Arseni Tarkovski

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Arseni Tarkovski, dans les années 1930.

Arseni Alexandrovitch Tarkovski (en russe : Арсе́ний Алекса́ндрович Тарко́вский, né le à Elizavetgrad[1] et mort le à Moscou, est un poète soviétique et russe du XXe siècle, aussi traducteur de langues orientales. Il est le père du réalisateur Andreï Tarkovski. Il obtint le Prix d'État de l'URSS à titre posthume, en 1989, pour le recueil de poésies De la jeunesse au grand âge (1987).

Biographie[modifier | modifier le code]

Arséni Tarkovski est né en 1907 à Iélisavethgrad (devenu en 1934 Kirovograd pour la période soviétique), en Ukraine, dans une famille intellectuelle liée au mouvement La Volonté du Peuple (Narodnaïa Volia).

1907 est le jusant révolutionnaire de 1905, le dernier éclat, mystique et messianique, du Symbolisme russe, et l'annonce encore à peine perceptible de deux autres étoiles : le futurisme et l'acméisme. La Révolution et la Culture sont les deux courants qui flattent et emportent dans la vie et l'Histoire la barque de la jeunesse intellectuelle d'Arséni Tarkovski.

Jusqu'en 1923, Tarkovski vit en Ukraine. Le russe est sa langue natale. Il a tout juste sept ans quand son père commence à l'emmener à des soirées poétiques : il entend Severianine, Sologoub, Balmont... Un ami de son père lui fera découvrir le philosophe et poète Grigori Skovoroda (1722-1794), l'une des grandes figures de l'Ukraine.

De 1925 à 1929, Arséni Tarkovski suit des cours supérieurs de littérature à l'Union des poètes de Moscou. Il collabore à un journal de cheminots, Le Sifflet, et rencontre toute une pléiade de jeunes écrivains : Boulgakov, Paoustovski, Olécha, Kataiev, Ilf et Petrov... Dans ces années d'apprentissage, il fait la connaissance de Maria Ivanovna Vichniakova qui devient sa première femme.

À partir de 1932, il se consacre à la traduction de poètes polonais (Adam Mickiewicz), géorgiens, turkmènes, arméniens et arabes. Il adapte une épopée karapalkak[Quoi ?], Quarante jeunes filles. 1932 est aussi la naissance de son fils Andreï. Trois ans plus tard, Tarkovski se sépare de Maria Ivanovna qui élèvera seule leurs deux enfants (une fille, Marina, est née dix-huit mois après Andreï).

En 1939, il se lie avec Marina Tsvetaeva tout juste revenue de France.

Devenu en 1942, correspondant de guerre, il est très grièvement blessé et amputé d'une jambe en décembre 1943. Son corps et son œuvre refléteront désormais cette inguérissable blessure.

Après la guerre, il rencontre Anna Akhmatova (1946) qui lui donne conseils et encouragements. Akhmatova le tient comme l'un des grands poètes révélés à la faveur du Dégel. Pasternak a un jugement plus distant : Tarkovski, nourri d'acméisme, n'est pas dans sa mouvance. Toujours est-il que pendant la période stalinienne, Arséni Tarkovski n'a pas hésité à nouer des liens avec des poètes étroitement surveillés (Tsvetaïeva), ou en disgrâce (Akhmatova). De même, sa fidélité esthétique à Mandelstam ne s'est jamais démentie. La force morale, l'indépendance de pensée sont une des caractéristiques de sa poésie. Mais il ne publie pas tout de suite. Il se forme. Il se cisèle. Il se burine. Ce n'est qu'en 1962, à cinquante cinq ans, que paraît un premier recueil, Avant la neige. La même année, L'Enfance d'Ivan ouvre la carrière cinématographique de son fils Andrei (Lion d'Or à Venise). Les rapports esthétiques D'Arséni et d'Andrei sont une belle illustration de l'adage arabe : le fils est le secret du père. Dans leurs œuvres, et dans la vie, ils ne cessent de se chercher et de se vérifier l'un l'autre.

À partir des années soixante, désormais, les recueils se succèdent, le poète s'affirme : À la terre ce qui est à la terre (1966), Le Messager (1969), Poèmes D'Abou'l'Ala'Al-Ma'arri (traduit de l'arabe, 1969), Poèmes (1974), Les Monts enchantés (1978), Jour d'hiver (1980), Isbrannoïé (en français : Choix ; un choix de poèmes et de traductions - 1982), À travers les années (1983), De la jeunesse à la vieillesse (1987), Être soi (1987), Étoiles sur l'Ararat (1988), Il réunit ses premiers poèmes (1929-1940) sous le titre "Étoile-hôte". Il meurt le 17 mai 1989. Il est enterré à Peredelkino (région de Moscou), à côté même de la tombe de Boris Pasternak.

Œuvre[modifier | modifier le code]

De son vivant, Arseni Tarkovski était connu comme traducteur de poètes comme Abu-l-Ala al-Maari, Nizami Ganjavi, Magtymguly, Mämmetweli Kemine, Sayat-Nova, Vaja-Pchavela, Adam Mickiewicz, Mollanepes, Grigol Orbeliani et bien d'autres.

Postérité[modifier | modifier le code]

Recueils de poésie[modifier | modifier le code]

En russe[modifier | modifier le code]

  • Перед снегом (Avant la neige, 1962)
  • Земле — земное (1966)
  • Вестник (Le Messager, 1969)
  • Волшебные горы (Les Monts enchantés, 1978)
  • Зимний день (Jour d'hiver, 1980)
  • Избранное (Choix de poèmes, 1982)
  • Стихи разных лет (Vers d'années diverses, 1983)
  • От юности до старости (De la jeunesse au grand âge, 1987)
  • Быть самим собой (1987)
  • Благословенный свет (Lumière bénie, 1993)
  • Собрание сочинений в 3-х тт. (Œuvres choisies, 1991—1993)

En français[modifier | modifier le code]

  • Arseni Tarkovski, L'avenir seul, poèmes, éditions Fario, 2013 (traduction Christian Mouze/ postface Anna Akhmatova)
  • Arseni Tarkovski, Poèmes, éditions Radouga, 1991 (traductions françaises de Henri Abril, Gaby Larriac, Cyrilla Falk et Jacques Gaucheron).

Films comportant des poèmes d'Arseni Tarkovski[modifier | modifier le code]

  • Le Miroir
  • Stalker : Вот и лето прошло : Voici que l'été est passé
  • Nostalghia : Меркнет зрение - сила мо : Ma vue s'assombrira - ma force
  • Au milieu du monde (en russe : Посредине мира), de Viacheslav Amirhanian, film consacré aux œuvres d'Arseni Tarkovski
  • Toute jeune vie (en russe : Малютка жизнь) : l'auteur dit à l'écran ses propres textes

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans le gouvernement de Kherson, aujourd'hui Kirovohrad, en Ukraine.