Arthashâstra

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L’Arthashâstra (sanskrit IAST : Arthaśāstra[1]) est un ancien ouvrage de politique, d'économie et de stratégie militaire, écrit en sanskrit, sans doute du IVe siècle avant notre ère, et dont le titre se traduit comme « science du politique ». L'ouvrage est considéré comme étant « un monument exceptionnel de la pensée politique ancienne »[2]

Découverte[modifier | modifier le code]

L'ouvrage ne fut découvert qu'en 1905 dans un village du sud de l'Inde dans un état très mutilé et altéré. Une partie de l'ouvrage peut néanmoins prétendre à l'authenticité[3].

Auteur[modifier | modifier le code]

On identifie ses auteurs comme Kautilya[4] et Viṣṇugupta (Vishnugupta), deux noms traditionnellement associés à Chanakya, le premier ministre de Chandragupta Maurya, roi indien qui régna entre -313 et -289 av. J.-C.

L'identification habituelle de Kautilya ou de Vishnugupta avec le ministre Chānakya de Chandragupta Maurya date l'ouvrage du IVe siècle avant notre ère. Mais des affinités avec les Smriti et des références qui seraient anachroniques au IVe siècle av. J.-C. suggèrent qu'il pourrait dater plutôt de la période allant du IIe au IVe siècle de notre ère.

Selon l'encyclopédiste B. Walker, le nom infâme de Kautilya qui signifie en sanskrit « malhonnêteté », « fausseté », dissimule plutôt l'identité d'une école de philosophes politiques qui gagnèrent cette distinction infamante pour couvrir les doctrines qu'ils enseignaient. Un point de vue partagé par le sanskriste Louis Renou, selon qui le nom de Kautilya n'a jamais dû appartenir à un individu particulier[5]. Langlois voit dans l'Arthashastra un traité sur l'art du pouvoir dans la tradition des miroirs aux princes, où la politique est aussi séduction[6].

Thèse[modifier | modifier le code]

C'est un écrit essentiellement pragmatique, faisant fi, tel Nicolas Machiavel, de toute considération morale et décrivant la manière de gérer un royaume, tant dans les affaires intérieures que dans la diplomatie vis-à-vis des voisins, alliés ou ennemis.

Il préconise une attitude très active et souvent guerrière : croissance est synonyme de conquêtes. Si ces dernières sont hasardeuses, l'auteur se sert alors de la duplicité pour parvenir à ses fins. La stabilité ne semble donc par essence que provisoire.

En ce que cet ouvrage est un des grands ouvrages de philosophie asiatique en stratégie, des études comparatives entre l'Arthashastra et d'autres ouvrages de stratégie ont été effectués comme avec San Shi Liu Ji par le philosophe et historien Jean Langlois par exemple[7]

Parties[modifier | modifier le code]

L'ouvrage comprend quinze livres :

  • Le roi, son apprentissage, ses devoirs. Le choix des ministres. Les tâches des réunions du conseil.
  • Le rôle économique de l'État.
  • L'organisation juridique de la société.
  • Châtiments des délits et des crimes.
  • De la surveillance des commis de l'État.
  • Des États souverains.
  • Des rapports inter-étatiques.
  • Des calamités.
  • Préparatifs aux hostilités.
  • De la guerre.
  • Causes des dissensions.
  • Conduite à tenir à l'égard du roi plus faible.
  • Des sièges.
  • Pratiques secrètes.
  • Du savoir.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. (fr) Dictionnaire Héritage du Sanscrit de Gérard Huet (en ligne)
  2. Jacques Dupuis, Histoire de l'Inde, 2e éd., Éditions Kailash, 2005, p.96
  3. Jacques Dupuis]], ibid., 2005, p.149-150
  4. (en) I.W. Mabbett, « The Date of the Arthaśāstra », Journal of the American Oriental Society, vol. 84, no 2,‎
  5. Jacques Dupuis]], ibid., 2005, p.150
  6. Jean Langlois "Comparative Study between Arthasastra and San Shi Liu Ji (The Thirty Six Strategies)", Fellow Seminar, IDSA Août 2013
  7. https://idsa.in/event/ArthasastraandBingFa