Antonio Cánovas del Castillo

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Antonio Cánovas del Castillo
Canovas2.jpg

A. Cánovas.

Fonction
Membre du Congrès des députés
Biographie
Naissance
Décès
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ArrasateVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Panthéon des hommes illustres (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Lieu de travail
Activités
Fratrie
José Cánovas del Castillo (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion
Parti politique
Membre de
Distinctions
signature d'Antonio Cánovas del Castillo

signature

Antonio Cánovas del Castillo (Malaga, le - Mondragón, au Guipuscoa, le ) était un historien et homme d'État espagnol. Il a été l'une des figures les plus importantes de la vie politique espagnole au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, étant notamment le principal artisan du système politique de la Restauration de 1874, puis le dirigeant du Parti conservateur ; il est toujours considéré par beaucoup comme l'un des plus brillants hommes politiques de l'histoire de l'Espagne. Il fait également l'objet de controverses en raison de l'usage de la torture et des exécutions contre les opposants politiques et ses positions en faveur de l'esclavage des cubains noirs.

Début de carrière[modifier | modifier le code]

Après des études de droit et d'histoire, il publie en 1854 une Histoire de la décadence espagnole. Il commence sa carrière politique, aux côtés de Leopoldo O'Donnell, et écrit le manifeste de Manzanares, dont la publication lancera la révolution de 1854. Membre de l'Union Libérale, Cánovas est nommé ministre de l'Intérieur en 1864, et ministre de l'Outre-mer l'année suivante, sous le règne d'Isabelle II.

Restauration[modifier | modifier le code]

Après la révolution de 1868 et la chute de la monarchie, il prépare le retour du futur Alphonse XII, fils d'Isabelle II. Après le pronunciamiento du général Martínez Campos et la proclamation d'Alphonse XII comme nouveau roi, en 1874, il travaille sur le système politique de la Restauration, exprimant son point de vue dans le manifeste de Sandhurst, approuvé par Alphonse XII. Il propose un système dans lequel deux grands partis politiques exerceraient alternativement le pouvoir, reposant sur un réseau de notables locaux pratiquant le caciquisme. Pendant le règne d'Alphonse XII, Cánovas exerce à sept reprises la fonction de président du Conseil des Ministres.

Il est le principal rédacteur de la Constitution de 1876; il est à nouveau président du gouvernement à plusieurs reprises pendant la régence de Marie-Christine de Teschen.

Le nouveau système politique issu de la Constitution de 1876 était, en théorie, une démocratie parlementaire. Le bipartisme permit la formation d'un parti libéral acceptant la légitimité du système en place ; en 1881, Cánovas signe les accords du Pardo avec le dirigeant libéral Sagasta, afin de régler les modalités de l'alternance politique. Jusqu'à ce qu'il juge Sagasta prêt à accéder au pouvoir, en 1881, Cánovas est président du gouvernement de façon presque permanente.

Mausolée de Cánovas à Madrid (A. Querol, 1906).

Son gouvernement met en œuvre une politique coloniale fondée sur la répression des partisans de l'indépendance cubaine. Cela ne fit que favoriser le développement du nationalisme cubain, et l'Espagne perdra finalement la guerre contre les États-Unis en 1898.

Partisan de l'esclavage, il déclare en novembre 1896 au quotidien français Le Journal[1]:

« Les Noirs à Cuba sont libres ; ils peuvent contracter des engagements, travailler ou ne pas travailler, et je pense que l'esclavage était bien meilleur que cette liberté dont ils ont seulement profité pour ne rien faire et former des masses de chômeurs. Tous ceux qui connaissent les noirs vous diront qu'à Madagascar, au Congo, comme à Cuba, ils sont paresseux, sauvages, enclins à mal agir, et qu'il faut les conduire avec autorité et fermeté pour obtenir quelque chose de leur part. Ces sauvages n'ont d'autre propriétaire que leurs propres instincts, leurs appétits primitifs ».

Assassinat[modifier | modifier le code]

En 1897, Cánovas meurt assassiné dans un coup de feu par l'anarchiste italien Michele Angiolillo, qui voulait venger les condamnés du procès de Montjuïc.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Quince consideraciones sobre el racismo en Cuba », América Latina en movimiento,‎ (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]