Ambre (roman)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ambre (homonymie).
Ambre
Auteur Kathleen Winsor
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Roman historique
Version originale
Langue Anglais américain
Titre Forever Amber
Éditeur MacMillan Co.
Date de parution 1944
ISBN original 0-14-100982-9
Version française
Traducteur Édith Vincent
Éditeur Éditions du Pavois
Date de parution 1946
Type de média Livre broché
Couverture Louis Touchagues
Nombre de pages 815

Ambre (titre original : Forever Amber) est un roman historique de Kathleen Winsor paru en 1944.

Présentation[modifier | modifier le code]

Avant le film d'Otto Preminger, paraît d'abord le roman dont le film est adapté : en 1944 aux États-Unis et en 1946 en France. Ambre, le best-seller de ces années-là, appartient au genre du roman historique. Kathleen Winsor raconte l'épopée d'une jeune campagnarde devenue courtisane avec, en toile de fond, l'Angleterre des années 1660 et le règne de Charles II, expliqués et racontés sous le mode d'un picaresque qui n'est pas sans rappeler Alexandre Dumas. Ambre évoque également Heurs et Malheurs de la fameuse Moll Flanders de Daniel Defoe.

Le titre du roman fait référence à la couleur des yeux de l’héroïne, Ambre.

Résumé[modifier | modifier le code]

Ambre est une paysanne, mais de naissance noble. Elle est née en 1644, pendant la guerre civile entre les partisans du roi Charles Ier et les parlementaires, alors que sa mère s'était réfugiée chez une famille rurale. Hélas, sa mère meurt en la mettant au monde et Ambre est adoptée par des roturiers.

Seize ans après, le passage de Lord Carlton dans son village bouleverse sa vie : elle part avec lui à Londres et entame sa nouvelle vie. Dite "de basse extraction", Ambre entreprend dans la capitale une lente ascension pour reconquérir les titres et l'argent auxquels elle aurait droit en vertu de sa naissance noble qu'elle ignorera d'ailleurs toujours.

Parallèlement à cette pénible ascension, pour laquelle Ambre use de sa beauté et de sa finesse d'esprit, seules armes qu'elle possède, le récit évoque le retour sur le trône et la vie de Charles II et son entourage. La documentation et l'érudition de l'auteur sur cette époque de la Restauration permet d'y joindre la quête d'Ambre quand l'héroïne, devenu la maîtresse de Charles II, vient vivre à la cour. Mais elle reste toujours amoureuse de Lord Carlton, avec lequel elle a eu un fils, Bruce, puis une fille, Suzanne. Le couple se retrouve, se quitte, au fil des péripéties, et même lorsque Carlton s'installe en Virginie et épouse Corinne. Cette passion désespérée, déchirante, trouble la vie d'Ambre et l'empêche de jouir des privilèges qu'elle a conquis avec tant de difficultés.

Lord Carlton repart finalement pour l'Amérique en compagnie de Corinne. Des membres de la Cour, excédés par Ambre, lui font alors croire que Corinne est morte pendant le voyage. Aussi l'héroïne abandonne-t-elle tout et s'embarque pour la Virginie.

Commentaires[modifier | modifier le code]

Lors de sa publication en 1944, le roman est décrié pour ses flagrantes descriptions sexuelles[1]. Quatorze États américains interdisent l’œuvre, la jugeant pornographique. Le procureur général du Massachusetts cite comme exemple : 70 références à l'acte sexuel, 39 grossesses hors mariage, 7 avortements et « 10 descriptions de femmes se déshabillant devant des hommes »[2]. L'auteur niera que son roman soit osé et dira qu'elle ne voyait pas quel était l'intérêt de décrire des scènes explicites : « Je n'ai écrit que deux passages sexuels, et mes éditeurs les ont tous deux supprimés et ont mis à la place des points de suspension. À cette époque, vous savez, on pouvait tout résoudre avec des points de suspension[2]. »

Le livre est également interdit en Australie[3]. Le sénateur Keane du Minister for Customs déclarera : « Le Tout-Puissant n'a pas donné des yeux aux gens pour lire cette cochonnerie »[4].

Malgré son interdiction, Ambre sera le plus grand succès de librairie des années 40. Cent mille exemplaires se vendent dès la première semaine, jusqu'à atteindre les trois millions[2]. Ambre lance également la mode du prénom féminin Ambre, qui auparavant n'existait pas comme prénom.

Éditions[modifier | modifier le code]

Édition originale en anglais
  • 1944 : Forever Amber, New York, MacMillan Co.
Principales éditions françaises

Adaptation[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Adam Bernstein : Kathleen Winsor, 83, 'Forever Amber' author, 1er juin 2003), The Seattle Times, p. A29
  2. a, b et c (en) Article nécrologique de Peter Guttridge : Obituary: Kathleen Winsor: Author of the racy bestseller 'Forever Amber', du 29 mai 2003 dans le journal The Independent (Londres, Angleterre), page 20
  3. « Banned Book », Perth, Western Australia, National Library of Australia,‎ (consulté le 22 avril 2016), p. 8 Edition: City Final
  4. (en) FOREVER AMBER BANNED, Evening Post, Volume CXL, numéro 33, 8 août 1945, Page 9