Antoine-René de Voyer de Paulmy d'Argenson

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Antoine-René de Voyer, marquis de Paulmy puis d’Argenson (1757), né le à Valenciennes et mort le , est un diplomate et homme d'État français[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est le fils unique de René-Louis de Voyer de Paulmy, marquis d'Argenson (1694-1757), et de Marie-Madeleine Méliand, qui se séparent de biens et de corps en 1734.

Il est avocat du roi au Châtelet puis conseiller au parlement (1744), maître des requêtes (1747), puis ambassadeur en Suisse (1748-1751). En 1751, il devient secrétaire d'État de la Guerre en survivance de son oncle, le comte d’Argenson, puis en succession du au . Remplacé par le maréchal de Belle-Isle, il se retire avec le titre de ministre d'État. Puis il est ambassadeur en Pologne (1759-1765), à Venise, à Rome.

La passion des livres, la bibliothèque du marquis de Paulmy[modifier | modifier le code]

En 1757 le marquis de Paulmy, bailli de l’Artillerie, loge par brevet du Roi à l’Arsenal. Il fait transformer peu à peu le bâtiment en bibliothèque pour y loger ses livres et ses très importantes collections de manuscrits, médailles et estampes[2].

Sa bibliothèque, l’une des plus belles jamais réunies par un particulier, comprend environ cent mille volumes choisis avec soin, essentiellement des auteurs français et particulièrement de la poésie; il en dresse lui-même le catalogue et place en tête d’un grand nombre de volumes des notices manuscrites, dictées ou écrites par lui, qui fournissent souvent des indications intéressantes et témoignent d’un goût littéraire très sûr.

En 1785 le comte d’Artois achète l'ensemble tout en laissant l'usufruit au marquis et elle devint la « Bibliothèque de Monsieur », qui a ensuite formé le noyau de la bibliothèque de l'Arsenal.

Le frère du roi ayant émigré dès le , elle est placée sous séquestre, demeura sur place, et en 1797 fut déclarée « Bibliothèque Nationale et Publique » par le Directoire, qui l'ouvrit au public.

Pauley est aussi le concepteur du plan de la Bibliothèque universelle des romans (40 volumes, 1775-1778). Avec un rythme de 16 volumes par an, il voulait couvrir toute la production éditoriale et procéder à une analyse raisonnée des romans.

Il a publié dans ce recueil plusieurs nouvelles de sa composition, réunies ultérieurement en volume séparé sous le titre Choix de petits romans de différents genres (1782) : Les Amours d’Aspasie, Les Exilés de la cour d’Auguste, Le Juif errant, Le Roman du Nord, ou l’histoire d’Odin.

Quant aux 69 volumes de ses Mélanges tirés d’une grande bibliothèque (avec André-Guillaume Contant d'Orville, 1779-1787), il y a reproduit un grand nombre des notices qu’il avait rédigées pour sa bibliothèque ; 24 premiers volumes de la série imprimés à Paris par Moutard entre 1779 et 1781 et reliés aux armes de la comtesse d'Artois, ont figuré dans la bibliothèque de Sacha Guitry (n°1 du catalogue de la vente du - arch. pers.).

Il a été élu membre de l’Académie française en 1748, de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Besançon et de Franche-Comté en 1756[3], de l’Académie des sciences en 1764[3] et de l’Académie des inscriptions et belles-lettres.

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Suzanne-Marquerite Fyot de la Marche
(1731-1784), Marquise d'Argenson

1750 par Jean-Marc Nattier
Baltimore, Walters Art Gallery

Il se marie deux fois.

"La nuit du 17 au 18 juillet 1744 », il épouse Anne Louise Jacquette Dangé, fille unique de François Balthazar Dangé, secrétaire du roi et fermier général , et Anne Jarry. Celle-ci décède à 19 ans dès le 11 juillet 1745 sans enfant[4].

Il se remarie en avril 1748 avec Suzanne Marguerite Fyot de La Marche (1731-1784), fille de Claude Philibert Fyot de la Marche (1694-1768), premier président du parlement de Dijon et de Jeanne-Marguerite Baillet. De cette seconde union naît une fille, Madeleine Suzanne Voyer (1752-1813), mariée en à Anne Charles Sigismond de Montmorency-Luxembourg, duc de Piney.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Voyage d'inspection de la frontière des Alpes en 1752, publié en 1902 par Henry Duhamel. et les éditeurs H. Falque et F. Perrin (Grenoble)[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il ne faut pas le confondre avec son cousin Marc-René de Voyer d'Argenson (1722-1782), marquis de Voyer, fils du comte d’Argenson, qui fut entre autres directeur des Haras royaux, grand collectionneur d’art, qui fit bâtir le château d’Asnières.
  2. sur ce fonds, cf. « La Bibliothèque de l'Arsenal », Connaissance des Arts, hors-série n° 385, 4e trim. 2008
  3. a et b « VOYER DE PAULMY D'ARGENSON Antoine-René de » sur le site du Cths
  4. Mercure de France, septembre 1745, p. 212-213. Revue numérisée.
  5. Antoine-René de Voyer d'Argenson, marquis de Paulmy, Voyage d'inspection de la frontière des Alpes en 1752 / par le marquis de Paulmy,... ; [présenté et publ. par] Henry Duhamel, Grenoble, H. Falque et F. Perrin, (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yves Combeau, Le comte d'Argenson, 1696-1764: Ministre de Louis XV, Paris, École des Chartes, 1999, p. 106-107.
  • Nicolas de Condorcet, Éloge de M. le marquis de Paulmy, dans Éloges des académiciens de l'Académie royale des sciences, morts depuis l'an 1783, chez Frédéric Vieweg, Brunswick et Paris, 1799, p. 245-270 (lire en ligne)
  • Martine Lefèvre et Danielle Muzerelle, "La bibliothèque du marquis de Paulmy" dans Histoire des bibliothèques françaises, les bibliothèques sous l'Ancien Régime, Paris, 1988, p. 300-315.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]