier »
  5. Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois, Canada-Québec. Synthèse historique 1535-2000, Sillery, Septentrion, , p. 376
  6. Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois, Canada-Québec. Synthèse historique 1535-2000, p. 377
  7. Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois, Canada-Québec. Synthèse historique 1535-2000, p. 377-378
  8. Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois, Canada-Québec. Synthèse historique 1535-2000, p. 380
  9. Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois, Canada-Québec. Synthèse historique 1535-2000, p. 378-379
  10. Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois, Canada-Québec. Synthèse historique 1535-2000, p. 387
  11. Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois, Canada-Québec. Synthèse historique 1535-2000, p. 388
  12. Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois, Canada-Québec. Synthèse historique 1535-2000, p. 388-389
  13. Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois, Canada-Québec. Synthèse historique 1535-2000, p. 389
  14. Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois, Canada-Québec. Synthèse historique 1535-2000, p. 390
  15. a et b Jacques Lacoursière, Jean Provencher et Denis Vaugeois, Canada-Québec. Synthèse historique 1535-2000, p. 391
  16. Registre paroissial de la cathédrale de Montréal, année 1868.
  17. « Avis de décès de Wilfrid Laurier », sur Touslesdeces.com (consulté le 21 mars 2016).
  18. Parlement du Canada, « Laurier : expérience fédérale », sur Parlinfo (consulté le 4 janvier 2014).
  19. Richard Pedneault - Directeur conservateur - Musée Laurier, « Musée Laurier », sur http://museelaurier.com/,
  20. Collection Wilfrid Laurier (P140) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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