Philibert Trudaine de Montigny
| Président de l'Académie des sciences | |
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| Président de l'Académie des sciences | |
| Intendant des finances | |
| - | |
| Président de l'Académie des sciences | |
| Naissance | |
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| Décès |
(à 44 ans) |
| Activités |
Chimiste, administrateur |
| Père | |
| Enfant |
Charles-Louis Trudaine de Montigny (d) |
| Propriétaire de |
Hôtel de Cheusses (d), château de Laleu |
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| Membre de |
Jean Charles Philibert Trudaine de Montigny, né le à Clermont-Ferrand et mort le à Montigny-Lencoup, est un administrateur et un savant français.
Biographie
[modifier | modifier le code]Issu de la famille Trudaine, il est le fils de Daniel-Charles Trudaine, seigneur de Montigny (1703-1769), intendant des finances et directeur du département des Ponts et Chaussées de 1743 à sa mort, en , et de Marguerite Chauvin. Il est le petit-fils de Charles Trudaine.
En 1751, il est nommé conseiller au Parlement de Paris et en 1754 maître des requêtes[1].
Jean Charles Philibert Trudaine de Montigny, qui collaborait avec son père depuis 1754 aux départements des Fermes générales, des manufactures, du Commerce et des Ponts et Chaussées, lui succéda en 1769 dans ses différentes fonctions en poursuivant son œuvre[2].
Suivant la politique de son père, il promeut dans les années 1760 et 1770, avec le soutien de son ami Turgot, la liberté du commerce, en particulier celui des grains[2].
Il est aussi un chimiste renommé dans un laboratoire aménagé pour lui à Montigny, membre de l'Académie des sciences. Grâce à sa fortune, il joue un rôle de mécène anonyme, finançant notamment la création du Journal de Physique. Ayant comme son père encouragé les voyages de savants et de techniciens à travers la France et à l’étranger (dont en Italie le botaniste Latapie en 1775 et l'inspecteur des manufactures Roland de La Platière en 1776), il voyage lui-même dans la péninsule en 1770-1771 mais toutes ses archives ont malheureusement disparu.
Comme Turgot, dont il est un proche ami, il s'oppose aux corvées et se range parmi les physiocrates[3].
La chute de Turgot, en mai 1776, suivie par la nomination de Necker, amène la suppression des charges d'intendants des finances par Necker en 1777 et l'éloigne du gouvernement, peu avant sa mort, qu'il trouve sur un chemin desservant le château de Montigny, frappé d'apoplexie à seulement 45 ans[4].
Philibert Trudaine de Montigny est seigneur de la vicomté de Fronsac, Montigny-Lencoup, Laleu, Saint-Maurice, L'Houmeau, Le Plomb, Lozières, La Jarrie, les Menus-Fiefs, Château-Guibert, Guimenerie et L'Airaudière.

Il offrit au village de Montigny-Lencoup une fontaine[5].
Publications
[modifier | modifier le code]- Avis aux peuples des provinces où la contagion sur le bétail a pénétré, et à ceux des provinces voisines, Paris : Impr. royale, 1775, in-8°, 16 p.
Mariages et descendance
[modifier | modifier le code]Il se marie deux fois : en 1756 avec Françoise-Bernardine Gaigne de Perrigny, puis en 1762 avec Anne-Marie-Rosalie Bouvard de Fourqueux, fille de Michel Bouvard de Fourqueux, alors procureur général de la chambre des comptes de Paris, et de Marie Louise Auget de Monthyon.
Sa seconde épouse lui donne deux fils[6],[7]:
- Charles Louis Trudaine, seigneur de Montigny ( - guillotiné 1794), avocat du roi au Châtelet en 1782, conseiller au parlement de Paris de 1785 à 1790. Le peintre Jacques David exécuta pour lui son tableau La Mort de Socrate, exposé au Salon de 1787. Il épouse en 1789 (contrat signé à Versailles par le Roi et la famille royale) Marie-Louise Josèphe Micault de Courbeton, fille de Jean Vivant Micault de Corbeton président au Parlement de Dijon (guillotiné en 1794). Sans postérité.
- Charles Michel Trudaine, seigneur de la Sablière ( - guillotiné 1794), avocat du roi au Châtelet en 1783, conseiller au parlement de Paris de 1786 à 1790. Non marié[8].
Ralliés à la Révolution, proches d'André Chénier et de François de Pange, les deux frères sont guillotinés avec André Chénier le 26 juillet 1794 (8 Thermidor an II).
Charles-Michel Trudaine a été l'amant de Victoire de Montmorin-Saint-Hérem, comtesse de La Luzerne (1765-1794), fille du ministre assassiné en 1792, dont le mari était parti en émigration. En 1793, elle mit au monde une fille naturelle, déclarée sous le nom de Françoise Oberton, qui est adoptée ensuite sous le nom d’Élisa par sa tante, Mme Maynon d'Invault. Victoire de La Luzerne est emprisonnée pendant la Terreur avec sa famille. Malgré le fidèle soutien de son amie et cousine, la comtesse de Sérilly, elle sombre dans la folie et se laisse mourir.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Michel Antoine, Le Gouvernement et l'Administration sous Louis XV, Paris, Editions du CNRS, , 319 p., p. 240
- Ernest Choullier, « Les Trudaine », Revue de Champagne et de Brie, vol. 14, , p. 208-213 (lire en ligne)
- ↑ Ernest Choullier, « Les Trudaine », Revue de Champagne et de Brie, vol. 14, , p. 263-272 (lire en ligne)
- ↑ Monographie communale
- ↑ Ernest Choullier, « Les Trudaine », Revue de Champagne et de Brie, vol. 15, , p. 102 (lire en ligne)
- ↑ Ernest Choullier, « Les Trudaine », Revue de Champagne et de Brie, vol. 14, , p. 465-470 (lire en ligne)
- ↑ Ernest Choullier, « Les Trudaine », Revue de Champagne et de Brie, vol. 15, , p. 12-16, 97-103, 285-293 (lire en ligne)
- ↑ Etienne Pattou, « Maison de Trudaine », racineshistoire.free.fr (consulté le )
Pour approfondir
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Suzanne Delorme, « Une famille de grands commis de l'État, amis des sciences, au XVIIIe siècle : les Trudaine », Revue d'histoire des sciences et de leurs applications, 1950, vol. 3, n° 3-2, p. 101-109. [1]
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
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- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressource relative à la recherche :
- Ressource relative au spectacle :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Annales des Mines